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La Pince



Messages : 91
Date d'inscription : 04/08/2008

MessageSujet: Back to NC   Lun 4 Aoû - 14:59

Trois heures ininterrompues de Kitesurf par plus de 25 nœuds de vent. Que du bonheur !
Il était temps car je désespérais. Hier, ce fut seulement ma 3ème relle sortie en Kite-surf de mon séjour. Ma mission en Nouvelle-Calédonie s’achève mercredi. D’après windguru.net, je vais pouvoir profiter du vent pendant encore trois jours dont demain dimanche.
Ces trois heures de kite étaient fabuleuses.
Au matin, un vent puissant était déjà levé. Après un solide p’tit déj, j’arrive sur la plage du Méridien à 10 heures car j’ai du faire quelques achats de cadeaux pour ma famille japonaise.
Je monte mon aile sous la pluie. Le dicton « Petite pluie abat grand vent » n’est pas approprié. La pluie est fine mais le vent est bien établi. Je suis tellement pressé de me mettre à l’eau, que j’oublie d’accrocher mon chicken-loop tenant les lignes avant, à mon harnais. Au décollage je frôle la catastrophe. Quelqu’un vient m’aider pour reposer mon aile à terre. Quel idiot je fais !
Cette émotion passée, je redécolle proprement mon aile. Les 20 nœuds la grimpent au zénith le temps de compter un, deux.

Le vent un peu rafaleux, la fait sursauter mais elle reste stable au zénith. Je marche vers ma planche en essayant de ne pas me faire emporter par mon aile. Vraiment ça tire. Je trime mon aile choquée à fond, pour limiter la traction. J’enlève mes tongues, je prends ma planche, je me dirige vers le bord de la plage.
La marche nu-pieds est pénible car le sable n’est qu’un grossier résidu de corail brisé.
La marée est à son maximum de hauteur. Je ne rentre que quelques mètres dans la mer.
Je m’allonge dans l’eau, je relève le drap et je te bouscule, comme d’habitude…Qu’est-ce que je raconte ? Je m’allonge dans l’eau, la planche sur mes cuisses. Barre dans la main droite, poignée de la planche dans la main gauche.
Je chausse mes boot straps (étriers).
Je me dandine les jambes tendues pour que mes pieds nus entrent à fond dans les étriers.
Le vent me rapproche dangereusement de la jetée séparant la plage des kitesurfers de celles des baigneurs, en l’occurrence vide de baigneurs, vu la météo. Il faut faire vite.
Je ramène la planche près des fesses en l’orientant légèrement au vent, genoux hors d’eau.
J’envoie avec prudence mon aile au large, sans l’avoir eu besoin de l’amener en arrière au préalable. La sortie d’eau est nette et sans bavure car le vent est puissant, très porteur.
Je mets le cap sur l’éperon rocheux qui termine la pointe du Méridien.

