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 La vie de bureau

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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Dim 16 Mar - 14:07




Jeudi 26 février

Mon cher Eric


T’étais trop bandant ce matin, tes dias en mains, dans la chemise que je préfère, les bras tendus sous les néons.
Ne fais plus jamais ça devant moi ou je jure, je jure, que je te déboutonne aussi sec, que je la prends dans ma bouche, que je bave sur tes couilles, que tu bandes ou pas je m’en fous, que tu jouisses ou pas je m’en fous...
Juste bouffer ton sexe.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Lun 17 Mar - 17:07




Samedi 28 février

Eric me manque. Je ne l’appelerai pas, à cause de nos conventions tacites : le week-end doit rester réservé à nos familles respectives.
Je suis KO. Deux mois de temps-plein dans les jambes, trois crises d’angoisse, la gym le soir pour évacuer le trop plein d’énergie, des orgasmes, des orgasmes à n’en plus finir. Le dernier remonte à jeudi nuit mais il m’a laissée comme morte sur le canapé du salon.
Il m’arrive quelque chose de nouveau, j’aime un homme sans condition, comme jusque-là j’aimais mes gosses. Seulement mes gosses.
Je ne voudrais pas me monter la tête, c’est pourquoi je ne l’écris que maintenant, mais depuis trois mois que je connais ce type, ma conception de la vie change radicalement. Je ne me doutais pas que je pourrais aimer de nouveau un homme. Je profite, abasourdie, de ce que j’arrive même pas à écrire. Je me sens bizarre, je ne pense plus qu’à lui, du réveil à six heures quarante au coucher comateux. Je me rappelle sa voix, ce qu’elle a dit, je me rappelle ses sourires, ses coups de gueule, ses gentillesses, ses remontrances paternalistes, l’obscénité de ses mots quand il parle de sexe.
La nuit j’en rêve. Pas plus tard que cette nuit, c’était sa femme qui décrochait pour me signaler qu’il fallait que j’arrête de l’appeler. Elle était vachement sûre de son bon droit, pas jalouse et pas énervée. J’en chialais au réveil.

J’ai hâte qu’on soit lundi. J’ai hâte qu’on soit lundi mais en réalité, même quand je ne le vois pas, même si c’est dur de ne pas croiser son grand corps vouté, et de ne pas entendre le timbre voilé de sa voix, je profite des week-ends pour me branler sur lui jusqu’à plus soif.
Je me branle et je jouis et je n’ai jamais joui autant. Rien qu’à l’idée, même pas besoin de serrer les jambes, même pas besoin de mettre un doigt, l’orgasme se déclenche tout seul, rien qu’en imaginant la langue d’Eric entre mes cuisses, sa belle chevelure qui se penche sur mon intimité, son émotion de DG qui n’a que quelques secondes à m’accorder. J’aime et je prends tout.
TOUT.
Ses mains si grandes qu’elles me couvrent en entier, le clito, le vagin et l’anus de l’une, les seins et le ventre de l’autre. Ses cheveux doux et abondants et souples. Son bassin large, ses cuisses dures comme du bois, son sourire mitigé, sa bouche sensuelle et douce, ses lèvres bien dessinées, sa langue intelligente. J’aime TOUT chez ce mec et je n’en reviens pas.
Cet engouement me ravit autant qu’il me surprend. J’aime comme on aime à dix-sept ans, j’ai soif, j’ai faim, je danse à m’en faire péter les jointures, je rends hommage à cette vie qui n’est finalement pas si putain que ça, à cet homme que je ne me lasse pas de croiser, le jour dans les locaux de LMs.a., la nuit, entre mes draps.

Les mecs, j’en voulais plus, c’est des emmerdes à chaque tournant. Toujours prêts à se la faire lécher, moins partants — ça dépend— à vous rendre heureuse pour de bon.
La chatte, le cul, un bon coït... Comme ils sont satisfaits ensuite, tous ces connards, la bite s’est dressée dans les temps, bravo !...
Ce que j’aime surtout chez Eric, c’est que sa bite ne le gouverne pas, puisque sa bite elle dort. (En tous cas il le dit et je n’ai pas encore vérifié).
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Lun 17 Mar - 17:15



Dimanche premier mars

Mon cher Eric

Ce matin, je n'ai pas pu travailler. Je suis restée au lit à penser à vous.
J'ai pris un bain, je me suis parfumée, maquillée, regardée dans le miroir de la salle de bain.
J'entendais votre voix, profonde et masculine, autoritaire et bienveillante : «Juliette, maintenant que tu as signé, tu dois obéir !» et je me suis soumise à vos désirs.
Vous n'avez pas voulu que je m'habille. Juste des bas noirs et une chaînette de pacotille ornée de fausses pièces d'or, sortie de votre chapeau pour l'occasion et dont vous m'avez ceinturée la taille. Elle était légère et jolie et me coupait artistiquement en deux.
Vous m'avez invitée à vous suivre dans le salon et vous avez baissé les stores, orienté l'halogène en direction d'un fauteuil en cuir roux sur lequel vous m'avez assise.
J'ai dû m'exiber devant vous, casser mon corps ou le cambrer, le fermer ou l'ouvrir selon votre bon, selon votre unique et magnifique plaisir.
Debout ! tourne-toi ! penche-toi ! écarte-toi !... Pose tes jambes sur les accoudoirs !...
Je veux que tu me montres tes trésors...
«Je veux que tu me montres ton vagin» avez-vous précisé. «Attrape tes lèvres avec tes doigts et sépare-les, que je te vois ruisseler de l'intérieur... Tu es très belle quand tu obéis et je sais que tu aimes obéir. Alors, ouvre-toi mieux, que je te vois baver, rose et brillante, sous la lumière !...»
J'ai obtempéré. Ma vulve s’est mise à dégouliner, mes fesses que je tortillais de désir glissaient sur le cuir roux comme sur une patinoire.
«Et répète après moi : “Tu es le seul”»
J’ai répété : «Tu es le seul»
«Je n'aurai jamais plus d'autre homme que toi», avez-vous continué.
J'ai répété : «Je n'aurai jamais plus d'autre homme que toi»

Vos mains, enfin, m'ont récompensée.
Comme j'aime sucer vos doigts des lèvres de mon ventre ! Je les regardais, béate, oeuvrer avec intelligence. Le tableau était franchement obscène tant ma chatte était turgescente, offerte et liquide, tant vous mettiez d’ardeur à la besogne. Mon clitoris était tellement dressé qu’il apparaissait comme une bouée nacrée dans cet océan rouge.
Ma tête s’est mise à tourner. Vous m’avez accordé le droit de la renverser, de me détendre, de m’abandonner. J’ai craché en longues saccades.

... J'ai dansé pour vous devant la cheminée. Vous vouliez entendre le cliquetis des pièces dorées rebondir sur mes hanches.
J'aurais joui et dansé pour vous toute la journée.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Mar 18 Mar - 13:19



Lundi 2 mars

J’ai pas dormi de la nuit dis donc ! Ca ne m’était pas arrivé depuis cet été, quand avec les aînés, on a décidé de suivre «notre» bande en boîte, jusqu’à la fermeture, malgré le taxi qui devait passer nous prendre à l’aube pour nous conduire à l’aéroport.
A cause d’un homme, ça ne m’était pas arrivé depuis le 6 juin 1991, je m’en souviens trop bien, la nuit à me gondoler de désir dans une chambre de l’Ibis, tandis que lui m’attendait dans sa suite des «Vieux Remparts» (Provins, France) et que mariée à un autre, je mettais mon point d’honneur à ne pas céder à la tentation. Bizarre comme le désir rend fou. Je me suis touchée au moins six fois, j’ai écrit un très beau passage, j’ai joui à chaque fois mais peine perdue, le désir était trop fort. Dix à vingt secondes de satisfaction totale et voilà que ma chatte en voulait encore. En voulait en chair et en os, pour de vrai. Du genre, tu m’a regardée... Tu crois que tu vas longtemps me mener en bateau comme ça ? Tu crois que ça m’suffit, ton instrument de bois mort, froid comme le marbre, tes p’tites idées vicieuses, marrantes, mais cinq minutes, tu crois que tes peanuts vont apaiser ma faim ?... Je l’entendais revendiquer ma chatte, si, si, je l’ai entendue miauler toute la nuit.
J’ai pas dormi mais je suis nette cependant. Magie de l’amour, j’ai bien bossé toute la journée, portée comme le funambule sur son fil, les ailes de Cupidon sans doute. Il faut dire qu’il y va, ce grand connard de Dombre. Et pas dans la demi-mesure. A peine je lui avais fourgué mes textes (ma production illuminée de ces dernières vingt-quatre heures), que je l’ai surpris (il devait être neuf heures cinquante) le nez dedans. Il pourra toujours me la chanter demain, à me répéter que j’écris de la merde... Qu’il se fait chier quand il me lit... Déjà, l’engouement m’a paru suspect, vue la journée déjà bien commencée pour lui, et le max de trucs qui m’attendait aussi sur mon bureau. Mais là où je trouve qu’il exagère, c’est que j’ai entendu des bruits originaux, tout droit sortis de son territoire, entre neuf heure cinquante et dix heure quinze. Des bruits qui ressemblaient à des éternuements, brefs et puissants, auxquels il ne m’avait pas habituée. Il n’est pas enrhumé pourtant. En tous cas, l’était pas vendredi soir.
Moi j’ai plané doucement toute la journée. Les éléments se sont acharnés : pas d’imprimante, pas de serveur, même pas de logiciel ce matin : mon Mac pettait ses plombs, comme moi, j’dois faire reset à force de le manipuler avec mes idées électriques. Mais je ne me suis pas inquiétée, trois dossiers urgents m’attendaient, du cousu main, Daniel avait pris sa journée, j’ai pu travailler à mon rythme, entourée des gens que j’aime (Franck, Corinne et même Michelle, qui semble m’avoir à la bonne en ce moment). Le grand Dombre s’est barré à l’heure du repas. Ca m’a fait des vacances, dans l’état où j’étais, je n’aurais pas supporté la moindre contrariété, même franchement agréable.
J’ai tout de même guetté son retour jusqu’à dix-sept heures quinze. M’avait laissé tranquille, moi et ma libido, et c’était bien ainsi, je suis là pour bosser, mais une fois la mission accomplie, je souhaitais ardemment qu’il se pointe. J’aurais pas supporté, dans l’état où j’étais, crevée, surexcitée, anormalement patiente, j’aurais pas supporté de ne pas le revoir ne serait-ce que trente secondes. Comme je l’aime ! S’est pointé au meilleur moment. J’avais quasi fini, suffisait plus que de houspiller Franck (et moi, j’sais pas faire ça). Et j’ai remarqué que sa chemise était blanche, la couleur qui lui va le mieux, et il m’en voulait pas d’avoir passé tout mon lundi sur le même texte, et il m’a pas reproché mes deux conneries sur les encadrés de vendredi, et j’ai bien cru à un moment qu’il allait m’enlacer, comme ça, devant Franck, tellement je souhaitais qu’il le fasse et tellement je suis fatiguée de le croiser et de l’aimer en douce, uniquement dans ma tête.
Mes doigts sentent le foutre à plein nez, suffit que je me replace une mèche et j’imagine le pire. Dombre ne peut pas me laisser comme ça.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Ven 21 Mar - 17:03



Mercredi 4 mars

Ce matin comme hier, Eric m’a accueillie de deux baisers délicats sur les joues. Hier, il me remerciait, sans doute, des textes remis la veille (les textes chauds), il s’est déplacé jusque dans mon bureau et j’ai soupiré Ahhh quand ses lèvres m’ont effleurée. Ce matin, il arpentait le couloir quand je me suis pointée. Corinne vaquait dans les parages mais ni Daniel ni Michelle ni Philomène n’étaient encore arrivés.

