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 Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer

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MessageSujet: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Mer 1 Aoû - 13:25



Papa vit des hauts et des bas, mais il est encore en vie.

La bataille juridique pour la tutelle fait rage dans la famille, tandis qu’il ne réalise plus grand chose. C’est triste, atroce même. Mais progressif, on s’habitue à tout...

Il y a deux camps bien distincts : ma mère et mon frère aîné, et mon frère cadet, sa femme et moi.

Je rappelle que je ne voyais plus ce petit monde depuis onze ans et que je le redécouvre. Je recevais papa régulièrement chez moi, seulement papa, j’avais quelques nouvelles des autres, même pas, j’en demandais pas.
On parlait de lui, de son chien, de mes fils, de ma fille, de moi, de son état de santé. Il dînait (bien, je connais ses plats préférés), regardait les infos et le début du film puis disait :
— Merci Cathy, pour ton accueil, à très bientôt.
Il venait toujours, jusqu’en février 2007, avec nos cinq éclairs au chocolat. Un vieux rituel des dimanche de notre enfance.

Comme il est sourd, je correspondais par écrit, chez moi mais également entre deux visites. J’ai un courrier insensé de lui.
J’ai tout retrouvé ces derniers temps et ça fait mal.

Là, en février 2007, il m’a prévenu qu’il ne viendrai plus chez moi, qu’il se sentait trop fatigué. Je l’ai raccompagné comme d’hab jusqu’à sa voiture mais sa démarche était réellement hésitante, titubante.

Ne plus venir chez moi signifiait qu’il fallait que je me rende chez lui, dans son cinq pièces déshabité.
Or....
L’état de dégueulasserie de cet appart de 100 m2 dans le seizième arrt de Paris n’est même pas résumable.

Deux salles de bains, un cabinet à part, NOIRS de merde incrustée depuis des âges... Une cuisine repoussante, pas un verre propre, pas une assiette digne de ce nom... Des tas de sacs plastiques empilés les uns sur les autres dans un angle de cette cuisine plutôt jolie, avant.
Du calcaire et de la moisissure incrustés partout ! Des vieux journaux à même le sol dans le salon, des piles et des piles de Figaro. Dans les quatre chambres, un monceau de balles de golf et de tee, récoltés de çi-delà sur les green...

Cet appartement, quand je m’y suis rendue début 2007, j’ai failli en vomir...

Impossible d’y faire pipi. D’y boire un coup.
Le frigidaire : une infection !!! TOUT y était pourri, ça sentait le cadavre, la souris morte !!! Les légumes baignaient dans leur bac, moisis jusqu’au verdâtre purulent.

Ah, la putain de découverte !
Un pauvre homme livré à lui seul depuis des mois, voire des années...
J’étais loin de me douter, vu que je ne fréquentais plus ma famille.


Ma mère lui tire des chèques tous les mois, elle le reçoit chez elle, ne met plus un pied chez lui depuis des années (27 pour être exacte).
Ils sont séparés de corps depuis 27 ans car il lui paie deux résidences : la maison de campagne à Fontainebleau, dont elle a l’usufruit, et un pied-à-terre à Paris qu’il loue pour elle.

Moi, quand j’ai commencé à foutre mon pif dans cette affaire.... Le pov mariolle de père et la ... et la...

J’ai pas de terme immédiatement sous le coude.

Mon frère et moi avons donc découvert le pot aux roses à l’occasion des deux malaises de mon père, dans la rue, en mars et mai 2007. En mars, il est tombé dans la rue mais l’hosto l’a renvoyé chez lui. En mai, ils ont décidé de le garder six semaines, pour faire le point. D’abord en court séjour, puis en long.

Le premier mai, je suis passé chez lui pour lui apporter du muguet (car c’est le seul homme, qui tous les ans, m’en offrait) et une salade de fruits, car il disait manquer singulièrement d’appétit. J’y ai revu ma mère, il semblait très très fatigué, le teint cireux. Pas rasé, dans son appart puant, un vieux peignoir troué sur ses épaules, les couilles à l’air, ses pieds dans de vieilles pantoufles trouées. Un angle de son canapé en cuir était tout déchiré, on voyait la mousse s’en échaper. Mon frère avait fait changer la moquette et le papier peint d’un pan de mur du couloir attaqué pour dégats des eaux, qui semblait trainer depuis longtemps ainsi. Il s’était consacré deux week-end de suite, avec sa femme à décrasser au maximum. Il n’osait même pas imposer un tel travail à une femme de ménage ! Mon autre belle-soeur s’y est mise aussi, vaillante.
Ma mère : Rien, rien...
Au contraire, elle s’est plainte à moi de leur inititiative : “Tu réalises !!! Sans même demander l’avis de ton père !!! Mais y’a TOUS ses papiers ici !”
Ce premier mai, elle n’a pas pu s’empêcher de hurler, comme d’habitude, devant le pauvre bougre hagard :
— T’as vu comme il est dégueulasse !!! T’as vu l’état de son frigo !!! Ah heureusement que je viens plus... Pas à moi de m’occuper de ça !!!

(Heureusement qu’il est sourd !!! )
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MessageSujet: Mon papa, la panique   Mer 1 Aoû - 13:28



Le 8 mai, j’avais de nouveau rendez-vous avec lui, chez lui, mais il m’avait prévenu la veille :
— C’est pas vraiment le moment, je suis fatigué. J’ai insisté, je voulais lui apporté la cassette de Delarue et une salade de fruits.

La suite de l’histoire, c’est d’abord le moyen séjour, quand je l’ai revu le neuf mai, hospitalisé et seul... En larmes et la bouche dégueulasse. Je suis allée lui acheté des journaux, une brosse à dents, du dentifrice.
Et j’y suis retournée régulièrement, au début seule, jusqu’à ce que j’y croise ma mère.

Qui parallèment m’avait appelée, après onze ans de silence :

— Je suis sa femme, je suis sa femme !

(Ah ouais ???)

Rien sur papa, non des guerres intestines, des médisances :
— C’est moi qui serai tuteur... Non, je ne veux pas la tutelle... Ton frère, j’ai rien contre lui, c’est sa morue dont je ne veux pas... Tu réalises qu’ils ont tout nettoyé chez papa ???? Tu réalises qu’ils sont entrés sans mon accord ??? Dans mon appartement ??? C’est un prétexte... Ils veulent fouiller dans ses papiers car papa est très RICHE.

(Je le sais maman, je le sais depuis longtemps...)

Et lui, pendant ce temps là, à chaque fois, je le trouvais de plus en plus diminué dans son lit d’hôpital, trop haut pour lui. Il fallait se mettre à deux, l’un de mes fils et moi pour le sortir de là et lui ouvrir la porte des cabinets, sinon, il fait sur lui.

Il ne mangeait presque plus rien. Elle ne lui a même pas installé la télé. C’est Pascal qui s’en est chargé.

J’aimais pas rencontrer ma mère quand j’y allais. Mais c’est arrivé, et notamment une fois car mon père me gâtait, il me payait mes charges, les charges de l’appartement qu’il m’avait aidé à acheté (j’ai encore 10 ans de crédit à 1000 euros mensuels, que je paie), mais il m’aide pour les charges).

Elle m’avait d’abord dit :
— OK, viens tel jour à Ste Perrine, j’aurai le chéquier de papa, il te fera ton trimestre de 550 euros.
Puis elle se ravise le lendemain :
— Mon notaire me conseille de ne pas m’en mêler.. Débrouille-toi !
(Sauf qu’elle a piqué les deux chéquiers de mon père).

Elle lui a fait signer plein de chèques, chèque sur chèque, moi, j’ai juste été remboursée, en deux mois, des bas de contention que j’avais acheté pour lui.... Elle tient très fermement la bourse : elle est SON épouse.

C’est effarant. Ce pauvre homme qu’elle maltraite depuis des âges, qui accepte de le laisser vivre seul chez lui dans cette crasse infinie....

Mon frère avait fini par lui trouver une infirmière et une femme de ménage, à partir d’avril, entre ses deux malaises, mais il a fait le second, retour à la case départ : l’hosto de force.

Ah si vous la voyiez maintenant, maman !!!! Elle rayonne, parle fort, s’agite en tous sens pour montrer sa présence au personnel soignant. Même les bas de contention que j’avais mis huit jours à trouver et que j’avais payés de ma poche, elle a fait tous les bureaux pour prévenir les infirmières “Qu’elle les avait, qu’elle les avait !” Autant de cupidité et manipulation m’écoeure.

Donc, elle se ravise pour mon chèque des charges et on essaie de trouver une solution, vachement simple :
Je passe à l’hosto, je demande la sortie de ses clefs du coffre, je file chez lui prendre un chéquier (qui est dans la poche de ma mère, lol!), je viens lui faire signer le chèque. Je retourne chez lui déposer le chéquier, puis je reviens à l’hosto pour rendre ses clefs, tout ça avant 17 heures.

