Chez Kti

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 La chute : Faux départ

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Eve



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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Ven 3 Fév - 18:37

Quand on est allés, la semaine dernière, acheter mon cadeau d'anniv, trois bacs et du terreau, pour mes plantes à venir, commandées chez Whileme (réception entre le 22 et le 28 fev),
ben il y avait des marches.

Un ascenceur à l'intérieur du supermarket, mais cinq marches à l'extérieur, sans rampe.

J'ai flippé pas possible.
Je ne veux plus retomber.
Je ne veux plus resubir ce que j'endure depuis le 13 juin.
Par amour....

Non, là j'en ai ras le bol, je remarche et s'il veut me refoutre sur le turbin, parce que je suis généreuse et qu'il attend de moi, ben non.

Je ne peux me taper tous ces trajets aller retour, cinq jours sur sept.

Ce mec est dangereux.

Je refuse de lui obéir, je refuse ses trajets dangereux, j'ai échappé de justesse à la chaise roulante, je me requinque.
Sans lui. J'ai honte qu'il envisage de me faire bosser dans mon état de convalescente.

Un proxénéte ? Un négrier ?

Qu'il bouffe sa main.

Moi, je reste en contact avec l'employeur X qui s'intéresse à moi, mais j'irai en taxi, même si ça me coûte la moitié de mon salaire.
Si je re travaille, c'est pour revivre.

Ce boulot m'intéresse, donc s'il m'embauche, j'irai tous les matins, à l'heure, en taxi, et je rentrerai, tous les soirs, en taxi.
N'en déplaise à cet homme qui me voit prendre le train, puis le RER, puis la marche à pied !!!!

Ca va pas non !

Je ne travaille pas pour l'argent mais parce que j'aime ça.

IL FAUT QUE JE SORTE DE CE TROU DE COURBEVOIE.


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Eve



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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Dim 5 Fév - 17:11

J'ai dormi dans le lit de Thierry cette nuit, il est venu me chercher, j'avais dîné.
Je me suis aussitôt endormie.

Il peut m'accompagner demain, c'est cool.
Ensuite, si l'entretien d'embauche aboutit, je m'organiserai.
Taxi, sans doute.

Au début, en tous cas. Je ne marche pas suffisamment bien pour assurer seule un tel trajet.
D'autant qu'il neige depuis ce matin : un grand manteau blanc recouvre les arbres et tapisse les rues de la ville.
Lol !

(Une plaque de verglas, encore six mois de lit ? Non, pas pour moi, merci !).

Il m'accompagne donc, demain, pour rencontrer mon nouveau (présumé) employeur.
J'y vais de bonne grace, même si très stressée.

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Eve



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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 8 Fév - 15:29

Du stress, du stress, un trajet en bagnole de plus de quarante minutes (et encore, ça roulait !)
Ouh, là, là, me suis-je dit, pourquoi donc Courbevoie ? Le taf est à Paris, Bon Dieu, pourquoi donc me suis-je enterrée dans ce bled immonde ?
Calme certe, mais un caveau pour "êtres encore vivants".

On écoute "Chants de France". Cabrel, Voulzy, Souchon, comme d'hab.
J'suis habillée très sobre : un pull, récemment acheté chez Blanche Porte et que j'ai retrouvé dans le souk à fringues de Marie : (des étoiles de neiges blanches sur fond gris), un caleçon noir, des bottines sans talons chamois et une parka chamois.
Et ma perruque.
Et mon pansement transparent sur le nez, oui, puique j'arbore toujours cet immonde bouton qui me résiste depuis un an.
(J'ai retrouvé des photos, il ne s'impose que depuis début 2011, mais impossible d'en venir à bout !)
Les nombreux déplacements ne me motivent pas vraiment, et ce trajet, ah, ce trajet, à part en taxi, j'y arriverai pas.

On se pointe en avance, y'a un troquet quasi en face de la porte d'entrée. Thierry commande une bière, moi, un café.
Trop chaude sous ma perruque, quelques documents en main, j'en mène pas large, j'avoue.

Je ne suis pas habituée aux entretiens d'embauches. En principe, mes textes et mon CV parlent pour moi.
Des entretiens d'embauche, je n'en ai subis que cinq.
Pour le Panorama, embauche immédiatement
Pour Univers Santé, embauche immédiatement (et pourtant, qu'est ce qu'elle était rosse !)
Pour Actualités Innovations Médecine : embauche immédiatement
Pour LMSa (Logistique et Média Santé) : embauche immédiatement.
Y'a qu'un géant de la pub qui m'a refoulée :
"On vous écrira."