Hier, il a hurlé toute la journée, du matin au soir, sur nous tous (même sur moi) et la plupart du temps, pour des broutilles. Il avait sans doute de très bonnes raisons : s’est expliqué, au cours de la réunion rédac, vers 10 heures du matin : il s’inquiétait du retard que prenaient les dossiers, il s’inquiétait pour «JV» : «J’ai préféré nous saborder, pourtant j’aurais pu leur cracher leur médiocrité à la gueule, mais si derrière, notre équipe ne suit pas...». Pour le lecteur, je me dois d’expliquer que le CD Rom «JV», jusque-là mensuel, devient trimestriel depuis la semaine dernière, à cause de leur médiocrité (leur, c’est le groupe Tampact, notre associé sur le coup) et de notre équipe qui ne suit pas (qui ne se donne pas le mal nécessaire).
Il était tellement en pétard qu’il a même menacé Daniel de le destituer de ses fonctions de redac-chef... (Daniel qui bosse comme un fou en ce moment, et qui est de nouveau simple et sympa avec moi). C’était la première fois que je voyais Dombre aussi hargneux, aussi inquiet, et si je me fiche qu’il m’engueule (je fais de mon mieux, il le sait, je ne suis pas con, il le sait, même s’il abuse de ce qualificatif), j’étais profondément peinée pour lui. Rien ne semblait pouvoir le calmer, ni la bonne volonté de Michelle, qui fait l’impossible en ce moment pour rattraper son retard, ni le dévouement de Daniel, qui se donne un mal de chien pour remonter dans son estime, ni mes sourires aguicheurs ni mes jeux de jambes. J’étais peinée, j’avais peur qu’il finisse par tomber d’un infarct (s’il tombe sous mes yeux, je tombe aussi).
Surtout, j’étais vachement déçue : quand j’ai demandé, vers midi, par l’intermédiaire d’un post-it que j’ai posé sur son bureau : «Au fait, tu peux pour ce soir ?», il a rageusement froissé le billet et sans même me regarder, a fait «non» de la tête, avec une grimace que j’ai pas pu m’empêcher de traduire par «Tu rêves ? Si tu crois que j’ai qu’ça à faire, d’aller perdre mon temps entre les cuisses d’une salope allumée comme toi !»
Ca m’a vexée. D’autant que depuis ce week-end, je m’organisais pour le recevoir : j’avais obligé les enfants à ranger leur chambre dimanche, acheté lundi de quoi lui cuisiner un bon repas à ma façon, et je nettoyais au fur à mesure que l’appartement se salissait, travail de chaque instant quand les enfants passent le week-end chez moi.
Je suis donc allée déjeuner la tête pleine de pensées très négatives : «Tu perds ton temps avec ce mec, en dehors de sa boîte, rien ne l’intéresse. Et s’il te dit qu’il est amoureux de toi, c’est pour mieux te faire bosser, car il a bien compris, le bougre, comment tu fonctionnais... Et il ne viendra jamais le mardi, ou peut-être deux fois l’an, parce que tu ne l’excites pas... Mets-toi bien ça dans ta tête de midinette, faute de te mettre sa bite dans le con : tu n’es même pas capable de le fairer triquer !... Il est reparti déçu le fameux samedi où il t’a accordée une heure et demi de son précieux temps, il ne reviendra pas avant longtemps, il t’allume, il t’allume, mais il n’a pas plus l’intention que ça de te foutre... »
Requinquée par mon demi et ma frisée au chèvre chaud, j’ai décidé de lui battre froid tout le reste de l’après-midi.
Et ça n’a pas loupé : il est passé me voir trois fois dans mon bureau : «Ca va ?... Tout va bien ? Tu t’en sors ?...» J’aurais pu penser (mon premier réflexe) qu’il attendait surtout mon texte urgent, mais celui de Michelle l’était tout autant et il n’allait jamais vers elle. Quand, pour avancer sur ledit texte, je franchissais le seuil du bureau de Daniel, le grand Dombre radinait dans les quinze secondes. Quand c’était autour de Franck que je papillonais, sollicitée pour de derniers détails Bravor, dans la minute, j’avais le grand Dombre aux fesses... Il ne cherchait même pas à se faire pardonner, puisqu’il restait très agressif (avec moi comme avec tout le monde). Non, j’ai encore pu le constater aujourd’hui, il n’aime pas, mais alors pas du tout, que je frôle ces deux autres types. Or il n’y a pas de jalousie sans amour.

Juste avant de partir, je lui ai soumis ma copie (j’en étais contente en plus, j’avais suivi texto les conseils de Daniel). Il a craché dessus comme si j’avais écrit pipi caca. Six pages qui m’avaient occupée la journée entière devenaient sous ses grandes narines de Corse un ramassis de détritus malodorants. Il a crié, il a crié, que j’étais vraiment CON, TROP CON, que j’avais RIEN compris, en quelle langue fallait-il me parler, qu’il voulait CA et CA, qu’il me l’avait déjà dit ce matin, REPETE A MIDI etc, etc... Je l’aurais embrassé illico sur la bouche, d’abord pour le faire taire, ensuite pour mon plaisir, si Philomène n’avait pas été dans le bureau. C’était l’amour qu’il me faisait avec sa voix : la violence de ses mots, je l’interprétais maintenant comme une déclaration d’amour, de sexe, de sexe contrarié, muselé, qui n’en peut plus. Ses hurlements me traversaient le ventre comme de grands coups de bourre, une pénétration publique, jouissive et diabolique.
Je suis partie contente, mon dossier sous le bras. Ce mec valait le coup des heures sup. D’autant que j’avais prévu, malgré sa défection, de me faire plaisir quand même ce soir-là. Vraiment plaisir. Exactement pareil (non j’exagère, mais je m’en persuade) que s’il était venu. Tant pis pour lui si son boulot passe avant tout. Je n’ai ni les mêmes ambitions, ni le même challenge sous le coude, je ne vois pas pourquoi je me priverais des plus élémentaires satisfactions.
Je me suis achetée des capotes, pour en couvrir mon instrument (si je passe du cul à la chatte sans précaution, bonjour la candidose), et une crème dépilatoire parce que.
Parce que je suis plus belle complètement épilée, plus belle, plus douce.

Et, contre toute attente, il m’a appelée. Il était dix neuf heures cinquante, j’étais encore sur le texte urgent.
— Je vais te laisser, je le crains, t’amuser toute seule ce soir.
— Ben oui, mais ne t’inquiète pas, j’ai tout prévu...
— Prévu quoi ?
— Les capotes pour mon instrument...
— Pourquoi des capotes, puisque tu es la seule à t’en servir ?
— Par mesure d’hygiène ... je continue sur le même ton, badine, joviale, surexcitée (plus que deux pages et je m’occupe de moi).
... Et puis j’ai aussi acheté de quoi m’épiler la chatte (j’insiste histoire qu’il regrette bien).
— Complètement ? répond-il dans un souffle (le souffle qui marque l’uppercut en plein bide).
— Ca dépend, j’aviserai selon mon humeur... En tous cas c’est vraiment dommage que tu ne viennes pas ce soir (sur l’air de «tout va très bien, Madame la Marquise»).
— Ben oui, je sais, j’suis désolé...
— C’est déjà la seconde fois que je t’invite en vain.
— Ben oui, j’ai une famille, une vie de dingue... C’est pas que je ne veux pas, mais je ne peux pas...
— N’empêche, tu sais pas ce que tu rates... J’ai un feu de folie, j’en dors même plus la nuit.
— Je sais. Bon, pour Marteau, tu as tout ce qu’il te faut ? Tu as pensé à prendre la copie de Daniel, il faut t’en inspirer...
— Marteau, ça va et j’ai bientôt fini. En revanche, j’ai trop envie que tu m’introduises mon gode.

Je continue sur ma lancée le lendemain, c’est-à-dire ce matin. Philomène n’est pas encore arrivée quand je soumets l’épreuve Marteau à mon DG : «Ne me crie pas dessus ou je remets ma culotte», j’envoie ça tout de go, yeux dans ses yeux. Je me suis affublée d’une mini jupe noire, en velours à grosses côtes, que je n’aime pas du tout (trop large) mais qui s’adapte parfaitement à ma stratégie. Comme elle est large et courte, et qu’il y a un max de vent ce matin, c’est simple, j’ai l’impression d’être complètement à poil. A poil n’est pas le mot juste puisque je n’ai plus un poil sur le sexe.
— Tu vas attraper froid, me répond-il avec la vivacité qui le caractérise, mais je vois sur sa gueule que mes mots ont atteint leur but. Il est plus pâle soudain.