On y était donc allés, mon fils âiné et moi, dans cette intention.
Ma mère était assise en face de lui, assis dans son lit, quand nous sommes arrivés. J’ai très vite lancé le sujet car je ne suis pas hypocrite : j’étais venue pour ça ce jour-là.
Quand il a lu mon mot, mon père a eu un geste d’impatience :
— arf !!!! Demain je sors, tu peux attendre demain, non ?
— non papa, je ne crois aps que tu sors demain
— L’orthophiste m’a dit que j’allais beaucoup mieux et que je pourrai sortir dès demain... Là j’attends la visite de soin, tu sais ce que c’est une visite de soins ?
— Non, papa, tu ne peux sortir comme ça... Nous serons d’abord réunis par les soignants, ta famille, pour décider de la suite.
— Tu sais ce que c’est une visite de soin ? Il regarde sa montre.
Ah, il est déjà 18 heures... Ils sont longs, ils sont longs... Je veux rentrer chez moi.
— Ma mère est alors intervenue, très sèchement :
— Tu vois pas que tu le fatigues Catherine ?
— Mais maman, c’est ce qu’on avait décidé, pour ce soir, c’est trop tard, mais je le prépare à la douloureuse...
— Tu vas le mettre dans de mauvaises dispositions pour la visite... Ah, t’es vraiment pénible ! Qu’elle emmerdeuse !
— Maman, tu ne me parles pas comme cela !
— Non, “Madame”, rétorque mon fils, n’agressez pas ma mère ainsi !
— Ben puisque c’est comme ça, je pars ! Ah, t’es bien le fils de ta mète, toi !
Et elle se casse (bon deb).
Mon père regardait sa montre toutes les trois minutes :
— Ah, il est maintenant 18 heures 03, tu sais ce qu’ils fichent ???
— Et à 20 heures 45, ils me servent mon déjeûner...
— A 20 h 45 précises, papa ? Pourquoi 20 h 45 ?
— Parce que j’aime manger devant les infos, mais ils viennent à 19 heures... Ah 18 h 05... Mais qu’est ce qu’ils fichent ?

Je me suis renseignée auprès de l’équipe soignante. J’ai laissé mon fils à son chevet, qui étudie le droit (comme mon père l’a étudié), et ils ont parlé politique par l’intermédiaire du cahier. Il ne s’est trompé nulle part sur le nouveau gouvernement.
Dans le bureau du chef toubib, j’ai juste passée la têt :
— Non, il n’y pas de visite ce soir, nous sommes déjà passés ce matin.

Un vendredi à 18 heures, dans un service de gériatrie de court séjour, ça m’étonnait aussi. On est pas aux uregences porte ici. C’est plutôt calme en fin de journée.

Et rebelotte, j’explique à mon papa, qui regarde de nouveau sa montre :
— Ah oui, 18 h 12... Ils viendront plus.... Je vais attendre le déjeuner alors.

On est resté encore une petite demi-heure, mais mon père nous a fait comprendre que de lire les questions de mon fils et d’y répondre, le fatiguait. Alors on est partis.
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MessageSujet: L'hosto   Mer 1 Aoû - 13:32



Samedi 7 juillet, mon père à l’hosto depuis cinq semaines et jusqu’au jeudi 12, mon frère ma proposé une petite après-midi ensemble : sa femme, son fils Nico, lui, ma fille Marie-Cha et moi. Mes fils étaient chez leur père, j’ai accepté avec plaisir.

Il voulait m’entrainer au jardin du Luxembourg, mais y’a trop de tentations là-bas : un manège, du kart, des balançoires, des mulets, un espace jeu bondé... Et tout ça pas gratuit. Alors les enfants salivent : “j’veux faire ça, j’veux faire ça, s’il te plaît maman...”

Et on paie deux à trois trucs (un euro les cinq minutes) et pis on finit par dire “non” et le gosse, il pleure ou pire, le gosse, y nous déteste en silence.

J’ai facilement convaincu mon frère, on s’est acheté des beaux gâteaux chez le boulanger, du coca, de l’eau pétillante... Et on a pique-niquer dans ma courette. On a discuté à bâtons rompus, on a pris des photos, l’ambiance était vraiment joyeuse, top cool. Nico, mon neveu, s’est tout de suite entendu avec Marie-Cha, ils ont joué, un peu à l’écart, à la game boy.


Et sur le coup de 18 heures, mon frère à dit :
— Si on allait voir le pater ?
— Quelle bonne idée, je suis partante.

Il crèche à 20 minutes de chez moi, un coup de bagnole, on l’a vu de loin, dans le parc, dans sa p’tite chaise roulante et en peignoir (pas troué), ma mère à ses côtés.
Pascal (mon frère) a hésité à rebrousser chemin.
— Mais non, Calou, on est en force, là, elle fera pas le poids...

Ah les Dalton !!!

J’ai trop aimé notre arrivée sur la grande allée qui menait à sa table... Les cinq côte à côte, on occupait l’espace, de grandes enjambées à la Sergio Léone. Manquait plus que le fond sonore d’Enio Morricone, l’harmonica.

Là, j’ai trop ri, quand ma mère nous a vus, elle a détalé comme un lapin... En rasant le mur de la cafet, elle a filé. Je sourais et j’ai vu qu’elle se marrait aussi. Un film !!!

Papa était en très bonne forme, souriant, jovial, heureux.

Mon frère lui a demandé combien d’argent maman était encore venu lui soutirer.
Il a dit :
“Elle m’a fait signer une procuration pour l’appartement de Chili-Mazarin.”

Cet appart, mon frère vient de l’apprendre, est actuellement en pour-parler de vente. Pour la modique somme de 190 000 euros. Un F3 dont mon père est proprio depuis 25 ans. On ne le savait pas, évidemment.

— Et tu crois qu’elle va le vendre ?
— Oui, oui, acquiesse mon père, tout vieux, tout rabougri, mais souriant
— Et elle va faire quoi de l’argent ?
— Eh ben elle va le placer, pour moi
— Ah ouais, t’es sûr ?
— Ben oui, j’suis sûr ...

Ni une, ni deux, Pascal a téléphoné au notaire qui lui a confirmé que vu l’état de papa et le rapport de l’expert psychiatre, aucune procuration n’était valable.

On est rentré tranquille après avoir déposé papa dans sa chambre. Son repas l’attendait et il a dit à Marie-Charlotte qui salivait devant son escalope panée, sans doute froide :
— Tu la veux ? Tu la veux ? ... Tu es gentille... Et très jolie... Je ne te dis pas cela pour te faire plaisir, mais parce que c’est vrai.

Mon frère lui a rallumé sa télé, car ma mère débranche la prise par en dessous et le pauvre ne sait plus l’avoir.

Pourquoi fait-elle cela ? Mystère.

Elle l’a sortie de l’hosto samedi dernier 14 juillet, elle n’avait pas le choix, le long séjour de Ste Perrine fermait et lors de la réunion de famille (mes deux frères, ma mère et moi), l’assistante sociale a été très ferme.
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MessageSujet: La sorcière   Mer 1 Aoû - 13:50



Ma mère a assuré toute la semaine : l’appart de mon père est maintenant nickel, Annie, l’aide auxilière de gériatrie est une gentille jeune femme toujours souriante et volontaire. Il n’a passé qu’une nuit seul, une autre aide vient dormir la nuit, depuis hier, mardi 16 juillet 2007, dans une autre chambre propre. Je n’ai pas encore rencontré cette femme car je n’y vais pas la nuit.

Ma mère s’est cassé le cul, une seule fois dans sa vie, car hier midi, y’avait une inspection. Or elle veut la tutelle, pour mettre la main sur les millions de mon père. Faut qu’elle passe pour un ange !!!

Elle dit :
“Je suis son épouse”
Je réponds :
“Non, maman, 27 ans que tu as quitté le domicile conjugal”
— Et alors :
Nous sommes deux vieux qui nous aimons de loin, nous faisons appartement séparés, quoi de répréhensible ?
— Non maman, tu as laissé papa dans un état d’indigence grave...
C’est Pascal, Marianne et Mumu qui ont tout nettoyé... Moi je n’allais jamais chez lui, je le recevais chez moi, je ne savais pas l’état de crasse des lieux.

Son discours est curieux car Pascal, mon frangin, pense qu’elle a détourné des fonds qui ne lui étaient pas destinés (de l’ordre de 250 000 euros, au début de l’année).
Comme elle me rappelle depuis deux jours, je lui en ai parlé. aujourd’hui, elle porte une main courante contre nous.

Elle me jure sur ma tête et la tête de ma fille qu’elle n’a jamais vu ce pognon....

Qu’elle ne jure pas ainsi, je l’engueule, non mais sans blague ! Onze ans que je ne la vois plus et que je réalise qu’elle a laissé, tranquillement, crever mon père...

Longtemps qu’on aurait dû nettoyer son appart, prendre une femme de ménage, une infirmière....
J’ai honte, j’étais pas au courant. J’allais jamais chez lui, et chez moi, jusqu’en février 2007, il semblait en forme. Ralenti certes, mais bon appétit, joyeux.

Et le bouquet...

Elle me sort avant-hier :

— De toutes façons, je vais me remarier...
J’ai quelqu’un !!!!!
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MessageSujet: Papa chez lui   Mer 1 Aoû - 13:56



Le samedi suivant, papa était chez lui, dans son appart de cinq pièces dans le seizième, que je n’ai pas reconnu : une propreté IMPECCABLE.

Maman ne l’a pas sorti le jeudi comme convenu, trop dépassée, mais le samedi, il avait enfin regagné ses pénates.

Je n’y suis pas allée samedi, j’ai eu les news par mon frangin : une gentille femme, Annie, était à son chevet pour la journée. Mais maman n’avait pas encore prévu la garde de nuit, ni la location du fauteuil roulant, pour qu’il sorte un peu, avec “L”auxiliaire de vie en gériatrie”.

Pascal est passée m’y conduire dimanche, avec sa femme mais sans son fils qu’en avait marre. Marie-Cha était du convoi. On a sonné. Annie nous a ouvert, j’ai vu mon père hagard, assis devant la table du salon, muet, autiste.
Son teint était tellement cireux, pré-mortem, que j’ai failli faire un malaise.
Ma mère était assise en face, je l’ai quasiment ignorée.