Le vent, mais c’est de la bombe ! La remontée au vent ne pose aucun problème. Je décide de me mettre à une allure entre le près et le travers.
La planche accélère toujours. La pluie me fouette le visage. Aïe, ça pique ! Je dépasse l’éperon rocheux en quelques secondes et je suis déjà dans la houle du large. Bon sang que ça va vite !
Je chante : « C’est un fameux trois mats fin comme un oiseau, hisse et haut, Santiaaaano »
Les vagues arrivent bien de face, si bien que les décollages sur crête sont fréquents. Bien que ces sauts soient très amusants ils gênent la remontée au vent. En effet, lorsque la planche n’adhère plus, l’aile nous emporte sous le vent. Logique ! Il faut donc empêcher les sauts.
Pour cela, c’est comme à ski. Jambes fléchies et on absorbe avec les cuisses la crête des vagues. Le vent est généreux, porteur, fabuleux.
Je décide de maintenir mon bord. Cap sur le phare marquant le bâbord du chenal sur l’îlot Maître ! En quelques minutes, je me trouve juste entre l’îlot et le Méridien.
Les creux sont impressionnants. Le haut des vagues déferle en moutons pleins d’écume.
Je me sens tellement bien que j’envisage de rejoindre le platier de l’îlot Maître mais ce n’est pas raisonnable PM.
Tu es seul, tu n’as pas de gilet et pas de téléphone étanche. Si tu pètes une ligne tu seras tributaire de secours improbables.
Je décide le demi-tour à deux nautiques des côtes.
J’attends que l’interstice entre deux vagues soit assez grand pour faire la manœuvre de demi-tour en sécurité.
Un beau plateau entre deux creux. Go !
Je bloque la planche par une prise de carre et je renvoie l’aile doucement en direction de la terre. Je prends une allure de grand largue. Cela soulage mon aile qui tire à peine. Shit, le plateau se dérobe sous ma planche et je me retrouve dans un creux sans vitesse. J’ai l’impression de reculer et la planche enfourne. Merde, merde, merde ! Je donne un coup de barre pour que mon aile prenne de la vitesse.
Les lignes se tendent ma planche ressort de l’eau mais je dois renvoyer l’aile au zénith car elle frôle déjà la crête des vagues. Par ma manœuvre un peu trop nerveuse, elle remonte énergiquement, trop vite. Shit ! La vélocité de l’aile m’allège trop. Je relâche la barre et j’essaye de cranter ma planche pour reprendre une allure de travers. Ça repart…. Oui, pas mal, la planche accélère, c’est gagné. J’ai stabilisé la trajectoire mais à présent la crête des vagues est parallèle à ma trajectoire.
Là, la planche ne décolle plus mais je suis entré dans le surf pur. Je garde l’aile à 30° au-dessus de l’horizon sans trop la faire bouger et on règle le cap avec la vitesse ou plutôt on règle le cap avec la vitesse. Quand on va trop vite on met le cap sur une crête de vague, quand la planche commence à enfourner, on met du poids sur l’arrière et on cherche un creux pour accélérer la planche. Les yeux sont rivés sur ces sommets et ces vallées mobiles. L’aile ne doit plus bouger. On ne s’en occupe plus. On surfe. C’est un autre exercice, bien plus fin. On calcule sans arrêt. Putain, que c’est angoissant la navigation au large. Je ne veux pas tomber et perdre ma planche.
Bord vers le large : sauts et décollages ludiques faisant perdre du terrain dans la remontée au vent.
Bord vers la terre : on gagne au vent, on surfe, on lutte.
Je m’amuse comme un fou malgré la tension ressentie lors des bords de retour vers la terre. PM, tu angoisses, mais tu vas en bouffer de la vague.
Que ces vagues sont belles. Aucune série ne ressemble à une autre. A chaque évitement il faut faire une manœuvre différente. La mer est une symphonie . Le vent qui caresse leur sommet fait chanter leur écume. Mon inquiétude n’a d’égal que l’admiration de cette force si évidente, si implacable, si sûre d’elle-même.
Je regarde cette masse d’eau qui m’enveloppe et la supplie. Ne sois pas vache avec moi ! Je tire bord sur bord, bien conscient que la mer vjoue à me laisser gagner mais qu’elle reprendra le dessus seulement quand elle l’aura décidé.
Et l’inévitable arrive. Une vague m’a surpris par l’arrière et a retourné ma planche. Je n’ai pas eu le temps d’écarter mes pieds à fond dans mes étriers pour garder la planche aux pieds. Je suis éjecté de ma planche. Plat en avant sur la poitrine mais contrôle de l’aile que j’ai ramenée au zénith. Je trime l’aile au choqué maximum. Je me retourne. Ma planche est cinq mètres derrière moi, retournée, lamentable, ailerons en l’air, apparaissant et disparaissant selon qu’un creux ou une vague s’intercale entre elle et moi.
Je m’allonge dans l’eau, tend le bras gauche à 45° au vent dans l’eau, pour qu’il agisse en safran, et ma tête est à moitié noyée, j’abaisse de la main droite mon aile doucement vers l’horizon. Elle tangente la surface de la mer. L’aile tire bien malgré sa position basse, mais les vagues déferlent sur ma tête. Et tiens, une tasse. Je tousse. Je tire un bord de trente mètres en nage tractée à moitié en apnée. Je m’arrête.Je remonte prestement l’aile l’ A
aile au zénith. Je recherche ma planche. Gue gue gue gue gue gue, où qu’elle est cette putain de planche ?. Ah ! La voilà ! Allez ! Plus on reste l’aile au zénith et plus on perd du terrain. Il faut faire vite. J’abaisse l’aile de l’autre côté et je repars à la rencontre de ma blanche égarée. Allez, encore une petite séance de noyade bien agréable. La nage tractée, bien que pénible, est assez efficace dans la remontée au vent. Grace à ce vent fort, j’arrive à remonter en amont de ma planche sans problème. Ok les tasses, c’est pas très sympa, mais au moins la nage tractée ne s’éternise pas. Pas besoin d’un nouveau couple de bords hasardeux risquant de me faire perdre le contact visuel avec ma planche, cette planche qui est ma bouée, mon radeau de survie. Arrivé au niveau de ma planche je remonte l’aile au zénith. Et pilote l’aile pour que mon corps immergé jusqu’au épaules arrive sur elle comme une fleur. Et tac, je rattrappe un aileron, je lâche ma barre pour chopper la poignée. Saloperie, l’aile se barre. Vite une main sur le côté de la barre opposé à la chute de l’aile. L’aile revient au zénith. Tout va bien. On se calme. Je reste dix secondes sans rien faire ma planche tenue d’une main par la poignée devant moi, l’autre main tenant l’aile. Je respire profondément et lentement. L’aile ne doit plus bouger d’un centimètre. Reste tranquille toi là haut ! Je chausse tranquillement ma planche. Les vagues me font monter et descendre tel un petit bouchon sous la ligne du pêcheur, l’aile m’entraine sans concession sous le vent. Je me recale bien dans mes étriers, en position de water-start. J’enlève nerveusement le trim de l’aile pour bénéficier du maximum de puissance pour la sortie d’eau. Elle est belle mon aile quand-même.
Trim au bordé moyen donc. J’attends un large plateau ou une large vallée. Là, maintenant ! J’envoie doucement l’aile vers la terre. Allure de petit largue pour que ça ne tire pas trop. Je glisse ma planche dans un creux. Je prends de la vitesse mais sans brutalité.
C’est reparti, je me concentre. Il ne faut plus tomber. Le vent a forci. Il faut à nouveau trimer l’aile au choqué. Vraiment ça tire trop ! Je ramène l’aile à 45°. Un compromis entre une bonne traction motrice et un porté stable de l’aile.