Là, j'avais peur.... Qu'allait-il encore se passer de marrant ? (d'effrayant ?)
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Eve



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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 8 Fév - 15:39

J'suis partie du troquet cinq minutes à l'avance.
Première épreuve, le numéro bis n'était pas clairement indiqué dans la rue donc, je me suis trompée de porte.

Une maison d'édition, un palier, une jolie dame qui me dit, non, c'est pas là "buziness and co", mais au fond de la cour à côté.
Okayyyy !
Et je me retrouve devant une grille blindée !
Or la trotteuse de ma montre trottait.
JE DETESTE ARRIVER EN RETARD !
Question de principe, d'éducation... Mais cette foutue grille de me résister !
Par bonheur (j'ai décidément le cul bordé de nouilles), un jeune homme s'est pointé. Et il avait le mot de passe et donc j'ai pu franchir le premier barrage.

_ Merci jeune homme.
_ Y'a pas de quoi, mam'zelle !
(qu'est ce qu'ils sont polis dans le cinquième arrondissement de Paris !)
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Eve



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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 8 Fév - 16:25

Deuxième épreuve : j'atteinds le fond de la courette, je vois le nom de mon futur employeur fièrement s'afficher, mais encore un secret digicode !
Y'a avait son nom, le nom de sa société, mais pas le numéro du code, pardi !

Or je commençais sérieusement à souffrir du bassin.

Alors j'ai fait rebrousse poil pour rejoindre Thierry dans le troquet bien chaud.
J'ai raconté : "impossible d'entrer dans ce bunker et il y'a pas mal de marches tout de même !"

Nous n'avions pas le tel de mon futur employeur. A deux doigts de tout laisser tomber, j'ai pris une grande inspiration, j'y suis retournée, rebelote, comme un toutou de la SPA espère qu'un gentil maître le sorte de là. Je grelottais.
Les rues de Paris ne sont pas enneigées comme celles de Courbevoie, mais il y fait facile moins dix.

Comme par miracle, un gentil jeune homme m'a ouvert le premier sas, et une gentille mama black, le second, donc j'ai pu sonner à la porte de cet entretien d'embauche, avec cinq minutes de retard et le coeur à cent à l'heure.
_ Mettez-vous à l'aise, me dit mon futur présumé patron. Otez votre manteau.
_ Merci, mais je crève de froid

Pas mal, ce PDG. Le genre typique Thierry. Question âge, je dirais comme Thierry, entre cinquante et soixante ans. Question look, je dirais pareil que Thierry : classe sans ostentation ni contrainte costume cravate : un pull en V très confortable, un jean' sans doute, j'ai pas fait gaffe, dans des tons neutres, un col de chemise sous le pull.
Dingue ce qu'il ressemblait à Thierry !
Dans sa façon de me recevoir, dans ses belles manières, dans son accoutrement de d'jeun encore sexy !

Ah, je rigolais en douce, j'avais déniché Thierry bis or j'adore ces hommes-là.
Je ne suis pas cougar, j'aime les grosses pointures un peu burinées qui ont des épaules larges, le goût du risque, l'autoroute 66, les Beatles et Johnny en tête.
Je préfère la compagnie d'hommes mûrs qui savent enfin ce qu'ils veulent.

Et en l'occurence, il s'est penché avec attention sur tous les alinéas de mon dossier :
_ Ah, vous connaissez M. V ?
_ Oui, oui, j'ai travaillé pour elle, un temps.
_ Ah, votre président de thèse, G.B. ? On s'est entraperçus, un type extra.
( Tu parles, président de Médecin du monde)
_ Oui, oui, nous avons travaillé deux ans ensemble. Dans la santé publique.
_ Et donc vous êtes diplomée des hôpitaux de Paris.
_ Oui, la preuve est sous vos yeux :
nommée en première année de médecine, à Paris.
Et puis, une fois le cursus des sept ans de médecine générale validé, je me suis spécialisée dans la biologie médicale, à Paris (et banlieue parisienne).
Une fois le cursus "biologie" (en milieu hospitalier et dans les bureaux de l'APHP) effectué sur quatre ans, nommée médaille de bronze au concours de l'internat de Paris, j'ai bifurqué sur le journalisme car j'aime écrire, (j'ai résumé), mais vous avez en main la substantifique moelle depuis mon diplôme.
Des articles scientifiques, j'en ai des tas de centaine à mon actif !
Huit cent à mille, approximativement.

Il lit, survole, passe d'une doc à l'autre (un piètre résumé), je n'ai ni chaud ni froid, j'attends en face de ce bel homme distingué qui me rappelle Thierry, très confortablement assise.
Qu'il regarde...