S’ensuit une matinée complètement délirante. Je mouille comme une fontaine et j’ai du mal à ne pas juter partout. Assise, je dois constamment tirer sur le velours de ma jupe pour pas salir ma chaise. Debout, le tissu est tellement éloigné de mon corps, que j’imagine mes chairs livrées aux yeux de tous, et je sens mes fesse nues ballotter au gré des urgences, un coup c’est Dombre qui me sollicite (d’accord, tant qu’il voudra), un coup c’est devant Franck que je dois m’activer, et je consulte mon dossier, recherche le schéma, ajoute la référence, et j’ai l’intime sensation qu’il sait lui aussi que j’ai le cul à l’air et ça me gène terrible.
Réunion rédaction. Sous le charme de Dombre, j’en oublie la prudence. Une bonne vingtaine de minutes, je m’amuse à les écarter, les refermer, il crie (moins fort qu’hier tout de même) et je l’entends, mais mon urgence à moi, c’est qu’il regarde la fente complètement nue que je lui exhibe. Qui dégouline de faim. Quel exercice de style !... J’observe à la volée les uns, les autres : Daniel et Michelle, partis dans leur mea culpa, ne bitent rien à rien. En revanche, l’acuité des yeux cernés de Philomène ne m’échappe pas. Elle a ses règles depuis lundi, très mauvaise mine, et ses yeux métalliques gâchent tout mon plaisir.
A peine le chef parti, c’est avec un immense bonheur que je retrouve ma culotte. Ma chaise est maintenant toute tâchée, au centre en plus.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Sam 22 Mar - 11:38




Jeudi 5 mars

Eric ne m’a pas dit bonjour ce matin. Il s’est précipité sur moi avec un mot en bouche : «Topinam». Il parlait de la copie 3, reçue hier à quinze heures et à rendre d’urgence, évidemment.
Il a juste ajouté quand je lui ai répondu «C’est prêt dans vingt minutes» : «Alors je passerai la prendre ici, dans ton bureau, inutile que tu rappliques dans le mien...»
Comme accueil on fait mieux mais bon. M’est avis que comme moi hier, il s’est subi les regards foudroyants de Philomène, que j’excuse parce qu’elle a «ses problèmes de fille» mais qui ferait tout de même mieux de s’occuper de ses Tampax plutôt que de nous gâcher la vie.
Réunion rédac sans surprise. Malgré ma mini jupe, je n’ai pas décroisé les jambes. Je n’étais pas d’humeur, limite énervée, état d’esprit plutôt studieux. Une initiative cependant : Dombre me charge du dossier Eldésir, sur lequel je me jette avec appétit. Tout ce que j’aime : un travail de synthèse, intelligent, vaguement répétitif (histoire de reprendre le souffle entre deux réflexions) et TRES TRES important. Dombre ne pouvait pas me faire plus plaisir. D’autant que pour une fois, la première sans nulle doute, il m’explique clairement ce qu’il attend de moi, sans précipitation ni fureur.
Ce soir, il ne m’a pas appelée mais je m’en doutais.
Il sait que je récupère mes aînés à la sortie de l’école le lundi, le jeudi et le vendredi et que je ne dis rien quand ils sont à côté de moi. Or ils sont systématiquement à côté de moi ces soirs-là, et Eric veut que je dise. C’est un voyeur dans toutes ses dimensions : mon cul, sans doute, mais probablement mon cerveau surtout. L’intérieur de mon cerveau que je lui balance sans la moindre pudeur. Jusqu’à ce que je me ferme comme l’huître et attention bonhomme, si Philomène, si je sens que Philomène... Si l’attitude de Philomène doit modifier les donnes, si elle compte pour toi au point de ne pas me laisser t’aimer comme j’ai besoin de t’aimer... Tant pis je me ferme. (Et ne me parle plus d’amour).
Je m’en fiche au pire, ce nouveau challenge (Eldésir) peut devenir aussi excitant que toi, et quand je l’aurai honoré deux choix (nous serons le quinze mars), soit tu m’en files un autre de la même envergure, soit je me casse. Je t’aime parce que tu es comme moi, libre et tranquille sous tes airs de grand nerveux. Mais si je vois qu’il suffit d’un signe d’une gonzesse, que t’es capable de te soumettre à ce signe, à cette gonzesse qui n’est pas moi, basta. Le temps-plein me coûte vraiment Eric. Je me donnerais, en free lance, le mal que je me donne pour toi, je roulerais sur l’or. Je me tue chez toi (je fume deux fois plus qu’avant) pour des clopinettes (tu dis 18 000, m’en reste 10 nets une fois que j’ai payé la garde de Marie).
De toutes façons, le problème n’est pas là. J’étais si contente de rencontrer enfin, enfin un mec un vrai, avec la voix, les couilles, l’énergie et le charme... Un mec sans complaisance, qui dit ce qui pense, qui fait ce qui veut, qui tient le MONDE entre ses mains tu parles !... Philomène a ses règles et le voilà tout petit. Je ne rentrerai plus dans votre bureau, Monsieur. J’attendrai gentiment que Philo me sonne.

Sinon, pour la petite histoire, parce que ça me ferait mal qu’il n’y ait que Dombre dans l’Histoire, Daniel a fini par comprendre et je l’en remercie. Quand j’ai eu clos Topinam, sans doute trop rapidement pour ce cher Dombre, ce cher Dombre que j’encule de mes dix doigts n’a pas daigné jeté un oeil sur ma prose. M’a rembarrée : «Donne-le donc à Daniel !». Le pauvre Daniel était sorti de la course il y a facilement deux semaines mais il a obéi. M’a rendu le dossier avec dix post-it plus fadas les uns que les autres. S’opposait noir sur blanc aux corrections labo de la copie 2, me reprochait la longueur de mes phrases (détail sur lequel le labo n’était pas revenu, ni lui, du reste, depuis deux mois que je lui soumets mes pages) tout en corrigeant dans le sens inverse : de trois phrases voulait en faire une. J’ai dit non pas question, je l’ai envoyé chier (avec des arguments posés), Daniel n’a même pas discuté. Tout de même ! Bordel ! C’est qui ce mec pour me corriger après cinq versions ! J’allais pas y passer ma vie tout de même !

J’ai changé d’air, ce soir. Je me suis occupée de mes enfants : la valise de Mathieu, en partance pour sa Classe de Nature au ski, m’a mobilisée l’espace de trois heures : suivre l’inventaire, coudre son nom sur chaque vêtement, bourrer son sac à dos, le fermer non sans mal «Oh hiss, Oh hiss», Mathieu appuie de toutes ses forces tandis que je serre le cordon et Marie qui rie aux éclats et reprend avec nous Oh Oh OH OH ! Tout ça m’a détendue. J’ai réalisé que ce boulot me suçait trop, les neurones et le reste.
Je leur ai demandé leur avis, à mes deux petits mâles, tandis qu’ils dînaient affamés (à plus de dix heures du soir) :
«Demain je m’habille comment ? sexy ou classe ?... Je vais vous montrer».
Et j’étais en train de m’affubler de la première proposition lorsque j’ai entendu la voix de Simon :
—Tout dépend maman, tu veux que Daniel te mette la main aux fesses ?
— Non, «Eric», le reprend Mathieu.
— Non, «Daniel», insiste Simon.
— Non, «Eric», puisque maman, elle aime Eric.
— Non, «Daniel» puisque Daniel lui met la main aux fesses alors qu’Eric est bien élevé et que c’est pour ça qu’elle l’aime, maman...

TEXTUEL !!! Ils ont choisi la tenue sexy, je faisais trop «bureau» dans l’autre. Donc je la mets demain. Je sais qu’il y en a qui vont matter, d’autres qui vont raler mais je vous emmerde tous, tous autant que vous êtes. Et particulièrement toi, Eric.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Dim 23 Mar - 14:17

Vendredi

6 mars 1998


Ouf ! Je suis tout de même parvenue à mes fins : Eric m’a raccompagnée ce soir, m’a touchée la moitié du trajet et m’a procuré un orgasme honorable. Je lui ai sauté dessus à peine assise à côté de lui ; il n’a pas cessé de réfréner mes élans mais avec une bonne tête souriante de type plus amusé que réellement contrarié.
Je suis arrivée à mes fins mais j’ai dû faire preuve d’un max d’ingéniosité.
- Premièrement, je ne suis pas allée travailler à 9 heure 30 du matin, comme d’habitude, mais à midi 30. Histoire de lui manquer et pour lui fournir une vraie raison de m’engueuler, donc de s’occuper de moi sans énerver les autres (au contraire, qu’il m’engueule réveille l’empathie des autres.
- Deuxièmement, la tenue sexy que mes fils m’avaient conseillée hier s’est révélée tout à fait efficace. Faut dire que la jupe (Agnès B) est mini, taille basse, en daim noir et qu’elle se ferme devant (très mal depuis le pressing) par quatre agrafes métalliques. En d’autres termes, à peine je marche ou je m’assieds qu’on aperçoit la dentelle de mon slip... Perverse, je l’avais assortie d’un pull en velours, noir avec des manches bleu roi et des boutons en Bakélite, chic mais suffisamment court pour froler le haut de la jupe. En d’autres termes, à peine je lève un bras qu’on aperçoit un bout de ma peau.
- Troisièmement, je n’avais pas dormi de la nuit, j’étais donc épuisée (deuxième nuit blanche en moins de cinq jours), avec un petit air humble et contrit auquel je sais le patron sensible.
- Enfin et dernièrement, j’avais décidé de fuir son regard. Ras-le-bol de m’allumer, au point de ne même plus pouvoir dormir, sur un mec qui n’a jamais le temps. Je ne suis pas maso : le désir oui, le supplice non. Et ces jours-ci, je n’avais plus l’impression d’avoir une chatte entre les cuisses mais une bouche de métro après la fermeture : immense, béante et vide, si douloureusement vide. (D’ailleurs, si le problème ne se règle pas, j’ai l’intention d’acheter des boules de Geisha et de partir bosser avec.)

Succès sur toute la ligne. La jupe ? Le retard ? L’extrême fatigue ? Mes yeux baissés quand il s’adresse à moi ?... Dombre n’a cessé de s’adresser à moi. Toute la journée.
Pendant la réunion rédac (il avait attendu que je me pointe pour la faire), il m’a soutenue devant Daniel qui m’imposait, une fois de plus, un travail en urgence (je n’avais pourtant rien demandé, m’étais soumise sans la moindre discussion, trop schlasse). A bien précisé son emploi du temps du jour : quand il partait, quand il revenait... J’ai besoin de savoir, moi, lorsqu’il s’en va, si c’est pour la journée ou s’il revient bientôt. J’ai besoin de le savoir pour travailler. Sitôt rentré de son déjeuner rapide (qu’il a partagé avec Philomène Grrrr...), il m’a convoquée «30 secondes» : «Faut pas recommencer ce que t’as fait ce matin, vis-à-vis du groupe, des p’tites qui pointent dès huit heures etc, etc, etc... » J’adore qu’il me sermonne. Il ne s’en privait pas avant (je veux dire avant de me connaître), et ça commençait à me manquer, maintenant qu’il m’appelle le soir. L’un ne doit pas empêcher l’autre mon Amour, n’oublie pas que je suis ton esclave dévouée, et que comme toutes les esclaves, j’ai besoin que mon maître m’humilie.
Il m’a soudainement lancé : «C’est toujours possible pour samedi ?»
— Samedi, samedi ?... Demain ou le samedi en général ?
— Demain
— Ben... Oui, à partir de quatorze heures
— Comment ça quatorze heures ?
— Mes fils quittent les lieux à treize heures trente.
— Au moins, tu es précise et rigoureuse, se moque-t-il.
(Beaucoup plus précise et rigoureuse que ma jupe ne le laisse penser bonhomme).
L’était moins une mon grand, mais là tu m’as rassurée pour de bon. J’étais prête à lâcher, après la nuit que je venais encore de me farcir. Tu l’as compris, c’est bien. Preuve qu’entre nous, les messages passent malgré. Malgré ta femme, mes fils, la Société. Malgré Philo et ma jalousie de gamine.
Est venu, revenu, une bonne demi-douzaine de fois dans mon bureau. Puisque je n’ai plus le droit d’entrer dans le sien, je suis restée collée cul à ma chaise (ma chaise tâchée juste au milieu, comme j’ai honte quand je la trimballe d’une pièce à l’autre, à chaque réunion rédaction !... Pourtant je n’effacerai ces traces pour rien au monde). Tous les prétextes lui semblaient bon, même sans prétexte d’ailleurs, il venait me déranger : «Ca va ?... Tu t’en sors ?...»
«Je pars mais je reviens, à tout à l’heure»
«Je peux te ramener ce soir, ça t’intéresse ?»
Excuse-moi mais. Comment résister ?
Si tu me ramènes, tu ne passeras pas demain chez moi.
Encore un coup furtif, pas de quoi remplir le quai de la station Louise Michel. Mais. Suis-je en état de répondre non ?
Non.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Lun 24 Mar - 13:20