Mais ces bords au large avec les saccades sur le harnais commencent à me faire mal au dos. Ma sciatique est juste estompée par la prise de cortisone. Il faut que je me mette à l’abri. En plus, des grains arrivant du Nord-Est génèrent des flux qui s’ajoutent au vent. Je tire un maximum de bords de près plus courts et plus proches de la terre pour rejoindre la baie de la Côte Blanche.
Dans cet espace une dizaine de kitesurfers se sont rassemblés pour pratiquer le free-style (des figures acrobatiques). Je n’en suis pas là pour l’instant.

La marée descend mais le platier de la Côte Blanche laisse encore 40 cm d’eau. Sur le platier, l’eau est lisse.
Le vent devient instable dans sa vélocité qui en moyenne reste considérable. Le platier semble comme une piscine, à peine ridée par le vent. Mes bords de travers sont extrêmement rapides.
Il suffit de descendre l’aile et de border à fond pour accélérer prodigieusement.
La seule limite à la vitesse est notre propre capacité musculaire à supporter l’opposition du vent avec la carre de la planche.
J’ai des cuisses de patineur. Pas de problème. Je fléchis au maximum ma jambe arrière, et tend ma jambe avant. Je borde à fond. La planche est un véritable hors-bord. Je grille pas mal de monde. Pour doubler les petits jeunes, trop légers, je passe sous leur aile, la mienne frôlant l’eau . Je regarde la traînée derrière moi Wou-hou !!! Quelle glisse ! Ma planche semble peindre d’un vernis, le corail qui tapisse cette moquette blanche. Je vois parfaitement le fond derrière la planche alors que devant, la surface est craquelée par la pluie qui est devenue plus drue. Je me rapproche trop des cailloux. Il faut faire demi-tour et vite. Dérapage comme à ski. Tel le kakou, je soulève une grosse gerbe de flotte. La planche s’immobilise, je relance l’aile de l’autre côté, petite descente au vent en grand largue. L’aile mollit. Je donne progressivement de la carre. Les lignes se tendent. La planche accélère tel un chasseur F15 sur la piste d’envol, une fois enclenchée la post combustion de ces deux moteurs General Electric délivrant chacun leurs 30 000 livres de poussée. Paradoxalement en choquant l’ailepar la diminution de la pression sur la barre, l’aile tire plus sur le harnais par les avants. La reprise de vitesse se fait en deux ou trois secondes. Et c’est reparti pour un bord sur un glacis sans vague, « a fundo el caissone ».
J’ai profité de cet espace magique pour retravailler mes sauts.
Au large on saute facilement. Il suffit de tendre les jambes sur le passage d’une crête, et hop, on décolle du tremplin naturel.

Sur le platier il n’y a pas de vagues. Il faut créer sa propre bosse d’eau, comme pour le ski en poudreuse. On prend de la vitesse, l’aile à 3 heures, puis on la ramène au zénith en crantant à mort pour se mettre en opposition sans trop déraper et on tire sur la barre. Dès que l’aile arrive à une heure, on décolle. Jusque là, je n’ai aucun problème.
Je monte à deux mètres de haut environ. C’est l’atterrissage qui est technique. Il faut garder l’aile au zénith et en plus bien bordée pour ne pas retomber comme une serpillère, mais à une seconde de l’arrivée sur l’eau, il faut relancer l’aile vers l’avant pour que la planche ait un minimum de vitesse pour se sustenter. Cette manœuvre se fait en l’air bien-sûr.