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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 8 Fév - 16:36

On avait fait le tour de l'essentiel, puisque quand je lui lance :
_ Avez vous d'autres questions à me poser ?
_ Non, pas particulièrement, votre dossier de candidature est très complet. ... Et vous, avez-vous des questions à me poser ?
_ Oui, je voudrais savoir quel est le cadre de mon travail, mon bureau, mes collaborateurs...
_ Venez, alors, je vais vous montrer.
Il est très grand, comme Thierry, je le suis, toute petite.

_ Voici votre bureau, me montre-t-il, très fier (il bombe le torse).
Mes yeux tombent alors sur une merdouille Ikéa de vingt centimètres de large.
_ Ah, oui, mais... je vais donc m'astreindre, enfin, c'est très petit, cette table basse, pour travailler correctement !

_ Mais non, mais non, votre bureau, c'est celui d'en face !

Ah ! Ah ! j'ai failli tomber en syncope !
Un truc ultra moderne d'un mètre de long, soixante centimètres de large, un internet écran plasma et téléphone main libre.
Ouarf ! Quel standing !

J'ai failli tomber en syncope !


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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 8 Fév - 16:43

Largement de quoi bosser du tonnerre !
Même mieux que j'ai moi, même QUE j'ai une pièce DANS MON APPART uniquement dévolue à la robotique, l'informatique, mes livres, leur impresSion...
Ah, là il m'offrait un espace création à tomber par terre !

J'ai repris une grande inspiration, je commençais à voire double.

_ Et quant à nos collaborateurs, reprend-il, je fais souvent appel à des pigistes, mais dans le bureau à côté du vôtre (séparé d'une vitrine et vachement plus petit que le mien), Ma collaboratrice Sonia oeuvre à plein temps sur l'évènementiel anglophone.

J'ai pensé, "salut SONIA

j'espère que tu vas pas me pourrir la vie parce que ton bureau est deux fois plus petit que le mien.
Restons, siou plaît, gentilles.
J'ai besoin de bosser, je ne cherche pas à te nuire.
Restons humbles et devenons copines."

Elle est toute jeune. Ca pourrait être ma fille.
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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 8 Fév - 17:08

Rassurée, je savoure le retour dans la caisse de Thierry.
Cet entretien me semblait prometteur et j'étais pile poil le profil.
Des déplas ? Ouais, pas grand chose, une fois par mois, des fois en national, mais le plus souvent à Paris.
Un déplacement mensuel et le trajet, à l'occasion, avion, aller-retour, et une nuit dans une hostellerie de Province.

Pas la mer à boire, je peux laisser Marie seule une nuit, elle s'organisera avec ses copines. Ou avec Thierry.

Tout roulait donc, j'étais quasi sûre de décrocher le poste.
Le PDG avait reçu quatre autres personnes, il devait en recevoir encore quatre autres la semaine en cours et bon, bon, bon.

Sa franche poignée de main sur la seuil de la boîte, son sourire très confiant, je lui avais plû, je pouvais dormir sur mes deux oreilles, j'allais le décrocher ce poste, tout à fait dans mes cordes.

Mais le tel a sonné à 22 h 30.

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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 8 Fév - 17:19

Mon oncle.

Mon oncle Henri d'Aix-En-Provence.
Celui auquel j'avais tapé cinq cent euros l'année dernière pour récupérerer un semblant de dignité, ma CB et mon compte bancaire bloqués.

Tranquille a me goinfrer de cacahuettes et de pistaches devant la télé, ma fille couchée après un steack haché haricots verts patates, voilà-t-y pas que mon oncle parrain, le frère de ma mère,
m'appelle à 22 h 30 :
_ Bonsoir Catherine... Je ne te dérange pas ?
_ Non, pas du tout, tonton

(Ben, si un peu, je pense, j'regarde un truc marrant à la télé, après mon entretien très périlleux d'embauche, je le vaux bien.)
_ Ecoute, ton père est au plus mal.
_ Hein ?
_ Oui, c'est ta mère, ma soeur, qui m'a prévenu.
_ Quoi, quoi, qoui ? Il n'est pas au chaud avec ses nounous ?
_ Non, Catherine, y'a un problème, il a été hospitalisé d'urgence, ce jour.
_ Où ca ?
_ A l'hôpital Henri Dunand
_ Mais pourquoi donc ?
_ Je n'en sais rien, cherche à le contacter, il va sans doute mourir, précipite toi
_ Non, tu veux rire, tonton !
_ Non, ma soeur, ta mère s'inquiète, ils l'ont embarqué manu militari pour l'hôpital Henri Dunand... Je n'en sais pas plus, informe toi ...
_ Oui, oui, bisou, tonton, j'appelle de suite.