Samedi 7 mars

Il est venu comme on abdique. Il était las, si las (Sol ré do fa)... Là et ailleurs.
Son grand corps lourd s’est avachi, d’emblée, sur mon lit de jeune fille. En une heure de temps (17h30, 18h30), seules ses mains et sa bite—par moment— m’ont parlé.
Sa peau est douce comme celle d’une femme, son ventre est enfantin, dodu, la peau bien lisse autour d’un nombril qui rentre profond. Son torse est imberbe, la pointe de ses seins pointue et minuscule. Comment écrire tout ça ?
Marie joue à côté, sur mon fax, et rien que de penser à lui me vient immanquablement l’envie de jouir. Il est bon c’est pas vrai !... Précis et délicat, doux, attentif, et quand il me sent bien mouillée, bien conquise, il accélère le rythme (de ses doigts ou de mon engin) et me défonce sans la moindre pitié.
Parce qu’il s’est servi de mon engin, eh oui, aujourd’hui même... M’a ordonné : «Donne-moi ton gode que je t’enfourne comme tu me l’as demandé.»
J’ai obéi sans discuter (un peu quand même). Marie gazouille entre mes jambes, que je serre au maximum pour lutter contre ce désir, si je jouis, j’suis foutue, je m’endors et ne raconte plus. M’a branlé le cul tout en mattant et caressant mon con, tout ouvert devant lui, peinard et majestueux. Son sexe est doux entre mes lèvres. Je le sens monter puis redescendre, puis remonter et redescendre, et c’est géant, l’équivalent en mieux des montagnes russes de la Foire du Trône.

Un détail ne m’échappe pas : son sexe est vachement long quand il se donne le mal de bander. Proportions idéales : pas étouffant, pas gras, mais long et appétissant. Je l’imagine, tandis que le suce, dans le ventre de jeunes femmes quand il était plus jeune. Qu’est ce qu’elle devaient profiter les salopes !... Il a dû en briser des coeurs, avec sa queue sublime, quand sa queue fonctionnait.... Je ne désespère pas. Il n’a pas joui mais j’ai senti monter trois érections, c’est plutôt bien pour un début.

Reviens vite me sodomiser chéri, avec tes doigts, mon gode, tout ce que tu voudras. Je ferai TOUT ce que tu me demanderas. J’inventerai des synopsis, je te prendrai par tous les trous, je serai tour à tour ton maître et ton esclave, j’obéirai contrite, je me révolterai rebelle, je veux te faire souffrir, je veux t’exploser la cervelle et le cul, je finirai par te voir jouir. Emmene-moi au Bois de Boulogne, j’accepte aussi les chiens si tel est ton fantasme. J’accepte aussi les autres filles, les autres hommes, laisse-moi baiser devant toi si tel est ton désir. Je t’aime au plus profond de mon ventre. Je t’aime, te suce, te renifle, t’écarte, t’encule, te bois, je salive et j’en veux encore. Surtout, je me donne comme jamais et je n’en reviens pas. Je veux que tu me peignes et me photographies. Je veux que tu reviennes chez moi, de dix à onze ou de quinze à seize. Je te désire à la folie. Tu me fais jouir à la folie. A la folie, à la folie. Tu ne me croirais pas si je t’avouais...
Donc, Dombre, je ne.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Mer 26 Mar - 15:58



Lundi 9 mars


Putain ça a gueulé aujourd’hui dis-donc ! Pourtant j’attends même pas mes règles (plutôt l’inverse puisqu’en principe j’ovule demain)... J’ai rien compris à toute l’histoire mais de la revivre va peut-être éclairer mes lanternes.

Eric n’était pas là quand je suis arrivée et c’est vrai que je n’aime pas ça, surtout après un long dimanche mais bon. Je savais depuis vendredi soir que Daniel s’installait dans notre bureau ce matin, je me suis aussitôt mise à la tâche. Daniel et Michelle n’avaient rien de vraiment plus urgent sur le gaz. Pour moi —comme d’habitude— le pilori : je venais de réaliser qu’il ne me restait plus que cinq jours pour résumer intelligemment 18 chapitres Eldésir. Jeudi et vendredi dernier, je n’en n’avais rédigé que trois et demi (entre autres travaux qui ne comptent pas bien sûr)...

Après la journée du dimanche à tourner le problème dans ma tête (quel dommage, après mon fabuleux samedi), j’avais fini par me rassurer : j’allais partager le travail avec Corinne : si déjà elle me saisissait les longues tirades systématiques, les reprendre et réfléchir pouvait tenir en cinq jours. Donc j’en parle à Corinne, dès mon arrivée, persuadée de bien faire, puisque Dombre ne cesse de répéter : « Il faut savoir DELEGUER, les p’tites sont payées pour !»

Le grand remue-ménage commence alors et l’occasion pour moi de constater que Michelle et Corinne me haïssent cordialement (pas Dorothée ni Solange, sollicitées aussi pour la main-d’oeuvre) non, juste Michelle et Corinne. Une seule prépondérence : abattre cette corvée le plus rapidement possible, pour pouvoir me jeter dans le travail.
C’est pourquoi je ne discute sur rien : ni sur la place qu’«On» a choisi pour mon bureau (me voilà en vitrine, comme une pute hollandaise, ce qui n’est, en toute sincérité, pas vraiment pour me déplaire puisque je vais beaucoup plus voir le patron arpenter le couloir et qu’il va beaucoup plus me voir croiser les jambes), ni sur la bibliothèque qu’«On» m’a choisie, ni sur le fait que je me retrouve maintenant sans table pour étaler mes dossiers (l’angoisse depuis que Daniel radine chez nous).

Je ne discute pas parce qu’il me faudrait beaucoup trop d’énergie et que cette énergie-là, un lundi matin, je préfère la foutre ailleurs. Michelle régente tout, non seulement son bureau mais le nôtre, l’emplacement des bibliothèque etc... Elle ne bouge d’ailleurs pas vraiment son cul. Une cigarette au bec, elle ordonne tandis que nous, on passe d’une pièce à l’autre, les bras chargés de dossiers poussiéreux, elle répète : «Fallait me prévenir... Je serais venue en vieux jean’ crasseux..».
En vingt minutes de ces efforts, ma petite veste Dior à 2000 F fleurait la chèvre, mais moi, j’étais prévenue, et moi, je m’en fiche de fleurer la chèvre dès dix heures du matin, puisqu’il paraît que ça attire le bouc...
(En plus, la veste Dior, m’a coûtée 300 F)... Quant à Corinne n’en parlons pas, on lui donnait l’occasion de faire la chef, je n’aurais pas voulu la priver de ce plaisir.
Je n’ai pas discuté, ne me suis pas heurtée, vite, vite, au moins que mon coin à moi soit prêt.

Mais là où j’ai pété les plombs, c’est quand enfin (sur mes chapitres depuis dix minutes, en nage), le sieur Dombre s'est pointé, pour me lancer:

«Et toi tu fais quoi, tu aides pas ???????»


Et puis j’avais osé solliciter l’aide de la “p’tite” (pour Eldésir, j’entends), sans même lui en parler (il est là le problème ?).

Pendant la réunion rédac, le chef m’a allumée pas possible sur mon travail de vendredi. J’ai essayé d’en placer une : matériellement, le challenge me dépassait, à moins de bâcler, mais quand je vois comme je me la donne depuis que j’ai été embauchée, comme je m’investis... Pour en prendre plein la gueule pour pas une thune, ça me rappelle tous les efforts que j’ai pu faire pour «sauver mon mariage» et finalement finir la tête et le dos éclatés sur une moquette un soir de Nouvel An... Jamais, jamais plus ça !

Personne ne vaut la peine que je me donne tout ce mal, et surtout pas un mec.

Même pas mes enfants.

J’ai pas envie de raconter la suite : le repas, j’ai insisté sur le manque de temps et le Chef n’a rien entendu. M’a attrapée par le col quand il m’a vue saisir à toute allure (je le déteste) l’introduction de trois colonnes, beaucoup trop longue mais je que «n’ai pas le droit de raccourcir»... «Cependant, répète-t-il, il FAUT rester critique !...» M’a crié dessus, furibard, devant Michelle ...
Je ne demandais rien pourtant, je saisissais l’introduction de trois colonnes, beaucoup trop longue mais ...
«C’est quoi ce que tu nous fait là ?... Si c’est pour saisir comme une malade mentale... Les tableaux, je te répète qu’il faut pas les saisir... Et tu t’es donné le mal, au moins, de reprendre le texte avec un stabilo ?... Tu sais ce qu’il veut dire ce texte ?... J’te vois saisir mais tu réfléchis avant de saisir ?... (Ce boulot, je te l’ai confié, l’est important etc... Il ne le dit pas mais je l’entends et je le sais). C’est pourquoi je me bats. Je prends des coups pour avoir des infos —parce que le Dombre, la Philomène et le labo, faut déjà se les saisir..., je me tape le désordre et essaie de négocier avec.

Si tu savais Eric, ce matin-là, j’ai été la seule à bosser.




J’ai failli prendre mes affaires et le planter là.
Ils sont impossibles, IL EST IMPOSSIBLE A SATISFAIRE. Et moi, les causes perdues m’emmerdent.
Pourtant, je ne suis pas sortie de ma vitrine, j’ai pas bougé, les yeux baissés. Je ne sais même plus ce que je pensais, je ne pensais plus, en fait. Quand mes enfants deviennent impossibles, je biaise. Je m’éloigne, je pense au paradis et à comme j’y serai bien, à comme j’ai hate d’y être, mais pour avoir le droit d’y être, il faut que je me tape tout ça.
Je me chante en même temps des chansons, la préférée de tata Marie...

Et Dombre m’est apparu comme un colosse qui ne me ferait plus jamais de mal. Je pouvais rester. Michelle peut me détester. Corinne aussi. Là où ailleurs, de toutes façons...