J’ai dû prendre un cp d’Avlocardyl car mon coeur dansait la chamade. Marianne, ma belle soeur, m’a soutenue et frotté le dos. En sa compagnie, j’ai quitté le salon pour rejoindre Annie dans l’une des salles de bains. Elle étendait le linge et ça sentait bon la lavande. Son sourire m’a tout de suite plu. On a discuté quelques minutes, j’étais flanchante, ma tête tournait terrible, j’avais du mal à

Elle m’a rassurée :
— Ne vous inquiétez pas, c’est normal, il vient de changer de lieu, il faut qu’il se réhabitue de nouveau à vivre chez lui.

Très gentille femme, très douce et à priori compétente, l’appart était nickel. Les placards, le frigo, la moquette, les cabinets... Etat neuf !
— Ben oui, s’excuse-t-elle... Je suis un peu maniaque... Et puisque je suis là, je vais pas me tourner les pouces.

Retour au salon :

Mon père, complètement hagard.
Ma mère, sur son fauteuil en face.

Et là, s’est engagée une grosse discussion à propos du fric, entre mon frère et ma mère.

Ils ont failli en venir au main...

Elle demande ses 5000 euros de pension mensuelle (elle était à 4000 avant la maladie de papa) mais là, elle veut 5000 dorénavant.
(Parce qu’elle le vaut bien).
Pascal lui répond que c’est impossible car il faut payer toutes ses gardes, de nuit, de jour, le fauteuil roulant, l’infirmière...
Et que papa ne touche que 7 600 euros de retraite mensuel.
— J’m’en, fiche, crie ma mère, c’est pas 7 600 mais 15 000
— D’où tu sors ça ?
— De l’Espagnole des actions, suffit de vendre des actions.
— Donc tu veux tout ??? Ca te suffit pas les 450 000 euros que vient de te donner papa ? Tu veux en plus grapiller sur ses actions ?

Marianne s’en mèle :
— Pourquoi 5000 euros ? C’est un salaire de ministre !
— Oh toi, ta gueule ! Envoie ma mère, toi, la putasse, tu la fermes !
— Eh oh Maman, là tu parles à ma femme, répond Pascal... Tu ne lui parle pas ainsi ou je me fâche
— Vos gueule bande de tarés, vous partez de là immédiatement, vous virez...

J’interviens :
— Maman, calme-toi, on a les enfants qu’on mérite
— Oh toi, t’es folle, me répond-elle, complètement folle... Pascal tu vires et t’embarques ta putasse, je ne veux plus la voir chez moi !

J’interviens :
— maman, ça fait 27 ans que tu n’habites plus ici... Tu as quitté papa y’a 27 ans... On est aussi chez nous ici, autant que toi...

— Bon j’appelle la police j’appelle la police et voilà que le pantin se met à tourner dans tous les sens, elle ouvre la porte de l’entrée en hurlant :

— J’appelle la police, j’appelle la police !!!

mon frère lui répond :
— Appelle, appelle, OK, on l’attend de pieds fermes, ta police.

Ma mère se rassied au bout du salon. Tout en gueulant sur la poufiasse d’épouse de mon frère qu’elle ne peut pas saquer, qui veut voler l’héritage de papa...

Mon frère s’énerve, empoigne l’un des poignets de ma mère :
— Tu retires ce que tu viens de dire, tu retires immédiatement....

Pendant ce temps, papa, hagard, au même endroit, collé sur sa chaise devant la table du salon. Inerte, atone.
Un gros mollusque, une moule sur un rocher.

A un moment, il a voulu enlever l’un de ses pulls (deux, il en avait sur le corps, en plein juillet). Il est resté bloqué car il est apraxique, il ne sait plus gérer ses mouvement.
Ma mère a appelé Annie qui était restée pour nous connaître mieux. Elle devait partir à 18 heures mais elle discutait dans l’entrée avec Pascal.
— Annnne ! (elle l’appelle Anne, elle n’a pas retenu son vrai prénom)
— Annnnne !

— Oui, répond Annie
— Pouvez vous l’aider à retirer son pull ?

— Mais maman, je dis... Tu peux pas le faire toi-même ?
— Ben non, j’la paye, elle doit le faire

— Mais maman, (j’étais blanche)... c’est trop d’effort pour toi que d’aider papa à retirer son pull ??? Putain, t’es juste à côté !!!
— Désolée, mais je la paye, c’est son boulot
— Non maman, elle devrait déjà être partie, il est presque 19 h or elle s’arrête à 18 heures.
— J’lui paierai ses heures sup
— T’as vu comme tu la traites ? C’est ton esclave ?
— Oui c’est mon esclave, je la paie donc elle doit obéir........
— TU N’AS PAS HONTE ??? MAMAN ... Cette fille est adorable, TU N’AS PAS HONTE !!!

J’allais partir car pour moi c’était suffisant, mais ma mère s’est cassée. En claquant la porte.

J’ai regardé mon père devant sa table. Il s’est mis torse nu, il devait avoir chaud. Complètement autiste.
Après, il a voulu enfiler sa chemise, dans le mauvais sens. Incroyable ! : les motifs (la face colorée), dans l’autre sens et les manches, dans l’autre sens aussi, il enfilait le truc comme une brassière de bébé...

Y’avait vraiment de quoi chialer....

On est resté entre nous, on a fait davantage connaissance avec Annie.
On a blagué sur la démence de ma mère (encore plus grave que celle de mon père).


J’ai passé une très mauvaise nuit.
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MessageSujet: Lulu   Mer 1 Aoû - 13:59



Hier, j'ai apporté à papa mon cochon d'Inde Lulu.

Pour l'éveiller vu qu'il est atteint d'une maladie d'Alzheimer galopante et qu'il n'en a plus pour très longtemps.

Au début, il a dit :
— Je ne veux pas de charges
J'ai répondu :
— C'est pas une charge papa, juste la p'tite Lulu. Je viendrai tous les trois jours nettoyer sa cage..
Regarde comme elle est mignonne !
Je l'ai posé sur son Figaro ouvert et il a commencé à la caresser.
— Elle est belle, vrai qu'elle est belle !

Il souriait comme un bienheureux. J'hésitais, je voulais lui acheter un puzzle, mon frère Pascal proposait un chien... On savait pas quoi faire.

Donc j'ai pris un taxi et j'ai "prêté" ma Lulu à papa. Pour voir.

Ma mère, qui n'a jamais habité cet appart depuis 27 ans, était là. Même pas bonjour :
— Tu es "chez moi".. Ah non, ah non, pas de cette saleté ici... J'appelle l'association (Ancrage)

Mon père s'amusait avec ma bestiole, j'étais contente.
Ma mère a crié :
— Je file porter plainte à la police !
Et elle a claqué la porte sur elle.

Pourquoi la police ? Pour une petit cochon d'inde Adorable ?

Ce matin, vendredi 20 juillet, le lendemain, j'ai téléphoné à mon père et je suis tombée sur Annie, la fille ultra sympa qui s'occupe de lui le jour.

J'ai demandé de ses nouvelles, il allait bien, bon déjeuner, bon caca, la toilette.
OK J'ai dit, mais pour Lulu, pas de problèmes ?

— Non, tout va bien me répond-elle.

Je lui explique qu'il faut mettre la bestiole sur son Figaro quand il lit, juste pour qu'il la caresse et l'apprivoise, et qu'elle n'a rien à faire de plus que de lui donner de l'eau et remplir son réservoir de graines à midi. C'est tout. Moi, je passerai nettoyer la cage tous les trois jours...

Ca roule, bisous (j'aime bien Annie, c'est une fille consciencieuse).

Je rappelle à 19 h
Et là, ma mère décroche !!!!

— Tu es CHEZ moi ... T'appelles pourquoi ?
— Je voudrais des nouvelles de papa et de Lulu
— Ah la bestiole, elle est plus là... L'"Association" l'a prise !
— Non, tu déconnes, arrête... Ils l'ont emmenée où ? C'était un prêt, c'est MA Lulu... Je l'ai juste prêtée à papa pour voir...
— Ah ben maintenant...
— Non mais t'es naze ??????? Attends c'était mon animal, MA Lulu, que j'ai prêté à papa pour voir si ça lui rendait un peu de gaité, et tu l'as foutue où??? A la poubelle ?????

Ma mère a raccroché.

Et depuis

On peut plus joindre l'appart de papa.

Par bonheur, j'ai ses clefs.

Je me demande si je ne vais pas, tout simplement, assassiner ma mère.

Ce serait très con, quarante six ans que je supporte .....
Faut tenir encore un peu.

Zen, Zen

J'ai dit à mon frangin ce jour qu'il fallait plus que j'y aille.

Parce que j'ai des pulsions dingues.

Ma mère s'enfuit dès qu'elle nous voit parce qu'elle a bien compris qu'elle était à tuer.

C'est grave, je suis inquiète. Mon père, bof bof...
Je raconte pour poster sur mon forum, mais c'est port nawak.

L'autre fois, il s'est trompé de lunettes, il a chaussé les miennes, il chie sur lui, il pige que dalle à rien.

Il regarde sa montre 25 minutes, il la tourne, la retourne, on sait pas trop à quoi il pense. Il prend son verre en face, il fait un geste qui veut dire "remplis-le" !

Après, il se concentre dessus. Il met l'eau dans sa bouche mais il n'avale pas.
Il n'avale pas.

Il fait une bouche en cul de poule à la Jean Réno, c'est atroce. Il regarde son verre, se sert, bouche à la Jean Reno, n'avale pas.