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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 8 Fév - 17:32

Une nuit d'enfer s'en est suivie. J'ai galéré à discuter avec un con de nuit qui ne trouvait pas plus drôle que de me faire des propositions cul tandis que je chialais pour obtenir des nouvelles de mon père.

L'était pas là, selon lui. Et chez mon père, dans le seizième arrt de Paris, personne ne répondait.
Mon frère sur répondeur, j'ai pas laissé de messages chez lui.

Et puis, ce matin, on a fini par le retrouver, Thierry et moi, mon vieux papa en bout de course.
Il est effectivement hospitalisé à Henri Dunant.

Mais là, je ne peux pas raconter cette nuit d'enfer.

Je n'ai dormi que trois heures, j'ai rien pu avaler et j'ai cauchemardé.
J'ai appelé mon frère, le SAMU, les pompiers, j'ai rappelé Henri Dunant, on a cherché à le localiser...
Et ça m'a pris la nuit, et je suis tombée sur rien, sauf un connard qui m'a demandé si j'étais jolie, mince, brune, blonde ?
Je pleurais... Il ne pouvait me renseigner, trop occupé à me poser des questions connes !

Mon oncle me conseille de lui rendre une dernière visite, Thierry aussi, ma fille aussi.

Là, c'est trop frais pour que je raconte les multiples sentiments qui m'ont traversé l'esprit.

Le revoir ? Le revoir une dernière fois ?
Mon papa adoré ?

Je remontais la pente, encore tomber ?

Tomber, tomber, et retomber encore ?


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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 8 Fév - 20:10

Je n'ai dormi que trois heures. Encore des cauchemards, très très précis.

Un truc de dingue, le speech, j'y va :

Ca se passe dans un hosto et il y a des malfrats dedans.
Je veux voir mon père mais j'ai quelques bijoux au cou et on me prévient : les blacks de la sécurité.
J'veux voir mon père, le lit où est alité mon père, mais on me barre la route.

"Il est canné ton père, va-t-en."

Ma fille commence à grelotter, c'est les urgences, la nuit, moi, j'veux voir mon papa mais y'a un mec qui me dit qu'on l'a buté, et que je dois déguerpir de suite.

Un contrat, probablement commendité par ma mère.
Donc mon papa est mort, faut pas que je reste là, faut que je barre vite parce qu'elle en a après moi, et aux autres qui pourraient hériter.

Je rêve, je dis :
Moi, je veux voir mon papa.
On me répond : il est mort, trois balles dans le thorax, partez, partez.


Un complot ?

Oui, parce que le mec, il me répète : barrez vous, votre fille est en danger, et vous aussi.

Votre mère a payé des "hommes de mains" pour que votre père ne s'en sorte pas
Et elle a également payé pour vous et pour votre fille.

Partez vite, car ça risque de mitrailler.

Trop désolée, j'voulais saluer papa. Il dort. je défonce les barrages et tombe sur le dormeur du Val.
Il ronfle et dort.
Sur sa table de nuit, une énorme ROLEX en or.

(Or, papa, n'a pas de Rolex).
Mais il y en avait une, sur la table de nuit, vachement clinquante et vachement lourde, et dans un dernier soupir, il m'a dit, mon papa :

Prends la vite.

Mais je l'ai pas prise.
Je l'ai laissée sur sa table de nuit d'hospitalisé grabataire, j'ai pris ma fille, en revanche, elle volait, on est sorties dare dare de là

hop hop
Taxi

Vite vite à la maison, au chaud.


Dernière édition par Eve le Jeu 9 Fév - 1:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 8 Fév - 20:29

Ce soir, j'fais des boulettes à la sauce tomate et je ne reçois personne.

On va se régaler, j'ai faim, et si papa est mort, tant pis !

Ce qui me désole, franchement, c'est que je ne sais pas comment on le traite.

Il est tout vieux, tout moche, mais il n'était pas si mal at home.
Pourquoi encore lui infliger l'hosto.

J'y vais demain, ma fille me le conseille et Thierry m'accompagne, mais depuis le temps qu'il désire en finir !

Moi, j'suis pour l'euthanasie et j'ai fait quatre trentatives de suicide parce que le monde me paraissait pourri, fallait bosser, bosser, à donf, pour s'acheter une jupette et une paire de bas.
Et pis fallait bosser, bosser, à donf, pour se payer son loyer, la chambre de bonne
Et pis fallait toujours courir pour se payer

la bouffe
les fringues
les jules
les sorties.