Tu veux que je te dise Eric, (excuse ma familiarité mais je t’écris tous les soirs depuis maintenant trois mois, ça crée des liens) : tu tâches de me faire croire que tu as confiance en moi mais c’est pas vrai.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Jeu 27 Mar - 22:28

Mardi 10 mars






(20 heures)

Excuse-moi mon Amour mais je ne peux pas te fourguer ces textes, lesquels, à la lumière de ce que tu viens de me dire, risqueraient de jouer en ma défaveur.
C’est bien dommage : j’aime autant te montrer le fond de ma chatte que celui de mon cerveau (d’autant que lesdits textes étaient bien bien salés : sur le registre cul et pas revendication), mais tu me rappelles, à juste titre, à l’ordre. Et parti comme je te vois parti, t’es foutu de m’envoyer que je mélange tout. C’est vrai : sans amour, sans désir, JE NE SUIS PLUS RIEN, je me liquéfie, je disparais, je m’ennuie, j’attends.
Or je tiens à rester dans tes murs. Je n’y suis pas entrée pour te nuire.Tu t’effraies et tu as raison : la passion est une maladie stérile. Je propose donc, Dombre...
... une accalmie,
... qui calmera tout le monde.
(Je ne vois plus que les fringues de nonne).
Mais tu peux m’appeler le soir, tout de même. Sache que je m’y attends.
Je t’aime, je pense à toi, trop, beaucoup trop.
C’est pas pour moi que je dis trop.
Je suis plutôt contente de vibrer à nouveau ; c’est pas pour ce que tu me paies que je reste. J’assume les risques. Plutôt, mais j’ai peut-être tort, je n’en vois pas : sous mes allures de midinette, je suis vachement solide et si j’avais les yeux très rouges aujourd’hui, c’était pas d’avoir pleuré —même si j’ai pleuré, un peu, hier soir, pour m’aider à écrire. Si je ne peux plus mettre mes lentilles pendant au moins dix jours —tant mieux, je deviens laide— c’est parce que Mathieu m’a filé la conjonctivite que je lui soignais depuis la semaine dernière.


Mathieu qui est parti ce matin pour quinze très longues journées en classe de neige et je pleurais aussi pour ça hier.
Laisse-moi tranquille, j’ai le droit de pleurer quand je pense à Mathieu.
Je t’aime à la folie, c’est vrai, mais ma folie à moi, elle est pas destructrice. C’est le summum de la vie, la vraie vraie liberté. J’écris à la folie, je respire, je jouis, je t’aime et j’en redemande.

Mais on dirait que tu craques ?
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MessageSujet: La vie de bureau : mobbing   Ven 28 Mar - 13:22

MOBBING


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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Ven 28 Mar - 13:44

Vendredi 13 mars


Ce matin, grande première : Dombre est venu travailler en jean’. Dommage, j’ai dû attendre seize heures trente, le départ de Philomène, pour voir ses fesses dedans.
Elle se l’est bien récupéré la garce : depuis qu’elle est rentrée de son congé maladie, ne me laisse que des miasmes. Je n’ai plus le droit de lui déposer des post-it, plus le droit d’entrer dans son bureau, il évite d’entrer dans le mien, et quand il s’fringue en jean’, je dois attendre l’extinction des feux, que Madame s’en aille et nous laisse... Inutile de préciser combien cette nouvelle situation me défrise. En outre, je viens de recevoir ma nouvelle carte d’Assurée Sociale. Grâce à LM sa, mes droits qui s’arrêtaient fin décembre 97 se trouvent reconduits jusqu’à fin février 1999 (c’est pourquoi le 6 mars, mais j’allais pas l’avouer avant). De surcroît, un certain J.P. A. m’a laissé un message aujourd’hui : il a besoin de moi pour des travaux ponctuels. Comme David Consoli, éconduit le 2 février, et Richard Badarian, lui aussi éconduit le mois précédent...
Le travail free lance ne manque pas et je réfléchis à mort. Je crois être trop entière pour pouvoir aimer quelqu’un de déjà pris. Si je me fiche de sa femme (je ne cherche pas à me remarier), je ne supporte pas de passer après Philomène. Chaque fois que je la croise, j’ai envie de lui rentrer dans le lard, tant son flegme de parvenue m’indispose.
Elle est jalouse de moi et je me demande bien pourquoi : je n’ai encore jamais entendu Dombre crier sur elle. Je sais qu’elle est jalouse parce qu’il est différent depuis qu’elle a opposé son véto (les post-it et les allers et retour de bureau à bureau, c’est elle, sûrement, puisqu’il suffit qu’elle rentre chez elle, comme ce soir, comme vendredi dernier, pour que le bel Eric réapparaisse) et en plus elle me parle mal. Fallait la voir, la semaine dernière, me reprocher langoureusement d’avoir rendu de la merde sur Topinam, «C’est évident, répétait-elle, la brochure produit ne doit pas ressembler au modèle high tech que personne ne lira»... Bien sûr c’est évident connasse, pour quelqu’un qui débarque après un mois de congé maladie, qui en a profité pour déménager sans se faire chier (Dombre est vraiment trop tarte), qui n’a rien suivi de l’histoire. Ce que Dombre apprécie chez elle, c’est qu’elle t’envoie que t’es un con sans s’énerver... Sa placidité de ruminant a de quoi esbrouffer les grands nerveux que nous sommes lui et moi.
Et hier, à table (Eric n’est pas resté jusqu’au dessert, elle l’a laché bien bien tandis qu’il galérait chez la mère Debouzac), le sujet du jour, c’était trouver un bel ordinateur pour Dorothée, or la Société n’a pas les moyens de s’en payer un autre, donc, pourquoi ne pas me reprendre le mien... Le mien ? Maintenant que j’aime ma souris comme si c’était ma fille ????
— De toutes façons, me lance cette ralentie, d’une voix monocorde et sans le moindre affect, tu n’as pas le choix Juliette. Que tu le veuilles ou non, si Dorothée a besoin de ton Mac, on donne ton Mac à Dorothée (alors plie-toi).
Tu m’as regardée en face ???? (T’as vu tes mains ?... Pourquoi j’obéirais non mais dis donc ? T’as vu les doigts bouffés auxquels il faut que j’obéisse ????) Oui, oui, Philomène me regardait en face en m’articulant ça, droit dans les yeux, et si mes yeux saignaient à cause de la conjonctivite, j’étais contente parce qu’il y avait aussi du sang sur son visage, sa gencive et sa lèvre suintaient (elle s’était pris une heure pour aller chez le dentiste) et c’était moche. Du haut de ses trente ans, du haut de son tout nouveau statut de «Directrice commerciale», la Grande Absente m’imposait de me plier. Sans la moindre discussion ???
Et Daniel de surenchérir :
—Tu es privilégiée, tu t’rends pas compte !...
Privilégiée pourquoi ? (hormis le fait, incontestable, que la bite de Dombre gonfle entre mes lèvres et que personne n’oblige mes lèvres, et que personne n’oblige sa bite).
«Tu as de quoi bouffer, continue-t-il, la Société te protège, tu as la chance d’avoir un patron sympathique, que tu peux admirer...» Putain, il me sort un discours d’allumé, tout droit plagié sur le p’tit manuel Moon : «je suis heureuse, j’aime ma vie, je respecte mon patron parce qu’il me fait bouffer... Je suis heureuse, j’aime ma vie, je respecte mon patron qui est très très intelligent, qui se tue pour moi, comme je suis heureuse de travailler pour lui !... Me crie dessus, me traite de con, c’est un plaisir et j’en redemande...»
Non. Je ne suis pas plus riche depuis que j’ai intégré LM sa.
En revanche, il me faut être d’attaque contre vents et marées. Même si ma Marie dépasse les quarante, même si j’ai pas dormi de la nuit, même si j’ai mal aux dents, au point de me gaver de codéine, même si j’ai mal aux yeux qui pleurent le sang... Après mes deux nuits blanches, Eric a eu le culot de me dire : «Il y a plein de gens qui ne dorment pas, prends des médicaments !..» Ben tiens, je vais m’avaler des p’tites pilules pour mieux dormir, des p’tites pilules pour supporter le stress, des p’tites pilules pour moins mouiller, des p’tites pilules...
Question finances, je me gratte. Je m’angoisse moins la nuit, c’est vrai, mais suis tout de même et comme avant, à découvert dès le 10 du mois. Je n’ai pas encore remboursé mes 12 000 francs de dettes, je n’ai pas payé l’intégralité de mon nouveau lave-linge (un tiers seulement), LM sa ne me fournit ni les moyens de déménager, pour installer Marie dans une vraie chambre, ni même celui, plus abordable, de m’offrir un autre magnétoscope... Ouh j’l’a sens mal venir. M’est avis que tout ça ne peut plus durer...

J’ai brûlé son numéro de tel. Plus envie de m’asservir. Déçue, déçue, sur toute la ligne.
Je suis trop critique pour entrer dans ta secte Eric.
Deux possibilités :
1. Soit je joue le jeu, me bats, uniquement par amour du reste, uniquement par amour : ce mec m’a réveillée, sortie de ma létargie, mérite peut être un petit effort.
2. Soit j’abandonne.
A l’heure qu’il est, je préfère abandonner. Je n’irai pas bosser lundi chez LM sa. Prétexterai un gros virus (sans me forcer, Simon est à 39 ce soir), histoire de voir l’eau s’écouler sous les ponts. Me font tous bien trop chier. Ah la vie de bureau, quelle servitude ! Acheter des bas, des jupes, pour satisfaire le chef, se maquiller, paraître... Le fric que ces plaisirs me coûte !...
Dombre est prévenu, du reste, depuis mon texte du 9. Acheter, dépenser, paraître pour quoi ? Les p’tits papiers d’un mec sous influence ? Qu’attend-il de moi ? ... Puisqu’il a déjà TOUT sans moi... Besoin d’une rédactrice lambda ?... Je ne suis pas une rédactrice lambda. Je m’investirai le jour où ça en vaudra la peine.

Mes deux enfants se sont endormis. Simon dans le canapé, Marie par terre, sur la moquette. Faut que je pense à récupérer leurs dessins.
C’est fini Dombre, fini.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Ven 28 Mar - 16:54



Dimanche 15 mars

Mes sentiments commencent à se nuancer. Vendredi soir, j’étais prête à lacher la boîte, sans autre forme de procès.
Samedi, à l’inverse, je me suis trouvée ridicule : pourquoi quitter cette ambiance qui me manque tant le week-end, que je vole retrouver le lundi ?
Les blagues énamourées sexy de Daniel, le charme des coups de gueule de Dombre, leur humour, leur intelligence, leur originalité, leur humilité, leurs faiblesses... L’argent qui tombe comme prévu, chaque 25 du mois ...
D’autant que j’ai obtenu ce que voulais : je ne travaille pas le week-end, ne reste après 17h30 que lorsque ça ne me dérange pas.