Il est foutu, maintenant je m'en fiche, j'ai trop chialé et ma Lulu, je l'ai perdue .....
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MessageSujet: Naïma   Mer 1 Aoû - 14:05



Cette nuit, dimanche 22 juillet, j’ai embarqué ma fille sous le coude et je suis allée dormir chez mon père.
J’y pensais depuis son retour at home. Je ne travaille pas, mes fils sont partis jusqu’au 15 août perfectionner leur anglais (et leur langue) à l’Ile de Malte, j’avais les coudées franches. Je voulais voir comment se passait ses nuits.
La dame qui m’a reçue à 19 heures ne s’est pas offusquée, ce n’était pas Annie mais Mahina. Elle m’a tout de suite dit :
— Vous êtes ici chez vous, avec un grand sourire.
Mon père était à table, devant un steack hâché, qu’il mangeait de bonne appétit, et un yaourt pour le dessert. Il ne s’est pas interrompu, je n’y tenais pas, je sais qu’il se restaure très lentement et qu’il s’agit de moment sacrés.
J’en ai profité pour faire la connaissance de cette femme dévouée. Incroyable ce que les auxiliaire de vie sont simples, humaines, souriantes, attentives !!! Elle m’a montré ma chambre, une seule était pourvue d’un lit une place (en dehors de celle de mon père, et de celle que s’est installée ma mère, en urgence, mais qu’elle ferme à clef). Elle n’a aucunement l’intention de passer une seule nuit chez mon père, mais c’était pour l’inspection. Pour leur faire croire, comme à tous les autres, que c’était une épouse parfaite. Mon frère m’a dit qu’elle y a mis ses pantoufles, quelques sous-vêtements, quelques produits de beauté... Son pyjama, sa robe de chambre.
Ah la comédienne !!!!

Du coup elle bloque une chambre pour rien alors on a dû fabriquer, Mahina et moi, un lit de fortune à Marie dans ma chambre, deux couettes à même le sol.
Vachement engageant comme piaule :
La lampe de chevet ne s’allumait pas
les stores ne descendaient pas
ma propre housse de couette était largement trouée, de quoi y faufiler une jambe entière.

Bof, je n’étais pas venue pour le confort mais de voir mon père mangé si consciencieusement, m’a donné l’envie de me payer un resto. Au moins quatre jours que je n’avais fait que grignoter... Je le méritais bien.
On a trouvé, entre 20 h et 21 heures un Italien très agréable, qui s’est peu à peu rempli de gens chicos (le seizième...). Il était hors de prix mais je n’avais rien dépensé en bouffe depuis quatre jours alors j’ai commandé une escalope al lemon pour Marie, un foie de veau pour moi, une demi-bouteille de Valpollicella.
Non seulement on s’est régalées, mais on a sympathisé avec la tablée de droite (une famille de six personnes, avec deux hommes très séduisants : le fils, la vingtaine et le père, la cinquantaine, divorcé et encore très sexy : jolie chemise à rayure, jolies dents, souriant.... Je raconterai plus tard comment je l’ai abordé mais ce n’est pas le sujet actuel).
Le jeune couple de l’autre côté ne semblait pas non plus dans le besoin. Entre vingt et trente ans, charmants aussi. On a passé un bon moment très détendant (mais 45 euros quand même !)

Papa n’avait pas fini le steack quand on est arrivées mais il avait fini le yaourt. Il regardait sa montre régulièrement. Il souriait par instant.
Mais deux détails m’ont encore terriblement perturbée :
Il n’a pas arrêté, avant d’aller se coucher une heure plus tard de se carresser le visage. Un coup le front, ensuite les joues, puis le front, puis les joues.... Comme un tic qui ne cessait pas.
— Et ho papa ! me suis-je exclamée au bout de dix minutes... Pourquoi tu fais ces gestes ??? Ca te pique ? Ca te gratte ?
Il ne m’a pas répondu, a continué de plus belle.

J’ai réinsisté mais sans succès. Il était redevenu autiste, comme la fois d’avant. Juste ce geste l’intéressait. Il ne parlait plus non plus, dans son monde...
J’ai remarqué des petits boutons rouges sur sa joue gauche. J’ai pensé à une allergie médicamenteuse, mais rien sur la joue droite. Pourtant il se frottait les deux pareillement, comme un ballet incessant de ses mains. Il se frottait aussi beaucoup les yeux et le droit présentait une conjonctive sanguinolante.

On a décidé de se coucher Marie et moi, on a salué la douce Mahina. Papa m’a dit :
— Tu vas dormir ?
— Oui papa, on est fatiguées (le valpolicella)
— Bonne nuit Cathy
— Bonne nuit papa
Et c’est alors qu’il sèche devant ma fille :
— Bonne nuit.... Bonne nuit..... Ah je m’en souviens plus !
Il avait oublié le prénom de sa petite fille !

— Ne vous inquiétez pas, il est tard, votre père a sommeil.
Tu parles que je m’inquiète pas, dans six mois, il ne reconnaît plus personne !

Je me suis endormie d’un coup mais à 3 du matin, je n’avais plus sommeil. Comme chez moi en pire. Chez moi, dans mon dodo à moi, je tiens jusqu’à 5 heures. Je suis allée voir au salon. Vahina dormait dans le canapé tout défoncé, recouvert d’un plaid qui cachait le gros trou. Elle s’était mise en chien de fusil, ses petits pieds nus, je suis repartie dans ma chambre. Et j’ai tourné, tourné, tourné entre mes draps déchirés, en vain. Sans lampe de chevet, je ne pouvais lire l’un des romans que j’avais apporté. La lumière du plafonnier, bien trop crue, aurait réveillé Marie, qui sommeillait, archi confiante, sur son matelas de fortune.

Il pleuvait à torrents, les lampadaires de l’immeuble d’en face éclairait la pièce d’une lumière tamisée et douce. Je retrouvais les nuits de mon enfance, je ne ressentais aucune anxiété et même pas de peine. C’était ainsi, fallait se faire une raison. Ma fille était à côté de moi, mon père dans son lit, une gentille femme nous secondait... Presque le bonheur.

Et c’est alors que j’ai entendu des bruits, car mon père tousse très fort la nuit. Il se réveille régulièrement pour faire pipi et cette nuit, caca aussi. Il n’a pas eu le temps d’atteindre son cabinet perso, alors il s’est chié dessus et Vahina a dû le nettoyer et changer son calbut.
Quel courage !!!

A partir de là, je l’ai rejointe dans le salon et on a parlé deux bonnes plombes. Sur sa vie, sur la mienne. Célibataire est sans enfant, Vahina était juriste, elle exerçait dans la finance, jusqu’à ce que son père marocain et qu’elle adorait, tombe gravement malade. Il a été placé dans une maison de retraite, dont elle payait les frais et horrifiée par le traitement qu’on lui imposait... Horrifiée car il est décédé très vite... Elle a choisi de changer de carrière et depuis dix, après une formation, elle exerce comme aide auxiliaire en gériatrie chez des particuliers.
Parce que ça lui plaît.

Elle m’a raconté ses patients, j’ai tout écouté avec attention. Elle m’a donné de bons conseils, à la fois juridiques et humanitaires.
J’ai trouvé cette femme vraiment formidable, j’ai apprécié la qualité de cet échange. je me suis recouchée à 6 heures.

Toutes les demi-heures, elle allait voir papa, car il ne dormait plus :
— Ca va Monsieur J ? Ca va ?
— Oui, oui, ne vous inquiétez pas !
(Qu’est ce qu’ils gueulaient, vu qu’il est sourd !).
— Ca va Monsieur J ? Ca va ? Vous voulez aller “à la toilette” ?

Elle l’y a conduit deux fois en deux heures.

J’ai recommencé à entendre des bruits vers six heures 30 du mat. Une conversation entre eux mais là je sombrais de nouveau dans les bras de Morphée. Impossible de ressortir du lit.

Réveil dès 8 heures trente, je retrouve ma chère Vahina en pleine forme, moi j’ai les yeux cernés et envie de vomir (le Valpolicella).
Elle attend la relève (Annie) qui arrive dès 9 heures.
Ma fille a bien dormi aussi. En revanche, mon père a tenu à petit déjeuner dès 6 h 30, les bruits que j’entendais, et là il dort comme une massue.
Un petit détail triste :
“Il ne voulait pas rater le réveil des enfants, d’où son impatience a être debout”.

Je souhaitais qu’il finisse sa nuit (tu parles d’une nuit, il a dormi trois heures au max), je voulais qu’il récupère. Le changement de rythme jour-nuit est typique de la maladie d’Alzheimer avancée. Ils sont désynchronisés.
Et quand j’ai demandé à Vahina s’il était vraiment préférable d’aller le voir toutes les demi-heures la nuit. En hurlant si fort.

Elle m’a répondu
— Oui, car on ne sait pas ce qu’il peut arriver. Il peut tomber de son lit, ou faire sur lui. Faut vérifier tout le temps.
Et Annie que j’ai vue dès neuf heures a abondé :
— Les nuits sont plus dures que les jours car il faut rester très vigilent. La majorité des décès surviennent de nuit.

Vahina, entre quatre et six, m’en a raconté deux. c’est un métier terrible et je tire mon chapeau à ces femmes si courageuses.

J’y retournerai la nuit, je crois, même si je n’ai pas vu mon père davantage que de jour car je suis partie à 10 heures et il ronflait encore.
Mais l’ambiance est sympa la nuit, grâce à ses femmes. Elles sont très fortes, très apaisantes.

Je me suis sentie retomber en toute petite enfance, quand je vivais loin de ma mère, chez ma tata Marie, en Haute Savoie. Une sensation curieuse de protection absolue.
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MessageSujet: La cruauté n'a pas de limite   Mer 1 Aoû - 14:09



Mon frère m'a donné le numéro de l'association, je viens de les appeler pour qu'ils ne se débarassent pas de Lulu et me la rendent.
Mais on ne peut pas les joindre le week-end. Je dois donc attendre lundi...