J'ai voulu en finir à quatre reprises et je comprends mon père.

Une fois au paradis, plus de compte à rendre !
(Et le monde de la littérature n'y aurait rien perdu !)
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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Ven 10 Fév - 15:21

J'ai dormi chez Thierry cette nuit, à peu près bien, après un bon dîner (saumon fumé, cailles au raisin/purée, bordeau).

De jolis rêvés colorés (la mise en scène d'une pièce de théâtre, des acteurs flamboyants dont André Dussolier, rien que ça !) et le carnaval de Rio avec Rihanna ! Lol !

J'étais contente, papa m'a plu. Nous avons trouvé sans encombre son service, il était alité bien entendu. Moins prévues, son assistance ventilatoire : un tuyau directement relié de ses narines à la bombonne d'oxygène et une perf de serum phy appendue à son bras.
Ses deux (trois) intrusions dans l'intimité de son anatomie ne semblaient pas le déranger plus que cela.
Il était admirablement serein, un beau visage, traits détendus.
Pas maigre, pas apeuré, il somnolait et n'a ouvert les yeux que quatre fois, le temps de ma visite.

Son regard pétillait, aucun toc, ses bras tranquilles le long de son buste, il ne réclamait rien.

Il a ouvert les yeux quatre fois, debout à côté de lui, je lui prenais la main, caressais son front, et lorsqu'il me voyait, il souriait.

Je n'ai pas ressenti l'envie de pleurer comme je le craignais, non, il était trop beau, comme habité d'une confiance infinie.
En quoi ?

Il a essayé de me parler mais si j'ai vu ses lèvres bouger, j'ai rien compris tant sa voix était inaudible.
Pas grave, il me semblait vraiment heureux, pas torturé comme lors de mes précédentes visites dans le seixième arrt. (cf "Trous de mémoire".)
Ah, j'ai bien fait de venir ! J'aimerais à présent garder à tout jamais cette image de son alitement à Henri Dunand, son sourire, ses yeux vifs malgré les fils de raccordement à ce qu'il lui reste de vie.
Il semblait résigné, confiant.

Ma mère était présente, toute pimpante, comme d'hab. Jolie, encore, malgré ses 82 ans. Eh oui, papa accuse maintenant ses 89 ans et ma mère ses 82.
Quelque part, devant Thierry, j'étais vachement fière de mes parents.
Environ cinquante ans qu'ils ne se lachent pas, malgré les hauts, les bas, la maladie, les histoires de famille insensées, les pièces rapportées, les racontars. Cinquante ans maintenant qu'ils s'épaulent et maman, l'air de rien, assure grave.

Il paraît qu'elle vient le visiter tous les jours, depuis sa très récente réhospitalisation. Mon frère Pascal aussi et ça clasche dingue entre eux.

Elle lui reproche ouvertement d'avoir hospitalisé papa dimanche dernier, sans en avertir le moindre proche.
Il a viré toutes les nounous, Pascal, et s'est même permis de baser le toubib qui venait le visiter at home trois fois par jour.

Ca ulcère ma mère car elle aurait préféré qu'il reste chez lui, papa, entouré et choyé par son aéropage de nounous blacks, calmes et souriantes.

Mais Pascal en a décidé autrement.
Sur quels critères ?

Probablement avait-il-il raison, puisque papa est maintenant sous assistance ventilatoire.


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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Ven 10 Fév - 15:51

Je ne vais pas me fourvoyer parmi les méandres obtus de cette famille à laquelle seul mon père me relie.
Conflit d'intérêts financiers ?
Lequel a tord, lequel raison ?

Longtemps que j'ai lâché, j'en pouvais plus.

Mais je ne veux pas abandonner papa donc on reviendra, Thierry et moi, si cela peut l'aider à vivre sereinement la traversée vers l'au-delà. Il est croyant, ça doit soutenir.
Moi, je ne crois pas en l'au-delà. Une fois décédée, je ne verrai plus mes enfants, jamais, ni mes parents, mais j'm'en foutrai pas mal vu que je n'aurai plus conscience de quoi que ce soit.
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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Ven 10 Fév - 16:08

La journée a bien commencé, dans le lit de Thierry.
Ouais, ouais, j'ai fait un p'tit détour dans son salon, j'ai quitté le "domicile conjugual" dans la nuit. Insomnie.
J'ai fait des MOCS et au dodo de nouveau.
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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Ven 10 Fév - 16:25

Apaisée, oui, oui, les images de papa me revenaient et je l'avais trouvé beau et ma mère qui souriait et lui, très calme, heureux.

Oui, je ne regrette pas d'y être allée.