Je réalise que je m’acharne à reproduire le même schéma, ce schéma qui me colle au cul depuis que je raisonne : quand je suis trop bien, je casse tout.
Or je suis trop bien dans cette boîte.
Mais c’est le "trop" qui me fait réfléchir. Je ne suis pas simplement satisfaite.
Je suis énervée, survoltée, complètement habitée. J’y pense jour et nuit, je bâcle mes enfants. Je pense à Dombre mais pas qu’à lui. A ce que je vais me mettre sur le dos, j’achète, j’achète, et j’imagine.
Je viens de passer mon dimanche matin à reprendre une jupe dénichée chez Kookaï la semaine dernière, une jupe qui ne m’allait pas pourtant (très mal coupée, du travail à la chaine made in Taïwan) mais dont j’aimais sentir la souplesse du tissu me caresser les jambes.
Je l’ai achetée en noir parce que Philomène la portait en rouge la semaine dernière. Et que Dombre attend de moi que je m’habille comme Philomène : subtilement aguicheuse, des jupes courtes, mais loin du corps, des tissus légers qui battent la cuisse

Or je n’ai pas du tout, mais pas du tout, le même physique que Philomène. Elle a des seins, déjà, et je l’envie (quoique je ne les ai pas vus sans soutien-gorge), mais Dombre ne s’est pas donné le mal de toucher les miens lorsqu’il est venu samedi.
Facile à traduire : mes seins sont loin de le faire fantasmer —ceci dit, je le comprends.
Sa taille a elle est très marquée, elle est plus féminine que moi, sa taille est fine mais son cul gras et large. Et là où je peux crier victoire, c’est que ses cuisses sont beaucoup trop pleines, la graisse lui tombe jusque dans les genoux.

Et ce sont ces détails, que je viens d’évoquer, qui me font parler de «trop». J’étais heureuse (satisfaction totale), jusqu’au retour de Philomène. Maintenant, si je suis obligée (de longs paragraphes) à me comparer à elle, si j’en arrive à m’acheter des jupes qui ne me vont pas (même très bon marché), que je dois recoudre trois heures le week-end, m’est avis que je me plante.
Je veux bien donner, aimer, fantasmer, sublimer... Il arrive un moment où je ne suis plus dupe.

Je ne suis pas si bien que ça dans cette boîte. Je suis en train de perdre ma liberté, CETTE LIBERTE SI CHEREMENT GAGNEE, pour me conformer au moule de l’entreprise :
- obéïr à (ne me reste plus cependant qu’à obéir au patron et à Philomène),
- m’habiller comme (jamais comme Philomène, moi mon cul est sublime).

J’oscille, j’hésite, comme quand j’aimais tellement Paul et que je suis partie quand même,
Comme quand j’aimais tellement Martin et que je suis partie quand même,
Comme quand je n’aimais pas Pierre et que je suis partie quand même,
Comme quand j’aimais tellement Gildas et que je suis partie quand même,
Comme quand je n’aimais pas Francis et que je suis partie quand même.

Je pars, je pars, que ça me plaise ou non. Quand je ne me plais pas, c’est pour de bonnes raisons. Quand je me plais, il y a toujours des raisons. Bonnes ou pas bonnes, je réfléchis.

Pourquoi donc quitterais-je cette boîte, alors que j’adore y bosser, que le travail me convient, que je n’y vois pas le temps passer, que j’ai hâte de m’y pointer ?
Je partirai comme d’habitude parce que je n’arrive pas à concilier la chèvre et le chou. Je ne suis pas une femme de «compromission».
Paul me trompait,
Martin aimait encore son ex,
Pierre me frappait,
Gildas était impuissant et ne voulait pas me l’avouer,
Francis était beaucoup trop lache.

Qu’est ce que je fais chez LM sa ? Même pas encore gagné de quoi racheter un magnetoscope...

Mes enfants sont malades, les uns après les autres (c’est Simon aujourd’hui). Et moi depuis trois mois, qui n’arrête pas.
De subir des tas de virus, ma dent de sagesse qui se réveille dès l’embauche, puis la sinusite au froid (huit jours de codéine), puis les insomnies, puis la conjonctivite de Mathieu, puis les 40 de Marie, à récupérer d’urgence...
J’ai laissé les messages s’accumuler sur le répondeur, la crèche suppliait mais suppliait pour quoi : un petit bout tout pâle qui respire mal, qu’est-ce-qu’on s’en fout chez LM sa...
Puis mes crachats le matin, à peine si je vomis pas, tellement je tousse, maintenant que je suis passée à deux paquets...

Simon pleure de douleur dans son lit. Son oreille droite. On est dimanche quinze heures. Samedi, il se plaignait de ses yeux.
Je l’écrivais au premier chapitre, et c’est bien désolant, pour le dernier, de retomber dans le nihilisme. Je ne peux pas avancer, ils me clouent les pieds et le coeur, ils me protègent c’est vrai, du pire...
Mais ma vie est foutue...
C’est pas leur faute, au contraire, j’ai pensé...

Bon Dieu de chiottes, me prend une envie maladive d’appeler Dombre. AH l’horrreur absolue, l’idée me bouffe le ventre, me plie en deux... J’ai brûlé son tel. Personne ne peut me renseigner. L’horreur, j’ai mal au bide...
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Sam 29 Mar - 14:40






Lundi 16 mars


Oh comme je suis contente et quelle victoire sur moi !...
Je n’ai pas appelé Dombre vendredi soir, ni samedi, ni dimanche ni même aujourd’hui. D’accord, j’ai brûlé son numéro de portable vendredi, l’ai jeté à la poubelle samedi, mais fallait me voir dimanche essayer de récupérer les p’tits morceaux de papier carbonisés dans une foule d’immondices abjecte !... J’y ai mis mes doigts sans dégoût, comme si j’accouchais une vache grosse de mes oeuvres, je le voulais ce papier, ce mot de passe, j’ai cru devenir dingue...
J’ai laissé un message sur le portable de Daniel (pour avoir le numéro de Dombre), j’ai appelé les renseignements... Mais les Dieux étaient avec moi : Daniel absent, le numéro de portable sur liste rouge... Putain j’en parle comme s’il s’agissait d’un sevrage et l’air de rien ça y ressemble.

J’espère avoir passé le premier cap.

J’étais tranquille, ce matin, quand je suis entrée dans son bureau pour le saluer (un lundi matin 9h30, il n’y avait que nous... Solange et Corinne se tenaient bien planquées dans leur QG). Je me suis même offert le luxe de lui servir son café, comme au bon vieux temps. Il m’y a poussée remarque et c’est pourquoi ce soir je chante. Le visage de Dombre est comme le mien, très facile à traduire, et ce matin à 9 heures 30, il n’y avait que douceur et lassitude sur son visage.
— Bonjour Juliette, tu as passé un bon week-end ? m’a-t-il gentiment demandé.
— Très bon, j’ai beaucoup dormi, et toi, tu t’es reposé ?
— Non.
— Tu as bossé tout le week-end ?
— Quasi.
— Et tu t’es fait couper les cheveux.
— Oui.
— C’est réussi... Et je tenais à te dire que le jean’ t’allait bien.

Je m’éclipse humblement. Rapport au jean’, je fais allusion à vendredi : il est assis, je n’ai pas encore pu constater qu’il est encore dedans ce matin. Y’a pas que ça, sa nouvelle coiffure le rajeunit de dix ans (presque trop), et il ne porte ni cravate ni chemise, mais un tee-shirt et un pull décolleté en v (le tee shirt et le pull qu’il arborait lors de notre premier rendez-vous chez moi ). Bizarre, j’ai failli mettre ce matin l’ensemble en soie que je portais cette première fois.
Il est revenu vers moi, quelques secondes plus tard, j’étais derrière mon Mac, nos deux bureaux restaient déserts, m’a demandé si j’avais récupéré mes enfants :
— Non. Mathieu est toujours en classe de neige. En revanche, Simon est malade depuis avant-hier. Il se plaint de son oreille droite et je le montre au pédiatre ce soir. Je ne viendrai peut-être pas demain, mais je travaillerai chez moi, j’emporterai trois chapitres... Je lui souris : «Ne t’inquiète pas, le boulot sera fait.»
Pas une allusion à mes textes perso, pas une oeillade, bravo ! Pourtant l’envie me brûle de le brancher sur le sujet. Mais je me sens trop con depuis ces derniers jours, Dombre a changé, m’a tout donné, m’a tout repris, j’ai dû déconner quelque part mais je cherche où.
Daniel se pointe peu après, puis Philomène. Je ne le verrai plus de la journée.
Si j’entends sa voix, si elle persiste à me chambouler, je tiens bon. Non seulement je ne m’impose pas, ni dans son antre, ni même dans le couloir, mais lorsqu’il passe, à deux ou trois reprises, dans notre «repère» de rédacteurs, je ne lève pas le nez de mon Mac. J’irai plus loin : je me suis vêtue d’un jean’ aussi, mais sur moi le jean’ est une protection. Coincée sous les coutures de cette toile rèche, ma chatte n’a pas envie de vagabonder. J’ai décidé de ne plus quitter mon jean’ de la semaine.

Je ne sais pas si c’est de l’amour. Depuis vendredi, Dombre n’a pas imposé de réunion rédac et je ne l’ai pas vraiment regardé. Je fais l’essai d’une vie plan-plan, métro, boulot, bébés, dodo. Je me raisonne : cette situation était trop belle, bien trop belle pour durer. Si je supporte la déception : plus rien, plus rien, plus rien... Dombre ? De qui parlez-vous ?... Je supporte parce qu’avec mon âme de romancière, j’interprète tout comme ça m’arrange : j’imagine qu’il m’envoie des signes (son jean’, son tee-shirt, sa nouvelle coupe de cheveux), que je reçois cinq sur cinq parce que je l’aime encore. Parce que j’y crois encore.
Je fais quoi, moi maintenant ?
J’attends qu’Eric m’appelle.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Dim 30 Mar - 21:53



Mardi 17 mars

J’ai le coeur lourd, j’ai le coeur qui saigne.
Il est 19 heure 30, Eric est au volant de sa voiture et il ne m’appelle pas. Il ne m’a pas vue de la journée pourtant. C’est donc que je ne lui manque pas. C’est donc que c’est fini et c’est bien triste. Je ne me suis pas caressée sur lui depuis des lustres (samedi matin pour être exacte). Ca me tenterait ce soir que je n’y parviendrais pas. Le dialogue de notre dernier coït :
Lui : — Tu n’es pas douée (j’étais en train de le sucer)
Moi : — Je suis très égoïste
Lui : — On le sait...