J'étais vénère hier !!!!

J'en reviens toujours pas, d'ailleurs, que ma mère ai pu faire ça !!!!

C'est monstrueux de cruauté !

Je vais faire un break, ne plus visiter mon père pendant plusieurs jours. Histoire de retrouver mon calme. Je sais que ma mère n'y dort pas mais si je n'y passe que la nuit pour éviter de la croiser, que va-t-elle faire de mon pyjama ?

Le problème de fond, les filles, pour vous expliquer un peu, est que ma mère a quitté mon père y'a 27 ans, mais que comme elle ne travaille pas, elle est restée en contact avec lui car il l'entretient.
Il lui a donné l'usufruit de la résidence secondaire à Fontainebleau, dont il paie les charges, le téléphone etc... Elle y passe la moitié de la semaine, seule, pour s'occuper de son cheval. Nous n'avons pas le droit d'y aller, nous les enfants.
Le reste de la semaine, elle vit dans un appartement à Paris, que mon père loue depuis des années et dont il paie les charges, le téléphone etc...
Il lui donne 4000 euros par mois pour ses deux voitures, son cheval, ses restos...
Ils ne partent jamais en vacances ensemble, se croisent peu et avant de tomber malade, papa menait une petite vie de divorcé avec son golf tous les matins, son Figaro et nous, qui l'invitions (moi) à dîner régulièrement, mon frère Philippe qui le recevait en vacances chez lui et mon frère Pascal qui venait le voir le plus souvent possible.
C'est lui qui a réalisé le déclin de papa au début de l'année.
Il a vraiement eu honte de l'état de l'appartement de papa, dans lequel ma mère ne mettait jamais les pieds. Alors avec sa femme, ils ont changé la moquette, réparé les dégats des eaux, posé un nouveau papier peint. Ils ont commencé le gros du ménage, le récurage des cabinets à l'acide chlorhydrique, les vitres etc...
Puis ils ont fait venir une femme de ménage, contre le gré de ma mère.

Mon père a fait un premier malaise en mars, il est tombé dans la rue et les médecins ont diagnostiqué des troubles du rythme cardiaque. Ils lui ont donc donné un antiarythmique et un anticoagulant pour éviter une embolie cérébrale (caillot dans le cerveau).
C'est alors qu'il s'est mis à faire n'importe quoi avec ses médicaments : comme il vivait seul, soit il en prenait trop et se mettait à saigner de partout, soit il en prenait plus, pour pas saigner.
Evidemment, ma mère ne voyait rien, moi non plus d'ailleurs, quand je l'appelais, il semblait très lucide et nos courriers échangés n'étaient pas alarmants.
Seul mon frangin Pascal s'est rendu compte de la situation et il a embauché une infirmière, contre le gré de ma mère. Celle-ci ne voulait pas de "bonnes femmes" chez papa.
En outre, elle craignait que les aides à domicile n'empiètent sur sa propre pension alimentaire : "Ton père a une petite retraite, comment fera-t-il pour tout payer ?"
Sa retraite est de 7600 euros, je viens d'apprendre tous ces chiffres. S'il décède, ma mère touchera 1 millions d'euros d'assurance vie. Il possède énormément d'actions un peu partout et plusieurs appartements.
Il est très riche.

Mon père n'allait pas bien du tout le premier mai, quand je suis passée lui apporter de la salade de fruits (son souhait) et du muguet. C'était la première fois que je le voyais ainsi, vaguement hagard, pas rasé, dans une robe de chambre trouée, des pantoufles trouées, sans slip en dessous ! Là il m'a inquiétée. Son frigidaire était plein d'aliments pourris.
J'ai repris rendez-vous la semaine suivante, pour le 8 mai.
J'ai sonné à 13 h : personne n'a répondu. Et pour cause, il s'était enfui.

La police l'a retrouvé le soir vers 20 heures, perdu sur un banc. Il a été hospitalisé en gériatrie six semaines. Il vient seulement d'en sortir.
Diagnostic : Alzheimer.
Une mise sous tutelle a été demandée. L'affaire est en cours.

Et ce qui est vraiment énervant.... C'est que ma mère qui le laissait croupir depuis des années, soudain, s'est métamorphosée en femme parfaite. Elle a piqué ses deux chéquiers et c'est elle qui gère son pognon. Donc, elle se sert allégrement. Elle vient de lui extorquer 450 000 euros pour s'acheter un appartement à Paris. Elle tente de s'attaquer maintenant aux actions et de vendre l'un de ses appartements.

Parallèlement, elle s'est remise à passer ses journées chez lui. 27 ans qu'elle ne vivait plus là mais c'est "Chez elle". L'hosto lui a imposé de prendre des aides à domicile : une femme de jour et une femme de nuit. Elle exige maintenant 5000 euros de pension pour elle et elle veut taper dans les actions pour payer les aides.

Ce qui est énervant est qu'il est flagrant que c'est la tutelle qu'elle veut, qu'elle en à rien à battre de mon père. Alors elle joue la comédie à tout le monde "Mon mari", "Mon mari"... Y'a pas trois mois elle l'appelait encore "le vieux" ou "ton radin de père" ou "le crasseux".

Ca me met hors de moi de la voir toute mielleuse devant les aides.
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MessageSujet: La guerre juridique   Mer 1 Aoû - 20:14


Je me sens un peu mieux....
Car j'ai trouvé un avocat super.
J'avais peur pour les sous, mais j'ai droit à l'aide juridictionnelle.
Parce que je suis "chômdu" avec trois enfants à charge.

Donc, demain, je file chercher le dossier de l'aide juridictionnelle
dans l'ile de la Cité, Paris.

L'état paiera mon avocat (donc vous, les salariés).



C'est vraiment bien foutu en France.

Ma mère, elle veut tirer sur les actions de mon père pour payer les aides non remboursées par la sécu. Elle exige pour sa pomme 5000 euros mensuels...

Je vous informe :
Tous les soins médicaux : kiné, orthophoniste, infirmier(e) à domicile... sont remboursés à 100% dans la maladie d'Alzheimer.
Les aides soignantes à domicile sont au frais du malade.

Ma mère s'exige 5000 euros or la retraite de mon père n'est que de 7600 euros.

Donc, il faut la contrecarrer.

Elle va vivre encore une trentaine d'années et dépenser le patrimoine familial si je ne fais rien car elle n'est pas très "normale".

On ne sait pas ce qu'elle fait du fric (enfin si, on voit qu'elle fait signer des chèques à papa, dans tous les sens, genre : frais divers : 2220 euros !). Mon frère surveille les comptes et c'est de la folie !!!!


Alors que j'ai du mal à payer de nouvelles lunettes à Simon, qui ne voit plus de l'oeil gauche.

Que Simon n'a rien eu pour son anniversaire à dix huit ans et le bac avec mention bien ????

Papa donnait toujours 50 euros à mes enfants pour leur anniversaire.
Et il fêtait aussi la sainte Charlotte le 17 juillet .... (20 euros)

Non, y'a plus rien, ma mère pique tout.

Comme elle a failli se prendre une sacrée baigne la semaine dernière, par mon frère qui n'en peut plus




Elle m'a donné RV et a fait signer le chèque de mes charges trimestrielles par papa.

Il ne signe plus comme avant, je ne suis même pas sûre que le chèque soit valable...

Avant il faisait une nef très jolie... Un joli bateau et là, il met : Louis J...

Et elle m'a dit :
— Tu le tires pas avant le 26, sinon, ton père passe dans le rouge.

Ah je me marre trop !!!

En juillet, dès le quinze, y'a plus un euro sur le compte en banque (courant) de papa.

Il a plein de fric partout, alors elle veut tirer maintenant sur ses actions....

'ai pris un avocat.
On va la butter, cette ........

Mon frère et moi...

On va être obligés...

De l'arrêter dans ses dépenses
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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Mer 1 Aoû - 20:16

Tout cela est très difficile à gérer.

Mais avec un bon avocat.

La sorcière, je la dégomme vite vite.

Et elle, elle crèvera seule.

Ceux qui m'ont lue sur d'autres forums savent le mal qu'elle m'a fait toute ma vie (d'où les psy).

Là, j'ai 46 ans, je ne suis plus une gamine sans défense.

J'ai vaincu la culpabilité vis à vis d'elle. Cette femme est une POURRiture.

Qui n'a jamais aimé ses enfants, qui ne s'en ai jamais occupé. Mon frère aîné est alcoolique grave. Il vit dans un taudis.
Mon père, elle l'a laissé croupir dans un joli appart mais elle l'a laissé se dégrader.
Moi, je suis une pute depuis l'âge de six ans...

Ah j'en ai entendu : Canard boiteux, merdeuse, putasse !!!!

J'arrête, je ne veux pas me souvenir.

Faut que je mange un peu...

J'suis mad

Mais je vois des gens bien autour de moi : les aides soignantes de papa, mon frère cadet, mon avocate.

Elle s'appelle Catherine.

J'adore ce prénom.

Si je tombe pas de fatigue, ça va rouler, je me sens soutenue.

Mais six semaines que je me nourris d'une cerise/j

Bof, ça doit pas être trop grave.
J'en ai vu d'autres.
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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Mer 1 Aoû - 20:21

N'éveillez jamais autant de haine chez vos enfants

Car sachez qu'un jour

Sachez qu'un jour

Vous deviendrez tout petit et dépendant.