Je ne suis pas encore au point. Je réussis un amerrissage sur trois, sinon quand j’échoue, soit je m’enfonce lamentablement dans l’eau car je n’ai pas repris assez de vitesse, soit j’arrive avec la planche mal orientée qui va enfourner par une faute de carre. Il m’arrive aussi d’arriver sur le dos. Là, c’est la désintégration totale. Ça fait mal et en plus l’aile dans le dos, se barre n’importe où.
Je crois qu’il me faudrait encore cinq sorties à ne faire que ça pour être au point.

Je suis resté 3 heures sur la planche. Je commence à fatiguer et la marée est de plus en plus basse. Je descends au vent. Et là le pompon. Au passage de la pointe du Méridien, j’arrive sur les cailloux. Je suis éjecté de ma planche.
Pieds nus sur le corail mort mais coupant, j’ai un mal fou à la récupérer.
Je me fais emporter par mon aile que je ne surveille pas assez.
J’arrive péniblement à retrouver et rechausser ma planche dans 10 cm d’eau.
Je repars en water-start, le *** rabotant le corail.
Enfin sorti, de cette merde alors qu’il me restait 150 mètres à faire.
Les fonds sableux arrivent. Je me dirige en vent-arrière vers la plage d’où je suis parti. La planche heurte le rivage, mes pieds sortent naturellement de la planche, et j’arrive en courant sur la plage humide, emporté par mon aile. Une âme charitable se propose de m’aider à la poser.
Je la fais descendre doucement. Le kite-surfer rompu aux atterrissages d’aile de kite, la couche bord d’attaque face au vent.
J’enlève le chicken-loop, je récupère ma planche.
Plein le dos. On va tout ranger, prendre une bonne douche d’eau sans sel, une soupe de lamen et au dodo !

On m’a apprend que le vent est du 25/30 nœuds avec rafales à 35.

Sur la route du retour, il faut marcher 300 mètres sur la plage des baigneurs avec 20 kgs de matos sur le dos pour rejoindre la bagnole.
La tête basse, avec mon air de chien battu, je me fais mentalement le débriefing de ma séance.
Certes, je me suis bien régalé mais certaines phases étaient quand-même pitoyables.
Quel manque de vigilance ! Le chicken-loop oublié, la vague que je n’ai pas vu venir, cette arrivée lamentable sur le corail alors qu’on voyait les petites vagues qui signaient sa présence.

Dans les meilleurs moments on se sent invincible. On fait le cador. On croit être entré chez les pros. Et puis le moindre petit pépin nous rappelle qu’on est rien du tout finalement. On se rend compte que Neptune et Eole auront toujours le dessus, et que si on s’amuse, c’est seulement grâce à leur incroyable clémence.
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La Pince



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MessageSujet: Divine surprise   Lun 4 Aoû - 15:00

J’aime être surpris, et c’est la raison pour laquelle, dans ma vie, j’ai toujours privilégié la spontanéité, l’aventure, l’essai, le risque.
Je déteste les émotions en boîte et reste en général totalement insensible aux accroches publicitaires du style «Venez essayer notre package express de saut en parachute ou de saut à l’élastique ou de rencontre avec les baleines»,
Ce genre de transaction commerciale où l’impact émotionnel serait garanti par contrat malgré une durée d’application très courte, me déçoit toujours par son côté artificiel interdisant toute autre initiative que l’achat de la prestation.
Depuis l’avènement de l’ère des loisirs, le mercantilisme s’est engouffré dans le registre de l’émotion. « Paye mon ami, et tu seras ému….Mouais »
Certes, il faut toujours payer pour avancer dans la vie, mais la notion de garantie ou d’obligation de résultats au chapitre des émotions est vraiment suspecte.
Quand l’émotion nous est procurée par le destin ou la chance et qu’en plus c’est gratuit, alors quel bonheur!
Ce week-end, Dame Nature m’a fait un prodigieux cadeau, vraiment inattendu. Soyez patient, je vous ne dévoilerai ma rencontre qu’à la fin de ce récit.
J’ai ressenti la même émotion que lors de l’accouchement soudain de ma chienne de dix petits setters irlandais.
Ce qui est formidable dans l’aventure, c’est lorsqu’on recherche quelque chose et que ce qui arrive est complètement différent de ce qu’on poursuivait ou bien ce qui se produit contre toute attente est, tout compte fait, vingt fois mieux que l’événement auquel on s’attendait. Le doigt de Dieu, s’est posé sur toi alors que tu ne le méritais pas vraiment. C’est ce qu’on appelle la grâce, non ?
La météo avait annoncé la pétole pour le week-end.
« Moins d’cinq nœuds de vint pour cte fin d’semaine, tabarnak, oublie ton maudit kite-surf loooh » me lance avec un certain bon sens ma collègue québécoise.