Et j'attendais la réponse de ce type, dans la presse com.
Bof, j'y pensais pas plus que ça lorsque Thierry me réveille avec un bon p'tit dej.
"Tu devrais consulter tes mails "
"Pourquoi, y'a du nouveau ?"
"J'sais pas, mais tu devrais consulter tes mails !"
"Bien sûr que tu sais !"
_Non, non...
_ Ben si, tu sais, t'as la bouche de quand tu mens !
_...
_ hello, me la fais pas !
De toutes façons, j'suis pas contrite car j'aurais rien gagné... Trop loin de Courbevoie, la rue du Cardinal Lemoine, Paris cinquième.
Tu me vois dans les embouteillages ?
Matin et soir ?
Du Lundi au vendredi ?

Je marche mal, très très très mal, mes lombaires ne sont pas encore totalement cicatrisées, j'allais direct au casse pipe, avec ce plan foireux.
Ya pour le boulot sur place, ya sur le deal de la rédaction, mais, mais...

Le trajet !
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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Ven 10 Fév - 18:11

J'ai eu le mec au tel, il a choisi une autre candidate et ça me convient plein pot.

Tant que je ne me rapprocherai pas de Paris, faut pas réver.

Allez, bon vent !

J'ai aimé postuler, j'ai rencontré ce type avec plaisir, il me proposait un vrai bureau, mais je ne gagnais rien, au final.

Quoi ?

2000 moins six cent de taxi ?
Ca faisait 1400

Pour du temps plein au bout du monde ?

Et pis y'avait pas que ça.

Rédiger, rédiger, oui, oui, j'suis apte, mais quoi ?

Des fiches cuisine de la médecine vulgarisée, de la médecine, de la médecine, le trajet, ouarf, ouarf, non.

Dans je ne sais pas quoi du Cardinal Lemoine ?

Faut que je vende mon appartement avant .

Il m'a blessée, ce mec, car j'étais OK pour collaborer.
Contre vents et marrées.

Mais là, c'est nickel Chrome, j'suis libre de nouveau.

Hi, hi, vachement trop loin de chez moi, Il a répondu et m'a délestée de cet emmerd du trou du cul de transport.

Je peux dormir tranquille cette nuit.

Ya ya dormir tranquille.

J'ai répondu aux Assedic.

Demain, on verra bien.
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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Ven 10 Fév - 18:59

J'ai adoré retrouver ma mère, au chevet de mon père.

Ah quelle jolie femme ! Péchue, y'a pas possible !

J'ai adoré les retrouver là, dans cette chambrette, où est hospitalisé mon papa.

C'était génial !

Ma mère, mon père et moi !

Oui, oui, on s'aime.

J'aime mon père, j'adore le caractère tueur de ma mère, oui, j'aime mes deux parents.

Je suis contente qu'ils soient encore en vie, même si je dis l'inverse, parfois.

J'ecris, c'est tout, je raconte car j'ai subi pas mal, mais j'aime mon père et j'adore ma mère.
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Eve



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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Sam 11 Fév - 16:47

Tel, tel, retel, On ne se lache pas avec Thierry, qui m'a déposée vers midi dans mon antre mal tenue.

Bémol : Ma fille Marie a nettoyé nickel TOUTE la cuisine !
Ah, j'en suis pas revenue !
La cuisinière, le plan de travail, la table longue qui reçoit un peu de tout, mes pots en terre, empilés l'un dans l'autre, mes pots en verre, empilés l'un dans l'autre, mes cacahuettes, mes aromates... Elle a tout nettoyé !!!

Marie, ah bon ?
Sait faire donc ça ?

Ah comme ça rutilait quand je suis rentrée vers midi.

Entretemps, après un réveil sympa chez Thierry, on est allés rendre des pulls mal choisis chez Blanche porte, un échange, une incompréhension car la vente par correspondance réserve parfois des surprises, donc j'ai dû rendre des pulls tunique manches courtes, pour obtenir dans six à huit semaines, des pulls manches langues et courts... Bof, j'y suis allée avec Thierry, pas loin de chez nous, à la Garenne Colombes, dans un relais-colis.

Donc, après une nuit sympa chez Thierry, hop là, la Garenne Colombes pour l'échange de fringues, et hop là, ma cuisine nickel et Marie dans son lit (on est samedi).
_ Ca va ma puce ? (j'avais pas encore vu la cuisine)
_ Mouais bof
_ Que t'arrive-t-il ?
_ Ben... Ben... Je veux pas te dire.

Ah j'ai envisagé le pire, embrigadée par ses copains, elle avait par mégarde cambriolé une banque, et voilou, voiulà, elle était recherchée par la police internationale...Le FBI...
Ou elle dealait de la drogue...
Ou alors, lui poussait un troisième téton...