La dépendance, c'est passer vous voir tous les jours, supporter vos sautes d'humeur; vous habiller, vous déshabiller, vous laver

Vous promener en fauteuil roulant.

TOUT CA, je le fais volontiers pour mon père, même s'il s'énerve.
De mon père j'accepte même les "¨Pfuitttt", avance plus vite !"

Ma mère, JAMAIS elle aura ça de moi.

JAMAIS



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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Mer 1 Aoû - 20:24

Ce soir on a bien dîné, marie et moi.



Faut commencer par ça. Manger. Même si j'ai vachement envie de vomir car je ne suis plus habituée.

Mon estomac s'est rétréci faut l'agrandir.

Ensuite, le dossier de l'aide juridictionnelle, je vais le chercher demain avec marie. Un bon dîner le soir.
Ensuite l'avocate vendredi; prouver que mon papa m'aidait beaucoup et que je ne peux plus rien payer depuis que maman bloque les comptes.

Vous me direz : travaille : y'a RIEN dans mon domaine. Je cherche un mi-temps dans la presse et je ne trouve pas. Je suis inscrite sur Cadre emploi, du Figaro : 28 recruteurs ont déjà lu mon CV, personne m'appelle.

Je fais les p'tites annonces du figaro : y'a que des temps plein.
A l'ANPE : y'a RIEN (si : clown au club med et cette semaine : redacteur sportif pour mon smic : je vais pas postuler, le smic, les assedic me l'offre et je n'y connais rien au sport).
Au Quotidien du médecin, y'a plein d'annonces pour secrétaire médicale : mon smic.

Et y'a, bien sûr, plein de postes à pourvoir en gériatrie : je ne suis pas gériatre, mais biologiste, je n'ai pas le droit d'exercer gériatre, même si je m'y connais à donf car j'arrêtais pas d'écrire sur les personnes âgées, pour Danone (diététique) ou mon canard, dans lequel j'étais chef de rubrique en cancéro et gériatrie. De toutes façons, je ne veux pas devenir gériatre, même s'il y a du taf, trop dur pour moi.

En revanche, y'a des annonces pour "médecin du travail", ça ça m'aurait bien plu, j'aime la médecine légale. Les gens sont pas malades, faut juste les surveiller, c'est de la prévention. Notamment une cette semaine : temps plein, à Paris, pour 5600 euros mensuels.

Mais je n'ai fait qu'un an de médecine du travail.... En 1992 !!!! Ils me prendront jamais et je ne suis pas sûre d'avoir le droit. C'est dingue mais en tant que biologiste, c'est à dire généraliste + 4 ans de spécialité, je n'ai pas le droit d'être généraliste ! Je me suis renseignée. J'ai fait mieux, mais je n'ai pas le diplôme ! C'est à mourir de rire !!!!

Non faut que j'ouvre ma propre société, un labo d'analyses médicales ou une maison d'édition...
L'emploi, c'est pas pour le moment, pour le moment, faut pas que je meurs, faut que je tienne contre ma mère.

(Je suis contente, la nana de la nuit qui s'appelle Josiane et que je n'aimais pas de première vue, qui me raccrochait au nez, ça y est, elle m'aime bien maintenant, on s'est trouvées.)
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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Mer 1 Aoû - 20:28




Je me suis rendue en centre ville, au Tribunal du commerce, pour y chercher mon dossier d'aide juridictionnelle. Malheureusement, je rentre bredouille car en été, les bureaux ne sont ouverts que de 9 h à 11 h. J'y retrourne donc demain (j'ai un bus direct).

Qu'est ce que Paris est beau sous le soleil ! On s'est bien promenées Marie et moi et on s'est offert une glace géniale chez Bertillon, vous connaissez ? Elle, fraise et moi, cassis et orange sanguine.

En revanche, une mauvaise nouvelle :
mon fère vient de me prévenir qu'aucune des deux associations n'était allée chercher ma Lulu chez mon père.
Ca étonnait Annie qu'une association de familles se mêle de ça d'autant qu'elles recommandent les animaux domestiques aux Alzheimer (je l'ai lu dans la Revue du praticien).
Ca étonnait aussi mon avocate :
— Ne pensez-vous pas plutôt qu'elle l'a jetée à la poubelle, votre Lulu ?

Quand je vous disais que ma mère est devenue complètement folle. Tout cet argent lui a monté sérieusement à la tête. Elle attendait ce moment depuis longtemps. Ah la garce !!!!
Non seulement c'est un assassin sans foi ni loi, mais elle est menteuse en plus !
Elle ne se doutait pas que nous nous informerions auprès des associations ?
Ma pauvre puce !!! Elle est en train de mourir de faim dans une poubelle, ou plutôt, elle a été broyée par les dents d'un camion de la Propreté de Paris.
Quoiqu'il en soit, cela n'arrange pas son cas, à la foldingue. Une bonne raison de plus de la mettre sous tutelle le coeur léger.

La seule question que je me pose quand même... Comment a-t-elle pu agir discrètement puisqu'il y toujours une autre femme chez mon père ?
L'une attend l'arrivée de l'autre pour partir...

J'ai le coeur lourd car je vivais avec Lulu depuis mars... C'est pas vraiment pareil que si je l'avais achetée pour lui.

Je m'y étais habituée...

Ah j'en reviens pas, elle (ma mère) qui ne jurait que par son cheval ! Dont j'avais soigné la chienne ! Qui répétait à outrance qu'elle ADORAIT les animaux !!! Ah j'en reviens pas !!!!

Là, elle a déclenché la vraie guerre. Sans cette histoire, je ne me serais pas cassé le cul à chercher un avocat et à entreprendre des démarches juridiques !!!
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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Mer 1 Aoû - 20:31

A chaque fois que j'y vais, il se passe un truc !!!

Ma mère est trop vieille maintenant pour accepter de gagner au Loto d'un coup. Ca lui a pété ses derniers neurones.
Elle se croit du temps de son enfance, quand elle vivait en Algérie, avec un père chirurgien colon (Bourguignon) qui lui passait tous ses caprices.
Ma mère n'a jamais étudié, elle n'a même pas le BEPC. Trop flémaga.

En revanche, des employés de maison Arabes, y'en avait plein la propriété de mon grand-père. Des sous-fifres à ses yeux, des esclaves. Comme mon père, elle est retombée en enfance.

Mais elle, elle a l'enfance revencharde.

Alors que mon papa a l'enfance bonhomme.

Ses sourires grand large, j'y vais que pour ça. Pour ses sourires grand large.
Je lui caresse l'épaule, la joue, affectueusement, et l'aide quand il entre dans sa phase d'autisme.

Des fois, il se déshabille complètement du haut, il enlève son pull, sa chemise... Se retrouve torse nu. Je ne l'aide pas tant qu'il n'est pas en difficulté car il ne faut pas les aider. Il faut les laisser faire, c'est important, qu'ils persistent à penser qu'ils ont préservé une certaine autonomie. Je n'interviens qu'en cas de blocage.

Car il se rhabille de suite. C'est typique aussi de l'Alzheimer : il se déshabille pour mieux se rhabiller, comme un enfant qui apprend. Il se deshabille, puis se rhabille dans les cinq minutes. En soufflant fort.
Y'a des clashs.
Là, je l'aide. Mais j'attends là où ça devient vraiment coriace pour lui, ce bout de tissu qu'il ne sait dans quel sens prendre...

Un enfant qui essaie de s'autonomiser.

C'est touchant, attendrissant. Quand il y arrive tout seul, il sourit grand large, mais c'est rare.
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MessageSujet: Nahima a été virée !   Mer 1 Aoû - 20:42



Nahima a été virée !!!!

Je viens de l'apprendre par Josiane, que j'ai appelée à l'instant même ..
Elle a été remplacée cette nuit par une "Nouvelle".

Depuis qu'il est rentré chez lui, ça devient le souk dans le cerveau de papa, car maman a déjà viré deux auxiliaires à domicile en 15 jours : Anne, "La Polonaise" (comme elle l'appelle, et que je n'ai pas eu le temps de rencontrer) et Naïma, cette fille si gentille, si maternelle.

Depuis le 14 juillet que papa a réintégré ses peinates, il a vu cinq visages nouveaux !!!!
C'est très mauvais chez l'Alzheimerien... Comment veut-elle qu'il se repère dans sa nouvelle vie ???

Elle fait comme avec nous quand on était petits : elle change de nounou tout le temps, pour pas que papa s'y attache, pour préserver son monopole affectif, son impérialisme, son ascendent néfaste sur lui.
Maïna était TROP gentille sans doute, et elle m'avait ouvert la porte pour que j'y passe une nuit, chez mon papa.

Ca, sûr que ma mère l'a pas digéré.
J'suis effarée !!!
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MessageSujet: Lulu est vivante !   Mer 1 Aoû - 20:45

L'aide d'auxiliaire de vie de nuit de mon père, Josiane, m'a tel ce matin. C'est elle qui a Lulu !!!

Ma mère lui a demandé de la jeter à peine arrivée chez papa et Josiane n'en a pas eu le coeur alors elle l'héberge en douce depuis plus de dix jours chez elle.

Josiane est ulcérée. Ma mère ne dort jamais chez mon père et elle lui apporte, le temps d'une heure par jour, le minimum vital pour manger. Josiane a dû réclamer du beurre à la concierge car il n'y en avait pas, hier soir, dans le frigidaire de papa.

Ma mère dit des trucs dingues et Josiane a donné sa dem ce matin :
Le fils de mon frère Pascal, Nicolas, est un "batard" qui n'est pas de mon frère !
Moi, je suis "folle", "alcoolique" et "j'ai couché avec mon père" !!!
"Josiane reçoit son petit ami chez papa" (ma mère a téléphoné hier à l'association pour dénoncer le fait). "C'est Josiane qui mange la nourriture de papa, et elle ne lui donne pas ses médicaments le soir..."