Julie, une nouméenne, de l’équipe me propose de la rejoindre dimanche pour une partie de pêche avec sa famille.
Attendre des heures qu’une ligne veuille bien s’agiter pour finalement tuer un poisson à qui je ne veux aucun mal, voilà bien une activité que je n’ai jamais comprise.
Je tarde un peu à accepter mollement cette gentille proposition. Je pourrais au moins profiter de la beauté du lagon.
Le dimanche matin, de bonne heure, nous embarquons dans un bateau de pêche d’environ sept mètres de long, bien motorisé et construit sur deux ponts.
J’aide à l’avitaillement et au largage des amarres.
Michel, le mari de Julie pilote fièrement son bateau depuis le pont supérieur.
Même après la rade du Port Moselle, la mer reste d’huile et Michel amène sans difficulté, la vitesse de son bateau à 20 nœuds.
Nous mettons le cap sur la passe de Dumbéa, la passe d’entrée des cargos, là où se réunissent les surfeurs pour bénéficier des grosses vagues refermant l’entrée du lagon.
Nous sortons du lagon et nous nous installons derrière le récif, à une cinquantaine de mètres des déferlantes.
Nous plaçons deux cannes et deux lignes à bobine toutes terminées par des leurres de type poulpe ou de type poisson coloré.
Nous sillonnons les abords du récif avec nos quatre traînes pendant une demi-heure et il ne se passe rien.
C’est bien ce que je pensais. La pêche, c’est vraiment nul !
Michel, visiblement contrarié par l’inefficacité de son dispositif décide de tout remballer. Nous prenons le cap 160 au sud-est et filons allègrement
à 25 nœuds le long du récif, sur cette mer calme.
Il n’y aucun clapot et la course est très agréable. La température est de 20°.
J’aperçois un cargo au loin…Non, ce n’est pas un cargo… Mais ce n’est pas un îlot, non plus…on dirait un cargo, mais qu’est-ce qu’il remorque derrière lui ? Finalement je découvre une énorme épave rouillée coupée par le milieu, un bateau de 100 mètres de long qui s’est échoué là, il y a 30 ans en ratant l’entrée de la passe de Dumbéa.
J’aurais aimé qu’on plonge autour de cette épave, mais je ne veux pas abuser de mon statut d’invité.
Finalement je m’aperçois que nous arrivons très vite au phare Amédée, ce phare que j’avais mis tant de temps à rejoindre avec le bateau que j’avais loué l’année dernière car je ne supportais plus les chocs dans la houle au-delà de 10 nœuds.
A la passe de Boularis, au Sud du phare, nous rentrons dans le lagon.
Michel a repéré le bateau d’un ami qui pêche souvent dans le coin. Il décide de s’ancrer sur son tribord.
Le guindeau est déroulé au treuil électrique. Ah ! Le luxe des bateaux confortables.
Michel me demande de m’assurer du bon ancrage.
Ça je sais faire ! Je lui dis de lâcher encore de la chaîne car elle continue de plonger verticalement vers le fond . Michel lâche 5 mètres supplémentaires de chaîne.
J’aime bien vérifier la qualité de l’ancrage. Je donc suis allé plonger en apnée vérifier que l’ancre ne glissait pas.
En fait, elle s’est accrochée sur une patate de corail. Il y a dix mètres de fond environ.
Il faudra avancer le bateau pour qu’elle se décroche lorsque nous repartirons.
Michel est satisfait de mon bon travail de matelot, et de mon diagnostic.
La famille Drevet, Julie, Michel, Elise et Franck s’affaire à nouveau, aux préparatifs du matériel de pêche.
Je les regarde faire, dubitatif et un rien moqueur. La pêche, c’est vraiment nul !
Franck le fiston, a opté pour la pêche au fusil. Elise la fille, elle n’a pas l’air plus motivée que moi pour faire des misères aux poissons et prépare son équipement de plongée pour une simple balade.
Michel et Julie ont déjà leur cannes prêtes à être utilisées, avec maquereau en boîte pour appâts. La pêche, c’est vraiment nul !
La pêche a commencé il y a vingt minutes. Je constate avec étonnement que le couple, finalement très doué, a déjà ramené cinq poissons, et pas des petits.
Franck lui a déjà tué une loche et un bossu.
Ces poissons sont énormes et Michel met un point d’honneur à relâcher les poissons qu’il juge trop jeunes.
Finalement, je décide d’essayer. La pêche, ce n’est peut-être pas si nul que ça!