_ Maman, maman, tu vas me gronder
_ Ben , non, vas-y, il est où le blem ?
_ Ben j'ai plus de portable.
_ Ah, on te l'a volé ?
_ Non, je l'ai noyé
(Comme un p'tit chat, je pense, et je manque de pouffer de rire.)

Mais ce n'était pas l'heure
_ Raconte, il a quoi, ton portable ?
_ Ben, je téléphonais dans mon bain, et il m'a glissé des mains.

Par bonheur, il ne s'agissait pas du séchoir à cheveux, j'ai pensé direct.

_ Ben c'est pas grave, ton opérateur va te le remplacer
_ Non, c'est plus compliqué que ça maman
_ Ben si, on n'a jamais acheté de portable, c'est le forfait "appels tels" qu'on paye, le portable coûte un euro, remplace le zinc à un euro et l'affaire est conclue
_ Ben non, c'est pas si simple, car j'ai perdu, dans l'eau du bain, mon numéro d'abonnée aussi
_ Ils vont te le retrouver, ce portable coûte un euro, sur le contrat, ce qui compte, c'est l'abonnement truc.

Or lui reste vaillant.
_ Non, maman, j'ai bien peur que tu te gourres, l'abonnement de.... euros fait partie du contrat à UN euro...

Ouh là, ouh là, j'y pige que dalle, ma fille, perso, longtemps que j'ai abandonné le principe du portable...

Je vais réfléchir à tout ça, et tâcher de trouver la meilleure solution.

Ah, ça s'arrête jamais.

Des fois, j'ai envie de me louer une grotte sur le sommet de l'Everest et chasser le bison moi-même, à main nue.
Vêtue d'une simple peau de bête.
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Eve



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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Sam 11 Fév - 17:16

Hummmm, ça plairait à Thierry, la simple peau de bête.

Avec le fumet des sapins et de la neige qui fond, qui glace.
En peau de bête, je retrouve ma côte de sensualité à mille pour cent !

Vachement plus érotique que les sales odeurs du métro aux heures de pointe.
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Eve



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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Dim 12 Fév - 16:09

Ah quel soulagement quand j'ai reçu le niet de sieur ...
Ouh là, pas prête, et vieille, et claudiquante, et la vie de bureau, pas franchement ma came, c'est très vite indigeste.
J'ai un bureau chez moi, avec le net et tout le matos, je trouve très con de perdre en transports en commun l'énergie du petit matin, et de rentrer tout flasque le soir, alors que les nouvelles technologies t'évitent ces déplacements bidons.

Ok pour l'européen, les avions, les congrès, mais à Paris !

Un bureau sympathique, une petite structure familiale, mais moi, longtemps que je fais tout par internet.

Enfin, j'fais plus.
J'écris mes livres, sans la moindre rémunération, et je me contente de pouvoir mailé par ci par là, mes textes.


Mais la vie de bureau, j''trouve ça ringard.
Je trouve cela démodé.

On bénéficie maintenant de moyens de communications qui coutent que dalle pour un rendement max.

Me rendre au bureau ? Allez, allez, ça coûte à la sécu, car on n'est jamais à l'abri d'une tuberculose qui traine dans le métro ou d'une plaque de verglas qui immobilise six mois.
J'en parle en connaissance de cause.

J'ai tout le matos at home et contente d'avoir postulé (je reste sur les listes de l'ANPE) contente, oui, je peux bosser sans me déplacer.

J'aurais habité près du coin, oui, oui, mais pas de transport de Courbevoie pour le cinquième arrt de Paris.

De toutes façons, il m'a jetée comme une vieille crotte et je l'en remercie.

Paris, pour moi, faut que j'oublie.

Faut que j'oublie que je ne peux me déplacer, que je guéris doucement du bassin
que mon père est en fin de vie
que mon mec gagne rien,
que mon fils AINE est interné pour de longs mois encore
que mon père meurt,
que ma mère rit,
que ma fille arrive en retard en classe, systématiquement, tous les matins,
que je marche de mieux en mieux mais que j'ai encore très mal au dos,
qu'il y a des factures foncia à payer, pour ce jardin si beau mais qui coute la peau de mon bras,
et encore, on repart, sur mon papa qui va mourir,
et mon dos qui me tire
etc ....



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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Dim 12 Fév - 16:51

Sauf que, sauf que...

Je compte bien me sortir de ce marasme.

Oui, oui, vive les beaux jours.