Je récupère ma Lulu jeudi soir, mon frère vient me prendre en voiture et on va la chercher. Je suis contente qu'elle soit pas morte.
Josiane accepte de nous écrire une attestation pour le juge des tutelles. Naïma va m'en écrire une aussi, très probablement, ce sont des témoins directs de haute importance. Maman veut le fric et que papa crève le plus vite possible pour toucher son million d'euros d'assurance vie.


J'ai rarement vu de procédés aussi dégueus.
Ma mère est bonne à interner maintenant. En tous cas, elle n'a plus que quatre chèques sur les deux chéquiers de papa, alors elle est encore plus folle.

Elle a essayé de s'en procurer d'autres mais c'est Pascal, mon frère qui les a, et la procuration de papa n'était pas valable. On les lui a refusés.

Là elle l'a bien dans le cul, la salope de poufiasse.

Après avoir récupéré Lulu, je revois papa chez lui. Je sais que je vais encore pleurer des heures, mais si lui, ça lui fait du bien...

Zoubis, tout cela se présente bien, pas pour mon père, qui évolue doucement vers la cachexie... Sur ce coup-là, j'suis impuissante.

Mais contre la conasse qui nous a TOUS martyrisés pendant près de 50 ans !

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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Ven 3 Aoû - 16:18

Hier, jeudi 2 août, j'ai vu papa, et récupéré ma Lulu.

Mon frère Pascal est passé nous prendre, ma fille et moi, sur le coup de vingt heures, dans sa grosse bagnole.

Je l'ai déjà dit, j'adore les grosses bagnoles.

Ca m'impressionne. Je ne conduis pas, j'adore voir un homme au volant. En plus, "Calou", qui n'est pas dans le besoin, à tous les gadjets up to date. L'oreillette de Delarue, sans fil, si Marianne, sa femme, l'appelle, il lui répond par son intermédiaire.

Et il a le truc des chauffeurs de taxi, je sais pas comment ça s'appelle : le petit plan de Paris sur son tableau de bord. C'est tout à fait géant !

On est d'abord allés rejoindre Josiane, qui nous avait donné rendez-vous au métro Plaisance.

Pascal, de son portable, lui a téléphoné et elle a rappliqué, la cage en main, avec Lulu dedans. En parfaite santé.


On a bu un pot dans le quartier, Lulu dans la voiture de mon frère.

Josiane ne veut plus travailler sous les ordres de ma mère. Elle a donné sa dem.
La chasse d'eau de mon père ne fonctionnait plus. Et comme il passe sa vie aux chiottes (typique de l'Alzheimer), ça faisait un boucan dingue et bien évidemment, des fuites.

Des plaintes des voisins car la nuit, pour papa, est devenue le jour (typique de l'Alzheimer). Il se lève dix fois et reste aux cabinets vingt minutes à chaque fois.

Josiane a proposé l'aide de son petit ami qui est venu, pour réparer la chasse. Et le lendemain, ma mère a téléphoné à l'association, pour dire ces mots :
"Josiane, j'en veux plus, elle reçoit son julot CHEZ MOI !"

Josiane n'a pas le droit de témoigner contre ma mère. C'est spécifié sur son contrat : secret médical.

Bon, on fera sans. J'ai récupéré Lulu toute jolie. Pascal a payé le pot et on s'est rendu chez mon père.
(On a fait un détour par chez moi pour y déposer Lulu).

Josiane en a gros la patate : jamais elle a vu une marâtre comme ça.

Elle dit :
"Au début, je ne comprenais pas, car chez nous, les Africains, on respecte énormément la maman, celle qui nous a mise au monde.

Et maintenant, j'ai compris. C'est une méchante femme. Elle est méchante avec votre père, et nous, les auxiliaires de vie, elle nous traite comme des esclaves"

Arrivés chez papa, on a rencontré Léontine, une nouvelle, très douce. Une black douce et frèle.
Papa était assis en face de la télé, devant "Coup de Torchon".

Il avait bonne mine.
Il nous a salués d'un grand sourire, puis il a regardé sa montre :

"Il est déjà 22 heures et je n'ai pas dîner ! Qu'est ce que je fais dans la rue !"

Son plateau repas était prêt, une soupe de poireaux et des petits croutons dans une assiette à part. Il appelle ça "Des p'tits caillous".

J'étais contente, il s'est atablé de suite, à notre vue. Il souriait large et s'est mis à manger de bon appétit.

J'ai discuté avec Léontine. Il semblait bien, heureux.

Mais en revanche !!!

Ca m'a profondément choquée... Ses pieds, ses chevilles et ses mollets avaient doublés de volume !!!

Des oedèmes de folie !!!

Des oedèmes de ouf qu'il n'avait pas il y a dix jours !

Il avait rendez-vous chez le cardiologue le 2 août.
C'est écrit sur le dossier qu'on lit à chaque fois qu'on vient.

Mais ma mère a reporté le RV.
Trop fatiguée, pas bien, elle ne s'est pas déplacée pour l'accompagner à l'hosto.

Je le sais d'Annie que j'ai appelée ce matin.

Non assistance à personne en danger. Ma mère ne fait pas le poids. Elle est là pour lui soutirer du fric, mais pour les soins !!!!

ON NE PEUT PAS LAISSER PAPA COMME CA.

Il lui faut du Lasilix d'urgence.

Car si ses pieds et ses chevilles et ses mollets deviennent bleus de la sorte, c'est qu'il a de l'eau partout dans son corps.

J'appelle de suite les deux associations et de nouveau Annie.
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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Jeu 9 Aoû - 15:41

Annie ne s'inquiète pas plus que ça, elle dit que ce sont des "pieds de vieux". L'infirmier le matin du 2 (du jour où j'ai vu ses membres de Schrek) a écrit "RAS" sur le cahier de suivi.

"RAS" !!!!... Ben je ne sais pas ce qu'il lui faut !

J'avais très mal dormi, pleuré la moitié de la nuit, et j'ai obligée Annie à me donner le nom et le tel du médecin, qui selon elle, suivait mon père à domicile.
Il s'agissait d'une jeune femme, médecin généraliste, qui remplaçait pour les vacances le vrai toubib, généraliste aussi.

Elle était au courant de l'insuffisance mitrale de mon père et quand j'ai parlé de Lasilix, elle a refusé tout net. Elle ne veut pas prendre la responsabilité d'une telle prescription car le Lasilix est hypotenseur et papa, du fait de son insuffisance veineuse, fait des hypotensions orthostatiques et chute. Elle m'a appris qu'il était déjà tombé une fois chez lui.

Elle m'a dit : "Chez les vieux, quand on répare quelque chose, on casse autre chose. Si je lui prescris du Lasilix, il risque la fracture du col du fémur".
— Moi, j'ai peur qu'un oedème pulmonaire ne nous le tue.
— Oh, chez les vieux, l'OAP met au moins trois jours à se développer. Je l'ai ausculté consciencieusement, il n'a pas de râles crépitants aux bases, il n'a pas d'eau dans les poumons.
— Et vous venez le visiter à quel rythme ?
— Tous les quinze jours.
— Entre deux visites, il a largement le temps de le faire, son OAP !
— Je peux venir plus souvent si vous le souhaitez. Une fois par semaine, par exemple.
— Ce serait bien, mais il faudrait en toucher un mot à ma mère, ou à mon frère car ce sont eux qui tiennent les cordons de la bourse de papa.

J'ai raccroché après l'avoir poliment saluée, mais j'avais une boule dans la gorge.

Je n'ai pas pu me nourrir les deux journées suivantes.




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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Jeu 9 Aoû - 16:09



Ce risque d'OAP (Oedème Pulmonaire Aigu) m'a perturbée au point que j'ai appelé mon frère hier soir, pour agir de façon urgente : il fallait une aide médicalisée 24/24 à papa.

Les nounous sont gentilles, mais elles ne sont pas médecins.
J'envisageais de le placer le plus rapidement possible, et sans même l'accord de ma mère, dans une clinique spécialisée, pour qu'il y soit suivi correctement.

Calou m'a rappelée ce matin, il n'est pas d'accord avec moi.
Il est passé hier voir papa et l'a trouvé en très bonne forme. Et c'est vrai que le 2 août, il n'avait pas le teint cireux qu'il a parfois. Ce soir-là il avait bonne mine et les joues pleines.

Mon frère m'a dit :
"Papa met trois heures à manger, il mange, mais très lentement, dans une clinique, ils n'auront pas la patience.
Il est bourré de TOCS et le plus récent est ses allers-retours aux chiottes. Dans une clinique, ils n'auront pas la patience. "
— J'ai peur de l'OAP... J'ai peur qu'il se fasse mal. Il saignait de l'oeil, l'autre fois, à force de le gratter maladivement.
— Ah ben hier, c'était le nez, il n'a pas arrété de se moucher, y'avait pas de morve du tout dans son mouchoir, mais c'est encore un TOC et ça, on n'y peut rien... C'est l'Alzheimer, Cathy.
Crois-moi, il est bien mieux chez lui, faut pas le bouger de là. D'autant que son fauteuil orthopédique a enfin été livré.
— Ah bonne nouvelle !
— Oui, le même qu'à l'hosto. Papa n'a plus d'efforts à faire pour en sortir. Il appuie sur la manette et ça l'éjecte.
— Comme la Batmobile de Batman alors ?
— Oui, cesse de te torturer. Il est de mieux en mieux chez lui.
— Si tu le dis
— En plus, notre mère passe deux heures par jour à son chevet, les nounous l'aiment bien car il est très souriant, il est chouchouté comme un nouveau-né, il biche.
— Si tu le dis.
— Le frigo était plein hier : du frais, des radis, des carottes, des yaourts...
— Ok tu m'as convaincu, s'il est bien, c'est l'essentiel.
— En revanche, Josiane n'a pas été payée. Elle m'a déjà appelée deux fois depuis le 2. Elle n'a reçu ni chèque ni virement.
Et je ne vois aucun chèque pour elle sur le compte de papa. Aucun chèque pour Annie non plus....
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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Jeu 9 Aoû - 17:15

Par bonheur, j'ai eu le temps de le lui dire, que je l'aimais.