Après quelques essais, j’ai bien compris la technique du lancer de la canne et je fais des touches mais je n’arrive pas à ferrer. Je ne sens rien ! Moralité je ne fais que nourrir les poissons avec mes appâts.
J’en étais sûr, je suis nul en pêche, et la pêche, c’est bien nul ! Tuer des animaux, je n’ai pas ça dans la peau.
Je ne sortirai donc rien de l’eau, et finalement, je trouverai ça très bien. Je préfère voir les poissons vivants plutôt que d’être acteur de leur agonie en plus d’être témoin de leur sort, pauvres bêtes transpercées de harpons ou d’hameçons.
La glacière se remplit à vitesse grand V. C’est le temps de la pause déjeuner. Nous mangeons légèrement en prenant le temps de contempler la chaîne de montagne qui borde le sud de la grande terre. Je reconnais la domination apparente du Mont-Dore sur le lagon car la chaîne de montagne plus en arrière est en fait plus haute. Michel surpris par ma remarque semble flatté que je sois déjà capable de reconnaître les points géographiques principaux de sa région.
Je suis très observateur mais sur ce coup je n’ai guère de mérite. De la même manière que Volvic affiche la silhouette du Puy de Dôme sur ses étiquettes, je reconnais la crête du Mont-Dore dessinée sur ses bouteilles éponymes.
Au Liban, je buvais de la Sannine. Les Libanais aussi mettaient leur belle montagne sur les étiquettes de leur eau minérale.
Le temps commence à se couvrir et Elise se plaint d’avoir froid.
Les nouméens grelottent dès que la température descend en dessous de 20° Celcius !
Moi, je suis bien, mais je ne prends pas ombrage de cette éventualité de retour précoce.
Michel et Julie décident de vider les poissons près d’un îlot car ils ne veulent pas attirer les requins en rejetant les abats sanguinolents dans ces eaux si proches d’une passe où entrent et sortent les plus gros prédateurs du lagon.
Nous rejoignons un petit îlot en nous mettant à l’abri du courant et du vent si modeste (grrrr !).
Le vidage et l’écaillage des poissons prend bien une demi-heure.
Malgré la réprobation de son père Franck repart chasser avec son fusil-harpon.
Au bout de 10 minutes Franck m’interpelle, il poursuit un petit requin. Je sais que les petits requins pointe noire sont inoffensifs. Je plonge avec mes lunettes de natation et sans mes palmes pour ne pas rater cette rencontre.
Enfin, ma première nage avec un requin ! Ouarf, en fait, il ne s’agit nullement d’un acte d’une grande témérité. Le squale mesure un mètre de long à peine, nage très vite mais ignore complètement de notre présence.
Je me place derrière Franck pour ne pas le gêner mais surtout pour ne pas être dans son champ de tir.
Il repère une belle raie pastenague.
Moi, je ne la vois pas. Je vois seulement son harpon de 1,50 m éjecté avec violence par son long fusil.
Le harpon touche le sol et un nuage de sable prend naissance autour de l’animal mortellement blessé près de la tête. Après quelques soubresauts l’animal se laisse traîner misérablement au bout de cette redoutable laisse. La raie est remontée sur la plage arrière du bateau. Michel, la main protégée par un torchon lui coupe la queue pour que le dard, par un dernier acte vengeur de l’animal vaincu, ne risque pas de se planter dans la chair de ses bourreaux (une piqûre de raie bien que non mortelle est effroyablement douloureuse).
La pêche, c’est vraiment nul !
Il s’agissait d’une raie femelle qui stressée par sa capture essayait d’expulser son bébé à naître. La pêche, c’est vraiment nul !
La glacière est pleine à ras-bord. Nous commençons à configurer le bateau pour le retour quand Elise, excitée crie : « Un dauphin ! ».
Elle nous désigne un endroit d’où émerge effectivement une bosse brune mais qui disparaît aussi vite qu’elle est apparue dans un clapotement discret mais parfaitement audible.
Michel et Julie qui ont croisé des dauphins assez souvent, sont sceptiques. Les dauphins sont plus énergiques. Certes il s’agit d’un gros animal au regard de la masse d’eau soulevée dans le clapot mais les dauphins sortent plus franchement de l’eau.
« On voit un aileron ! Un deuxième !». Effectivement, des ailerons apparaissent. Dauphins et requins ont des ailerons.