Dès la fin février, je garde tout le monde (mon père, qui sera mouru) ma mère, qui sera goulue, ma fille, qui sera dodue, et mon amant, qui sera moulu.

Oui, oui, je garde le tout, un packaging de mes amours.

Je les aime tous et j'ai la pêche.

Sitôt de nouveau sur pattes...

Hihi, ça remarche, oui, oui, mes jambes me portent de nouveau...
Ah on va bien se marrer.

J'ai un appétit d'ogre (lol, comme j'ai faim) et des projets.
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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 15 Fév - 19:40

Une nouvelle nuit à l'abri des bras de Thierry, après un joyeux boeuf carottes avec ma fille devant un film spécial St Valentin, avec Vincent Lindon et Judith Godrèche : "Je crois que je l'aime", de Pierre Jolivet et Simon Michael, sur la troisième chaine et noté de trois sept par la critique de télé sept jours.
Effectivement, j'ai passé un très bon moment devant la télé avec ma fille, on a tout englouti le boeuf carottes et on a bien ri.
Le pitch : un homme d'affaires très riche embauche une jeune femme, céramiste de profession, pour décorer les sols de ses bureaux, de quoi ?
Ben de céramiques ,

Ah j'en vois des qui suivent !

Une jolie histoire d'amour, qui commence par une engeulade, ça m'a rappelé ma rencontre avec Thierry...
Nostalgie, nostalgie, je l'avais fait sourire en lui gueulant dessus dans un restaurant chic du seizième arrt (cf : "Trous de mémoire".)

Ah mon sacré petit caractère de chieuse ! Sa placidité, ouhlà, je jouais gros, je le voulais, il m'avait plu au premier regard et fallait la jouer fine.
Sans nul doute un homme à femmes, un séducteur à belle Rolex en or/platine, un serial lover qu'il me fallait conquérir, sur le champ, garder à moi toute seule et pour longtemps.

Ca fait cinq ans....
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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 15 Fév - 20:00

Marie, pour une fois davantage intéressée par ce film gentillet, plein de bons sentiments, que par son ordi et son profil tweeter, est restée jusqu'au happy end.
Régulièrement, elle s'exclamait : "Dingue ce que cet acteur ressemble à Thierry !"

Décidément, c'était la semaine des sosies de Thierry. Ma parole, on le voyait partout !

Mais elle avait pas tord, ma fille.
Ce genre de beaux quinquas bourrés de charme, vaguement dégarnis du front, qui exalent très discrètement un fin parfum musqué, Allure de Dior, par ex, avec de jolies mains carrées aux ongles courts, de beaux poignets virils, un regard vif sous des paupières un peu tombantes, séducteurs soit, mais qui savaient souffrir pour une femme.

Romantiques, poétiques, raffinés, vieille France, bien élevés, qui vous tiennent la porte et vous raccompagnent sans insister devant le porche de votre immeuble, non sans vous avoir volé un baiser passionné, et très sûrs de leur coup : dans pas longtemps, je la cueille.

Irresistibles, en somme.


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Eve



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MessageSujet: Re: La chute : Faux départ   Mer 15 Fév - 20:17

Je n'ai donc pas résisté quand Thierry a téléphoné pour passer me chercher sitôt le film terminé.

Nuit délicieuse entre ses bras calins, son corps puissant et doux et rassurant et....

Au matin, lorsqu'il s'est levé pour le p'tit dej, sa douche, ses appels tel, ses mails, j'ai poursuivi ma nuit et j'ai rêvé que j'étais enceinte...
Ouarf !
Sans doute à cause d'un fait divers, lu dans un magazine people à sensation la veille : une femme de 53 ans venait d'accoucher, alors qu'elle n'était même pas au courant de sa grossesse.

Ben moi, dedans mon rêve, je vivais la même histoire. Mon ventre s'arrondissait, s'arrondissait de mois en mois, mais je pensais qu'il s'agissait des conséquences de l'alitement, suite à ma chute. Mes seins aussi gonflaient, gonflaient, mais j'évoquais la même cause.

Et puis ce matin là, tandis que Thierry préparait le petit déjeuner, comme d'hab (ah quel amour !), je sens des coups, des petits tapotements qui me sont encore familiers depuis la naissance de Marie. Je soulève la couette et oh, surprise, j'vois une tête de bébé par transparence, sous la peau opaline de mon ventre dodu et tendu.
Je crois rêver (d'ailleurs, je rêve) mais un visage de petite fille me sourit, toute jolie, parfaite, Marie-Charlotte à la naissance.

Ai-je encore envie d'un bébé ?
Déjà beaucoup de mal à élever les ainés.
Que signifie ce rêve ?

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