Pourquoi s’est-il pointé chez moi, alors, ce samedi-là ? J’avais pourtant laissé deux messages sur son répondeur, deux fois le même, croyant avoir effacé le premier. J’y disais en substance que je ne tenais plus à le recevoir, tous comptes faits, je n’étais pas à sa disposition. J’avais cru effacer le second aussi mais vice de forme, malgré les promesses de la boîte vocale, Eric s’est envoyé les deux. Esprit de contradiction ? Il est venu quand même.
Il est venu puis est parti comme la première fois, sans m’enlacer, sans m’embrasser, presque agressif... Il n’a pas joui c’est vrai mais était-ce ma faute ? Moi j’avais juste proposé qu’il me sodomise de mon gode, et pas qu’il crache... Les choses semblaient très claires... Quand je pense qu’il m’appelait deux à trois fois par semaine !!! Où est l’erreur ???
Ce fameux lundi ? Quand j’ai osé râler en réunion rédac et qu’il m’a ensuite crié dessus vraiment fâché ?
Le texte d’explication, qu’il a très mal interprété mardi ?
«A la fin tu m’envoies chier, alors j’vais chier...»
— La fin ?... Quelle fin ?... Mais non j’t’envoie pas chier...
«Tu veux que je te dise Eric, (excuse ma familiarité mais je t’écris tous les soirs depuis maintenant trois mois, ça crée des liens) : tu tâches de me faire croire que tu as confiance en moi mais c’est pas vrai.»
— En tous cas moi j’veux pas te donner d’espoir... Je peux juste t’aider à bosser, continue-t-il. (Donc il reprend ses billes, c’est depuis cette phrase-là que j’ai le coeur lourd.)
— Et pis je les connais les meufs : un jour que tu seras énervée, tu cracheras le morceau... (Quel morceau : que je me suis fait le patron ou que le patron est impuissant ?)
Et peut-être bien que j’ai encore aggravé les choses avec mon texte du 10 :
«Je propose donc, Dombre
... Une accalmie,
... qui calmera tout le monde»

Ce que j’essaie de dire, ce dont je cherche à me convaincre, c’est que je n’ai rien à me reprocher (où peut-être la sécheresse de ma bouche quand il est venu samedi : j’avais une soif d’enfer !)
Quelle qu’a pu être mon attitude, puérile, folle, passionnée, inquiète, prévoyante, réservée... Que j’ai été garce, pute et inconséquente ou au contraire complice, tendre et professionnelle, de toutes façons, l’époque bénie des privilèges, des apartés, ne devait pas durer. («Je les connais les meufs...») Il trouille sur sa réputation mais alors pourquoi m’avoir tant cherchée ?
— Parce qu’il n’a pas pu s’en empêcher. S’est imaginé que tu le guérirais. D’un coup de baguette magique, d’un coup de langue.
— Et pourquoi lâche-t-il ?
— Parce que tu l’as déçu au pieu.
— Et je pouvais faire mieux ?
— Non, t’as fait ton possible, t’as rien à te reprocher.

Je me suis bien fait chier à la maison aujourd’hui. J’ai bossé comme au bureau sans les blagues de Daniel ni le charme de Dombre. Ca m’a reposée cependant. J’ai renoué avec mon fils Simon, l’espace d’une demi-heure, quand à la fin du repas (je l’ai emmené au Poivrier), on s’est piqué un vrai fou rire (je racontais quelques unes des blagues de Daniel). Simon qui n’est plus qu’un fantome dans mon appartement : mes enfants, je les élève en ce moment sans les voir.

J’ai le coeur lourd. Quand j’aime un homme, ça ne dure jamais. Pourtant, je n’étais pas exigeante sur ce coup-là. Suffisait que ça tienne un an ou deux, des petites attentions, des petits gestes, un retour at home dans son Espace deux fois par mois, quelques appels nocturnes, quelques coups de bourre volés le week-end, avec n’importe quoi du moment que c’était lui.
Dombre m’a appris qu’on peut être bien mieux ailleurs que chez soi, malgré des petits enfants. Dombre m’a ressuscitée. A réveillé tous mes instincts, de femme, de louve, de souveraine, de pute. Je suis sûre qu’il ne m’embêtera plus, maintenant, sur mon travail. Ce serait déjà une victoire.
Suffisante pour une autre.
J’ai trop besoin de te revoir. Tu m’as manqué, je serre les cuisses. Je sens mon clito s’ériger. Affamé de caresses, de ta voix et de ton visage. Je mélange tout. Ta Société à mon Foutre. Je bénis ta société de mon foutre.
Je souffre aussi. Bien bien.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Jeu 3 Avr - 15:40



Jeudi 19 mars



Comme par hasard, il n’y a plus de réunion rédac. Depuis lundi dernier si je ne m’abuse, ou alors elles sont informelles, sans moi, comme hier. Dombre et moi restons campés sur nos positions.
Je me suis déguisée en Philomène aujourd’hui : jupe courte en viscose, talons plats, pull assorti et large, et c’est vrai que quand il m’a vue debout (vers 14 heures, je préparais le café), le patron est venu se servir un verre de jus d’orange et m’a lancé : « Ton fils va bien ?»
Depuis lundi, il n’a plus que ce prétexte à la bouche : mon fils, mon fils... Alors que mes enfants sont tous les trois régulièrement malades, alors qu’il m’a enculée de mon gode, alors qu’il m’a lue bon Dieu de merde !!!!
Je n’y comprendrai jamais rien aux mecs...
Ca m’a fait chanté dix secondes, ce petit élan amical. J’ai même osé lui demander une consultation, rapport à la petite boule qui a récemment poussé sous mon sein gauche (enfin, ce qu’il me reste de sein gauche).
J’aurais pas dû. M’a répondu très agressif :
— Une consultation gynéco, une consultation gynéco, comme ça, devant tout le monde (le monde en question se résumait à Dorothée et Franck).
— Non justement...
— Bon, mais alors très vite, parce que j’ai un rendez-vous sur le gaz.
M’a entrainée dans la petite salle du fond mais ne m’a pas examinée.
— Les seins, je les touche pas pour ça... Je ne suis pas cancérologue. Appelle Kazan de ma part, l’est à Mondor.
— C’est pas vraiment le sein, j’explique, plutôt le grill costal... J’ai l’impression que c’est un ganglion, de cinq millimètres de diamètre... Tu crois qu’il faut que je fasse vite ? Ca me paraît bénin à souhait.
— Bien sûr qu’il faut consulter rapidement, et il m’aboie dessus :
“quand on se découvre une masse dans le sein, faut faire fissa...”
Et dire que je fais trainer depuis facilement quinze jours !

J’y retourne demain, encore en Philomène. L’a peut-être pas tord, tous comptes faits, le Dombre. Le viscose flou et court ne me va pas si mal. En tous cas, me laisse les enjambées franches. Avec les talons plats, je vole
(j’ suis arrivée à l’heure à ma réunion parents d’élèves de ce soir).

Daniel entre de nouveau dans sa phase détestable. Je crois l’avoir déjà précisé : Daniel est un amour de mec, patient et plein d’humour, trois à quatre semaines d’affilée, puis il prend ses quartiers d’hiver, et attention ce qu’il devient chiant, maussade et susceptible. Ca tombe mal, il a ses humeurs en même temps que moi ce mois-ci, syndrome prémenstruel oblige. J’attends le clash.

Michelle reste vraiment la dernière des cons. Pleutre, flemmarde, moins elle en fait, plus elle se mêle de ce qui ne la regarde pas, plus elle peut remuer la merde, plus elle s’éclate.
Je ne vais pas perdre ma soirée à ruminer sur elle, mais le travail Topinam urgent qu’«on» lui a confié hier, m’est retombé tout droit dans les mollets ce matin. Idem pour le travail urgent Bravor, qu’«on» lui a confié aujourd’hui à midi, c’est moi qui me le suis cogné cet après-midi. Prétexte : «je ne connais pas ces dossiers». Quelle tire au flanc ! Faut voir comme elle s’arrête (de lire), quand Dombre se pointe pour émasculer Daniel !... Elle tend son oeil comme l’écureuil, elle se réveille soudain. Pareil quand c’est Corinne qui radine pour m’apostropher. Corinne qui débarque tel le camion citerne qui vient de couler une bièle : «Comment ça se fait qu’j’ai pas...» revendique-t-elle. Et la Michelle de tendre l’ouie, toute affaire cessante. Par bonheur, la mère Corinne ne m’a encore jamais prise en défaut. C’est pour sa gueule à chaque fois qu’elle se déplace. Putain, faut être vigilant, avec ces deux connasses ! Trois fois au moins depuis lundi que Corinne m’apostrophe toutes ses griffes dehors. Trois fois que la mère Michelle salive en attendant la suite (le pilori pour moi), trois fois que je les rembarre bien, trop connes ces deux pouffiasses. L’erreur est dans leur camp, ta gueule !
Je constate cependant que je travaille bien mieux depuis que je ne fréquente plus Dombre. J’ai repris toute ma tête. Et il en faut, de la tête, m’attendais pas à ça....
Ce que je constate aussi, c’est que leur petit monde me désespère. Trop mesquin, trop petit.
Sans le soutien de Dombre, ce job m’intéresse plus.
Et le soutien de Dombre, je l’ai perdu.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Ven 4 Avr - 9:54




Vendredi 20 mars

Je l’aurais parié et ça n’a pas loupé : un post-it incisif de Daniel m’attendait collé sur la page de garde de mon dernier dossier «Reprends les corrections SVP ! Merci».
Moi qui pensais enfin pouvoir passer une matinée tranquille, non, non, le coup au coeur à peine j’arrive. Les fameuses corrections sont au nombre de cinq (sur quarante pages) : Deux fautes d’orthographe indiscutables : memebres inférieurs, f-cès, deux fautes d’orthographe discutables : «les récepteurs.... (récepteur qui ne se trouve que dans le foie)» : il me demande d’y mettre le pluriel alors que l’expert ne l’a pas corrigé ; «... spécifié par le médecin qui doit doser...» : il m’impose de rajouter «et» : «et spécifié par le médecin...», alors que l’expert ne l’a pas demandé...
Surtout l’expert souligne l’importance d’une définition de la DE 50 que je n’ai pas jugé utile d’ajouter, puisque Bravor est en maquette et que Dombre ne se lasse pas de répéter : «Surtout, quand le texte est en maquette, n’ajoutez rien, sauf si c’est un ordre express et imparable du labo ». Or l’expert, tout expert qu’il est, n’est pas le labo.