Si ce n’est pas un dauphin, c’est un gros requin alors, ou deux requins !!!.
« Non » dit Michel, « Un requin tourne en rond et l’aileron reste toujours hors de l’eau, quand il vient fendre la surface de l’eau. Peut-être s’agit-il de dauphins qui veulent s’accoupler. »
Nous avons tous les yeux fixés sur le périmètre très restreint, d’une trentaine de mètres de côté, dans lequel la présence animale est régulièrement détectée.
Tous les cinq, nous voyons à présent deux ailerons sortir de l’eau, et replonger tous les deux en même temps.
Chacun d’entre-nous reste très étonné. Nous sommes encore incapables de comprendre ce que nous voyons par intermittence.
Franck opte pour l’éventualité d’un dugong. Une espèce de vache de mer.
« Mais non, les dugongs n’ont pas d’aileron et sont très craintifs. Ils ne viendraient pas narguer un bateau comme ça. »
Puis Michel s’esclaffe : « Mais bien-sur ! … PM, tu veux voir quelque chose dont tu te souviendras toute ta vie ?».
Julie, enthousiaste, pense soudain à un baleineau.
« Bien que nous soyons encore qu’au début de l’hiver, une baleine peut avoir installé son baleineau dans le lagon ».
« Mais, non ! En plus les baleines n’ont pas d’aileron. Je sais ce que c’est. PM fait moi confiance. Tu ne risque rien, équipe-toi ».
L’animal n’avait vraiment pas un comportement agressif et j’étais convaincu que Michel était sûr de lui.
Plus animé par la curiosité que par le doute, je me suis mis à l’eau avec masque , tuba et palmes.
C’est très bizarre que je n’aie pas eu de réticences car j’ai une trouille bleue des bestioles quand elles n’ont pas peur de l’homme.
L’animal manifestait de plus en plus clairement sa présence.
Pendant ce temps je m’enfonçais d’un mètre sous le bateau mais je ne voyais absolument rien au niveau de la surface de l’eau sinon les rayons du soleil un peu faibles qui dansaient avec la légère houle de surface.
La famille Drevet me dirige à la voix vers l’animal qui continue à faire des huits dans le même secteur.
Je ne vois toujours rien dans ce contre-jour sous-marin.
« A dix mètres un peu droite… là, à 5 mètres à gauche ». La famille Drevet me guide à la voix. Toujours rien.
« Devant toi !!!! »
Je me laisse descendre debout, et, abasourdi par cette vision, je découvre devant moi, à quatre mètres, une énorme masse sombre, inquiétante, évoluant lentement. Elle vire presque face à moi. Il s’agit d’une raie Manta. L’animal fait de deux à trois mètres de large.
C’est fantastique ! Je vois sa bouche ouverte. J’ai l’impression qu’elle pourrait engloutir 3 bonhommes comme moi.
Son dos ressemble à un immense tapis qui ondule avec une majestueuse lenteur. Ça a la taille d’une barque, c’est noir. La nage est d’une incroyable élégance.
Les ailerons aperçus n’étaient que le bout de ses ailes qui sortaient de l’eau par moments.
J’observe l’animal paralysé par un sentiment de stupéfaction mêlé d’angoisse et d’admiration .
L’animal s’éloigne puis tourne et revient vers moi.
Le spectacle est hypnotique. La beauté de cette magnifique créature me sidère.
Je ne sais pas pourquoi mais je revois l’image du dard coupé de la raie pastenague et je me sens coupable de l’outrage fait à sa sœur. J’estime avoir assez profité de ces moments magiques et je rejoins le bateau sans mollir, d’un bon crawl.
Je n’avais aucune raison de paniquer, cependant je n’ai pas souhaité rester dans l’eau plus longtemps. L’animal était quand–même très impressionnant.
Je suis remonté sur le bateau, secoué par l’émotion mais extrêmement heureux de cette divine rencontre.
Nous avons remonté l’ancre. La raie manta curieuse est revenue encore en direction du bateau attirée par le bruit du guindeau. Elle avançait, toujours avec son incomparable grâce.
Puis le bateau a mis en route son puissant moteur. La raie a pivoté et elle a disparu sans même nous dire « Au revoir ».
J’ai encore dans la tête l’image du virage de cette raie sur l’aile, à portée de bras, ondulant dans un mouvement parfait.
Que la nature peut être belle !
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MessageSujet: Re: Back to NC   Ven 8 Aoû - 16:10