Depuis mon divorce, en 1991, je l'ai tout le temps vu, reçu chez moi... Quand il est devenu sourd, je suis passée à l'écrit.
On a échangé une correspondance énorme et c'est pourquoi je pleure souvent, car il y a plein de traces de lui, partout, chez moi.

J'ai jamais rien jeté, même pas les enveloppes... Alors j'en ai des tonnes.


Au début, il m'invitait au resto avec ma smala.
Et puis c'est devenu plus difficile car il fallait parler très fort et c'était impoli.

Alors je l'ai reçu à dîner, chez moi. Et je lui écrivais. Et il me répondait.
Et je lui donnais mes romans.

Mon père est la seule personne au monde qui les a tous lus.

Il m'engueulait un peu quand y'avait trop de cul. Et il a pleuré sur l'épisode où je parle de la mort de sa mère. C'est dans "Bis repetita", un recueil de nouvelles écrites en 1993. Je ne l'ai vu pleurer que quatre fois, mon père :
Quand il a perdu son père "Parce que son père, on en a qu'un", j'avais onze ans...
Quand il a lu mon texte sur le décès de sa mère, j'avais 22 ans.
Quand il a perdu son chien, Dinard, le chien que je lui avais offert et qui est mort à 17 ans. Mon père n'a plus voulu me voir pendant trois mois :
«Je suis trop fatigué, je ne suis pas drôle" (2006).
Et quand je l'ai visité à l'hosto, le 9 mai 2007, le lendemain de sa fugue.
“J'en ai marre, ma Cathy, si tu savais comme j'en ai marre".



Partout, partout, j'ai des traces de mon père.
Dans la courette je l'ai souvent invité à dîner. Et quand j'y vais, j'entends sa voix :

"Tu devrais davantage profiter de ta courette"
J'ouvre un tiroir, j'ai un p'tit mot, plein d'humour.

Ou une enveloppe Dr Catherine... Il était fier de mettre Docteur, avec son écriture en pattes de mouche.

Si j'ouvre le placard à bouffe, je tombe sur des cadeaux, du foie gras (j'ai horreur de ça) qui stagne depuis le Nouvel an 2006. Ou une conserve de marrons. Car il vient tjs avec des marrons glacés à Noël, mais y'a deux ans, il est venu avec une boîte de conserve... De marrons.
Je l'ai pas jetée. Je jette rien qui vient de mon père.

Il m'envoyait plein de trucs, plein d'articles du Figaro qu'il découpait soigneusement.
Le cours des apparts à Paris, dans le quinzième, où j'habite. On suivait de concert l'inflation. Il ajoutait "Bravo" sur le papier journal car il était fier de mon investissement intelligent.
Il m'envoyait aussi des exercices de grammaires, du Figaro, des tous petits encarts sur la littérature, pour que je progresse.



Il arrêtait pas de dire que j'étais belle. Qu'il était fier de moi.
Même mon dernier Bouquin "Inter(pas)net" qui raconte quand même une histoire de saphisme, il m'a félicitée pour mon courage. C'était en octobre dernier.

Et ma fille... Ah comme il l'aime...Marie-Charlotte, il en parle à tout le monde.

Il disait :
"Embrasse bien tes enfants. Et embrasse bien Marie-Charlotte, elle t'es précieuse, elle est gentille."

C'est horrible. A l'hosto quand le téléphone sonnait dans l'une des chambres, il disait "C'est Cathy... Faut répondre, c'est Cathy !"
Je le sais d'une assistante sociale. Il a écrit mon nom sur plein de papiers. Qui trainaient dans sa chambre 326.

" Docteur Catherine J..." Y'avait mon nom partout !
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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Mer 15 Aoû - 14:48

Hier, mardi 14 août, Bogoss est passée me prendre à moto pour m'accompagner chez papa.

On avait partagé la nuit chez moi, mais il était rentré chez lui sur le coup de midi pour se changer, se raser, prendre son courrier, bosser.

Je voulais visiter mon père mais ne souhaitais surtout pas rencontrer ma mère. Or, selon Léontine, elle venait plutôt le soir, entre 19 et 21 heures.

En déboulant à 16 heures 30, j'étais confiante, pas son horaire. Mon bel amant a sonné à 16 heures et on a enfourché sa moto.

Il m'a appris un truc pour ne pas souffrir des vertèbres : fallait pas que je lui tienne les hanches, rigide tel le macabée, le dos amidonné. Non, non, fallait au contraire que je profite du dossier étudié pour. Fallait que je m'alanguisse un peu, les cuisses serrées certes, mais la nuque reposée sur le skai. Les mains accrochées aux rampes symétriques, de part et d'autre du siège arrière.

Oui, c'était effectivement plus cool ainsi.

Comme dans une Mercédès, le visage au vent. Mais le confort d'un fauteuil trois étoiles.

Le casque m'a semblé moins lourd. J'avais moins peur aussi dans les virages. Le métier de motarde rentrait.
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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Mer 15 Aoû - 14:57

Y'avait un gros problème à régler chez papa : il a reçu le fauteuil roulant comme à l'hosto, mais il ne peut en bénéficier car les nounous n'ont pas les clefs de l'appart.

Maman n'a pas pas fait de triple, or elles sont trois à se relayer.
Mon père est tout simplement séquestré. Presqu'un mois qu'il n'a pas pris l'air.

Si elles le sortent pour une tite ballade, elles ne peuvent plus rentrer, donc ce fauteuil ne sert à rien.

Moi, j'ai dit à Bogoss :
— Faut surveiller tout ça, j'adore mon père, me suivras-tu ?
— Oui
— C'est très très lourd, faut assurer, assureras-tu ?
— Oui
— Tu parles !!! Tu vas te lasser vite fait, t'es tombé sur un sac de noeuds
— Fais-moi confiance Cathy...
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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Mer 15 Aoû - 14:58

Comme sur la moto, fais-moi confiance.
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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Mer 15 Aoû - 15:13

J'entre dans l'ascenseur une fois l'engin garé devant chez mon père et je lance à Bogoss :
— Ah ! j'espère qu'Elle est pas là !!! Mais a priori, pas de raison.
L'ascenseur s'arrête au premier, les portes s'ouvrent et qui ont voit en en sortant ?

MA MERE sur le palier de mon père !!!!

NON !!!!!

Elle a eu un rictus désagréable, s'est exclamée à notre contact :
— Ah les Dalton !
Elle a confondu mon Bogoss avec mon frère Pascal !!

Vrai qu'ils sont beaux tous les deux, grands, élégants, mais tout de même... Je sentais le sang bouillir en moi, je l'ai laissée filer sans autre commentaire.

Annie nous a gentiment reçus, elle a salué très gentiment Bogoss. Papa se réveillait de sa sieste et, attablé, il attendait son goûter.

Papa ne fait plus que manger (cinq heures par jour) et chier (douze heures par jour).

Il était très cireux, comme je supporte mal. J'ai dû m'enfuir dans la salle de bain pour pleurer.
Annie la douce a tenté de me réconforter, mais j'ai dû m'éclipser trois fois tant je lui ai trouvé mauvaise mine, à mon pater.
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MessageSujet: Re: Papa est atteint de la maladie d'Alzheimer   Mer 15 Aoû - 15:31

J'ai dit, une fois mes larmes séchées :
— Ca va papa ? Mon ours ?.. Tu vas ???
Je l'ai entouré de mes bras, une boule énorme dans la gorge.
— Ca va Cathy... Mais c'est une drôle d'histoire
— Oui, mon chéri, une drôle d'histoire... Mais on va s'en sortir. Je suis venue ce jour pour te présenter mon fiancé. Il va m'aider et il va NOUS aider.
Il l'a regardé :
— Ah, je le connaissais pas celui-là !
Là, j'ai souri, vu que je suis une collectionneuse d'amants et que mon père le sait très bien, je ne le lui ai jamais caché. Il a lu tous mes livres.
— Et il s'appelle comment ?
— Thierry
— Ah, Thierry Le Luron ?


Il était très souriant papa, bien coiffé, propre, il attendait son café au lait et ses madeleines trempées dedans.

Annie ma raconté que le fauteuil orthopédique, ma mère le refusait : fallait le reprendre, pas assez malléable, trop lourd.

C'est surtout qu'il coûte cher. Ma mère a pas envie de pomper sur sa pension alimentaire. La honte !!! Quelle honte !!!

Il est très bien, ce fauteuil, on s'est marré avec, Bogoss et moi, plus léger, tu fais pas !!!

JE TIENS A CE QU'IL LE GARDE ET SE PROMENE AVEC. MERDE, il était cireux hier et ma mère chantonnait.

Oui, parce qu'elle est revenue une heure plus tard, papa était reparti dans son monde. Il mangeait ses madeleines, trempées dans le café au lait et il ne voyait plus rien. C'était fini. Il se massait le front, les joues, concentré sur sa petite cuillère.
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