Putain, je sens mes nerfs se vriller... Qui lui a demandé d’aller reprendre mes corrections ? J’suis pas capable, à 36 ans, de travailler toute seule ?... De quel droit s’octroie-t-il le droit d’aller fouiller dans mes papiers ?...
L’ordre ne vient pas de Dombre, qui me fiche maintenant une paix royale, une paix presque trop sublime puisque je ne le vois plus du tout.
Je n’ai rien d’autre à faire, je corrige donc les 4 «fautes», ce qui me prend facilement la demi heure : il y a quatre copies, deux tirages papiers (un pour moi, un pour Franck), une version sur le serveur, une version sur disquette. Pour la DE 50 en revanche, je ne plie pas et j’ai raison : la déf. se trouve dans le texte, quelques lignes plus haut, détail qui a échappé à l’expert puisque nous ne lui avons pas fourni l’intégralité de la brochure...
Que d’énergie perdue alors que de toutes façons, Corinne reprend systématiquement l’orthographe derrière nous...

C’est vendredi, vive la quille, on est déjà le 20, premier jour du printemps (bientôt le chèque). Je n’aurais pas poussé plus loin le bouchon si Daniel n’était pas revenu aussi sec à l’attaque.
— T’as trouvé la def de la DE 50 ?
— Non, pas encore, mais je vais me servir de celle de Topinam.
— Tu sais pas ce que c’est que la DE 50 ??? Pourtant, c’est du niveau biologie en première année...
— Ecoute Daniel, maintenant, tu me laches... Que tu traverses ta période, soit, mais moi j’ai pas à la subir...
— Et tu crois que tu peux te barrer comme ça, un jeudi à 17 heures 15 ?
— Tu fais allusion à hier soir ? J’avais une réunion parents d’élèves, j’aurais dû le crier partout ?
— Non mais au moins saluer quand tu t’en vas.
— C’était prévu mais quand je suis partie, t’étais au téléphone (dans le bureau vide de Dombre en plus, pourquoi le déranger lorsqu’il s’isole ?)
— N’empêche, LE TRAVAIL N’ETAIT PAS FAIT !!! LA PREUVE, IL Y A DES CORRECTIONS CE MATIN...

Là, mon grand, le mot de trop. Mes genoux commencent à flageoler, mes doigts à trembler. Depuis deux jours, j’ai un mal fou à sortir de mon plumard le matin. J’ai des frissons, des courbatures... Mes trois coca rondelles ne parviennent plus à me stimuler entre six heures 40 et sept heures 30. Je quitte mon appart transie de froid (mon appart chauffé comme avant pourtant), et depuis deux fois, le trajet jusqu’au 112 de l’Avenue de la République me semble être une épreuve de force. Ma conjonctivite est guérie mais je ne vois pas l’intérêt de meurtrir mes yeux avec mes lentilles. Pareil pour les chaussures : mes escarpins Dior me paraissent anachroniques. Je leur préfère largement une autre paire moins belle, plus vieille, mais tellement plus confortable !!!

Pas que je n’ai plus envie de séduire, mais je n’en ai plus la force physique. Et voilà que, ce vendredi matin, alors que je suis sub-claquante (malgré les apparences qui restent sauves toutefois : mon petit pull rose René Dhéry tout incrusté de dentelles rend hommage au printemps naissant, ma jupe Kookaï — celle que j’ai mis des heures à rafistoler, me moule les fesses à ravir), je m’entends dire que j’aurais dû expliquer pourquoi je suis partie plus tôt la veille, que j’ai mal bossé, que JE NE ME SUIS PAS RELUE....
J’en tremble, j’en tremble et cet état de stress frôle la débandade. Dombre aurait été là que je courais râler dans son bureau. Pas râler, non, Dombre aurait été là, à cet instant précis de la matinée, que je lui filais ma dem tout de go. Je n’ai plus qu’une envie, une seule, mais elle est magistrale : ME CASSER , ME BARRER, DONNER MA DEM ET LES PLANTER LA, TOUS.....
Mais le Grand Seigneur des Anneaux ne réapparaîtra pas avant midi. Il me faut donc ronger mon frein. Calmer le temblement de mes mains (vas-y pour une dixième clop, prends un Efferalgan codéiné, ça ne fera pas de mal à ta fièvre), préparer tranquillement les éléments du dossier «Bravor, corrections du 20/3», à discuter devant Dombre... En parler peut-être à Daniel avant, histoire qu’il ne tombe pas de trop haut :
— Daniel, j’envoie, au moment où la codéine commence à agir, ce serait bien qu’on discute cinq minutes, dans le bureau d’à côté.
Me répond : «Tout à l’heure, je dois finir ça et c’est urgent»
— Et pis je veux du boulot pour aujourd’hui, je n’ai plus rien à faire de ma journée.... Dans cinq minutes tu dis ?

Et là, je n’y comprends plus rien. Devient gentil, gentil... Je m’adresse à lui avec le plus profond mépris, fermement décidée à confronter sa connerie au jugement sans appel du sieur Dombre et voilà qu’il rapplique avec un autre dossier urgent (les corrections numéro 1 du labo pour Tecap) et qu’il me raconte tout avec une infinie patience, l’a déjà colligé, y’a pas grand chose, c’est très urgent cependant, à rendre lundi matin dernier délai... Bon, tu t’en sortiras n’est-ce pas ? Et ses yeux bleux sont implorants, doux comme ceux du cochon avant la grande saignée. Epatée devant tant d’abnégation, je hoche du chef, oui, oui, bien sûr, fais moi confiance (de toutes façons, je me tire à la fin du mois).
C’est l’heure du repas, maintenant. Michelle chantonne en enfilant son manteau : «Il me faut des cèpes pour ce soir, j’ai prévu des tournedos de magret de canard» (ça existe ?). Elle me décortique son menu tandis que je hoche du chef, penchée sur mon clavier à décripter des tas de conneries minables. L’essentiel de mon labeur du jour se résume à transformer la formule « Tecap ® 75» en «Tecap TM 75 mg». Formule qui revient six fois par page. Plus débilos, je cherche.... Entre autres corrections, illisibles, à reprendre dans le détail, le labo demande des références qu’il ne nous a pas fournies. J’ai pourtant spécifié, le mois dernier, que je ne les avais pas, sur une page reproduite en six exemplaires minimum : dialogue de sourd, le labo me demande des références...

Dombre apparaît enfin. Je n’ai pas déjeuné mais me suis calmée. Inutile de les brusquer, maintenant que ma décision est prise : je me tire à la fin du mois. Il va, vient, téléphone, passe, repasse devant ma vitrine, son sans fil à l’oreille. Je le vois tellement peu que je serais incapable de dire ce soir comment il était habillé aujourd’hui. Franchit le seuil, à un moment, pour me demander :
— Ca va ?
— Moyen, moyen, je réponds : je ne peux pas rester ce soir, j’ai rendez-vous chez le médecin, et les corrections du retour Tecap, si elles ne sont pas bien méchantes, reprennent chacune des pages... En outre, il y a des références à vérifier, une foule de références, et comme de bien entendu, l’ensemble est à rendre lundi matin en urgence...
Et ce grand con de hausser les épaules, de tourner les talons (à comprendre : démerde-toi) !!!!
IL ME PREND POUR QUI ?... POUR SOLANGE ?... (secrétaire débutante, moche, transparente et servile).

Les uns, les autres reviennent joyeusement de leur «pause» déjeuner. Michelle frôle l’hystérie : elle a trouvé ses cèpes. Daniel croûle sous les paquets : et vas-y que je rigole, vas-y que je te me montre mes emplètes, et vas-y que c’est bien choisi, c’est pour ta
femme ? Elle sera contente...
Moi qui n’ai pas même eu le temps de croquer une cacahuette ce midi, j’avale ma salive de travers. J’ai froid, j’ai faim, j’ai des frissons partout mais le Daniel s’en contrefiche :
«Ca va ?... Tu vas pouvoir respecter les délais ? J’appelle le mec s’il y a un souci...»

Des soucis, y’en avait des tas. Mais vu que j’étais encore et toujours la seule à bosser, en ce premier jour de printemps, j’ai un peu bâclé, l’air de rien. Les soucis, je les ai réduis à leur strict minimum. J’ai corrigé comme ils me demandaient. Jusqu’à quinze heures, j’ai répété les ref. (celle que j’avais), en précisant le numéro de la page, puis j’ai abandonné. S’ils sont plus cons que Marie, ce n’est plus de mon ressort.
J’ai bien râlé devant Daniel, vers 16 heures trente, qui s’est armé, tiens, il sait donc faire ça, de son portable. Il n’avait plus que trois mots en bouche : «ce sera prêt» : ce sera prêt, ce sera prêt, lundi matin ???
AHHHHHHHH quel orgasme quand j’ai dit oui.

Quand le Dombre est revenu de son déjeuner, sa poupée Philo sous le bras, il n’est même pas passé s’enquérir de l’évolution des choses.
J’ai tout laissé impec, les trois versions, une dans le serveur (pour Corinne), une sur disquette, une sur mon Mac. Je les connais, j’irais bosser lundi que je m’entendrais dire que je ne dois pas donner à Corinne avant la validation de Daniel. Mais comme je n’y vais pas lundi. Comme je n’y vais plus jamais maintenant, fallait tout de même assurer mes arrières : «Comment ?... C’est pas parce que t’es malade qu’on arrête de bosser... Pourquoi Corinne l’a pas ton texte ???» Faut la jouer fine, au sein de cette Secte. J’ai bien compris que quoique je fasse, de toutes façons, j’avais tout faux.
Salut les gosses, j’me tire. Mon toubib m’a mise en arrêt maladie jusqu’au 29 mars, vous l’avez bien dans le cul.
Je prends mes huit jours tranquille, aux frais de la Secte (Bénie sois-tu). Une fois guérie, c’est ailleurs que j’irai dépenser mon intelligence (et mon fric).
Oh, je jouis trop... Je ne sais pas encore de quoi demain sera fait mais j’ai confiance en moi. Ces gens-là ne me méritaient pas. Je veux bien me laisser exploiter mais pour beaucoup plus cher. Pas pour 14 petits milliers de francs, qui déclarés, une fois la crèche et la nourrice payée, ne représentent plus que 8 à 9000 F en poche (et encore, avec les bas, le pressing, le resto à midi... on tombe vite à 5000). M’humilier à ce tarif-là ??? Je préfère retrouver mes joues, mon appétit, mon lit, mes rêves, ma liberté, le parfum sucré de Marie, les devoirs des enfants...
Ce soir, Simon tenait à me montrer son logo de félicitation... Un tampon que la maîtresse à aposé en marge de son cahier. L’en était vachement fier, m’en a parlé deux fois sur le trajet de l’école. Mais j’étais très pressée, attendue chez le médecin. Rendez-vous 19 heures, m’a prise à 20 h 15. Je ne suis rentrée qu’à 21 heures. Marie s’est réveillée en larmes, Simon s’était endormi sur mon lit.
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MessageSujet: Re: La vie de bureau   Jeu 31 Juil - 15:08

La suite....

En librairie

hihi
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