Hi hi Pince-moi-les Fesses,

Tu me fais rire avec ton goût du risque et tes exploits nautiques....

J'SUIS PAS INQUIÈTE, TU T'EN SORS BIEN !

Mais dis donc, l'aventure, à chaque fois !
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MessageSujet: Re: Back to NC   Ven 8 Aoû - 16:58

Pour te répondre sur la même longueur d'onde.

Hihi.

Moi aussi, j'ai vécu des sensations nautiques fortes cette été. (Hihi, sans rapport avec les tiennes, mais tout est relatif comme dirait l'autre).

Y'a déjà eu le coup du plongeoir (raconté dans mon texte "La piscine").

Mais y'a eu pire. J'ai cru mourir.

De très grosses bouées, cinq kilos au bas mot et quasi impossibles à déplacer. Ma fille voulait y jouer et j'ai demandé au gars :
"Comment fonctionne ce truc ?"
"Pas compliqué, vous la louez 3 euros la demi-heure, elle est à vous une demi-heure".
Mouais, vachement lourde, la baleine.
"Ne vous bilez pas, je vous aide à la mettre dans l'eau.
(Ben tiens, y'a intérêt !)

Une fois dans l'eau, ma fille est rapidement montée dessus.

Pas moi.

J'Y ARRIVAIS PAS ET DE SURCROÎT, ELLE ETAIT RUGUEUSE, cette foutue bouée de dix tonnes ! Ah, ça râpait à chaque essai ! Pire qu'une planche à voile ! Je craignais d'esquinter ma peau, douce et fine.

Ma fille me lance :
"T'as qu'a passer par en dessous, maman. Une fois dans le trou central, tu verras, t'escaladeras plus facilement l'engin. C'est ainsi que j'y suis parvenue".

Or j'ai horreur d'avoir la tête sous l'eau. J'en prends plein les narines, je nage au-dessus, moi, au dessus de la ligne de flotaison, toujours, toujours.
(Et pas perdre mes lentilles de contact).

Je m'exécute pourtant et vise le trou de la bouée, d'en dessous.
Les yeux fermés, narines pincées, je le trouve pas et...

J'y arrive pas, la bouée rugueuse s'accroche à mes cheveux, un blocage mathématique, ma tête immobilisée est moins lourde qu'elle.

Ah j'ai vu Dieu !

Impossible de la soulever, cette foutue bouée qui me coupait la respiration.
Apnée, apnée, apnée.

Combien de secondes encore ? (car ça se joue en secondes).
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MessageSujet: Re: Back to NC   Ven 8 Aoû - 17:58

Alors, j'ai dû lâcher mon nez pour brasser.

Beurk !

Plein de chlore partout, j'ai dû ouvrir mes yeux.

Beurk !

J'ai dû l'escalader, ce bibendum, ce cachalot, plein de chlore dans mes orifices.

Et on s'étonne que je sois asthmatique

(Non, confonds pas, faute au tabac)

Et on s'étonne que je sois autiste
(Non, confonds pas, t'es juste triste)

Et on s'étonne que je sois belle
(Non, confonds pas, t'es juste myope)
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MessageSujet: Re: Back to NC   Ven 8 Aoû - 22:56

Dis-donc, t'es limite "polio" à la piscine...

Je suis allé à la piscine avec Mimi, ma fille (21 ans).
On a nagé 1250 m ensemble (50 longueurs)

Elle ne sait pas nager le crawl mais nage très bien la brasse en disparaissant la moitié du temps sous l'eau.

Elle m'a demandé de faire une course sur 25 m en brasse.
On est arrivé ex-aequo.

Véxé le PM mais c'est ma fille... c'est la fille à son père, sportive et tout.

Elle est en Ecole de commerce. (3ème année EDHEC)
Elle a commencé à s'intéresser à l'athlétisme.
les spécilaistes de la médecine sportive ont décelé un potentiel cardiaque énorme chez elle. Elle s'en fout... elle préfère le Hip-Hop!
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MessageSujet: Re: Back to NC   Sam 9 Aoû - 1:08

Ma fille est pas mal bonne aussi : elle saute sans rechigner du trois mètres et vient de se lancer du cinq mètres.

Après une plombe de RER, avec ses frères.

Zoubis, je pars demain et je suis nouée

Zoubis, je rejoins mon amoureux mais même pas envie de faire le repas ce soir.

Faut que je cuisine pour mes enfants mais moi, envie de gerber.

Le train, mon oiseau chez l'animalier, ma Lulu aussi, confiée pour dix jours.

A table, à table, je vais me forcer.

Zoubis

Je reviens le 17.
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