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 Un père russe

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PM



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MessageSujet: Un père russe   Jeu 13 Sep - 13:14

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MessageSujet: Re: Un père russe   Jeu 13 Sep - 15:53

Eh ben dis donc ! Un drôle d'oiseau que celui-là. Quand tu en parles, on sent une grande admiration pour lui et y'a de quoi.

Tu m'avais déjà dit en mp que tes deux parents étaient violents. Les femmes violentes sont rares, pourtant.

Je comprends le mélange haine/amour que tu ressens pour ton père car j'oscille également entre ces deux sentiments vis-à-vis de ma mère. Ma mère ne m'a jamais frappée mais elle était d'une violence verbale incroyable. J'étais, pour cette raison, comme toi, bien mieux chez mes copines ou à l'école que chez moi. L'autre raison était qu'elle n'aimait pas les filles, alors j'étais un peu sa tête de Turc. Elle n'invitait pas mes copines mais en revanche, tous les soirs, l'appartement était infesté de garçons, les amis de mes deux frères.
J'avais très peu de jouets, à l'époque, mon père radinait sur tout. Lorsque ma mère a cessé de faire les courses, parce qu'il ne lui donnait pas suffisamment d'argent, il s'y est mis et ramenait des fruits pourris, des légumes périmés... Jamais de gâteaux du commerce, pour le goûter, nous n'avions droit qu'à du pain et du chocolat. Jamais de coca ni de soda, dans ma gourde, à l'étude après l'école, ma mère mélangeait de l'eau à un fond de vin. J'ai donc commencé à boire du vin en primaire.
Quand nous étions trop excités, ma mère nous calmait avec du Phénergan.
J'ai donc commencé à me droguer en primaire.

En revanche, papa nous emmenait tous les dimanches après la messe, déjeuner à la Pergola, un bon resto des Champs-Elysées.
Mes meilleurs souvenirs : le saucisson ménage ou le pamplemousse en entrée.
Sur le trajet des toilettes, une vitrine exposait des souvenirs de Paris, parmi lesquels, des jeux de cartes de filles à poil : premiers émois sexuels visuels.

Pour résumer, à 8 ans, j'étais déjà alcoolo, toxico et sexuée.

Insomniaque et anorexique, bourrée de TOCS et gravement constipée.
Mais première partout en classe.

Comme je ne mangeais pas à table, ma mère m'obligeait à finir mon assiette aux cabinets. Comme elle était épouvantablement maniaque, ils rutilaient. Moi, j'attendais dix minutes sur le trône, puis je balançais tout dans le trou des chiottes. J'en ressortais très satisfaite de la supercherie. Ma mère n'était pas dupe, je ne crois pas, mais au moins, elle n'avait pas perdu la face.

A 12 ans, j'étais toujours fourrée chez mes copines. A 16 ans, ma mère qui possédait un petit studio hérité de son père m'a imposé de m'y installer car elle souhaitait faire chambre à part et elle avait besoin d'une pièce dans l'appartement familial.
C'est là que j'ai reçu mes premiers amants.

J'ai réintégré cet appartement familial à 18 ans, je préparais alors le concours de première année de médecine, ma mère s'était barrée et mon père était un type cool, facile à vivre. Il m'autorisait même à fumer des joints. J'étais majeure, après tout.

J'avais été initiée à Marseille, lors de la fugue effectuée à 17 ans et demi, 45 jours joyeux dans le midi.

Plus exactement, mes premiers pétards dataient de mon séjour à Nice.
Car je suis restée première partout jusqu'au premier trimestre de ma terminale scientifique. Et d'un coup, l'angoisse du bac, sans doute, j'ai tout lâché en janvier, et cessé d'aller au lycée : l'époque de mes nuits blanches à danser au Bus Palladium et à me lever des mecs.

En juillet, ma meilleure amie depuis cinq ans, Sophie, l'a obtenu, alors qu'elle était très moyenne dans les études. Ca m'a piquée au vif. J'ai demandé à mon père de m'inscrire dans une boîte à Bac, un internat.
Je me suis donc retrouvée en août internée à Nice, aux cours Devienne. J'ai préparé deux trimestres du programme en 30 jours intensifs et obtenu mon bac en septembre, avec 13 de moyenne, la mention assez bien, à 17 ans.

J'hésitais entre médecine et droit, je me voyais plutôt libérale. J'ai visité la Fac de droit de Malakoff : bof bof. Sophie voulait s'inscrire à la faculté Bichat, sous l'influence de son père anesthésiste et de sa mère sage-femme. Le bâtiment venait d'ouvrir et tout y était beau et neuf. Banco ! Elle y a déposé nos deux dossiers.
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MessageSujet: Re: Un père russe   Ven 14 Sep - 5:55

Oui mon père est une sorte de monstre immortel.
Il ne se complait que dans la survie, dans l'instant.
Hors du système , refusant l'organisation sociale, donc la mise en retraite il veut mourir au travail.
Il est devenu quasiment végétarien, n'a jamais fumé une cigarette de sa vie, il ne boit pas (sauf un verre de champagne qu'il prend le soir).
Il a eu un nombre incalculable de femmes.

je ne suis néanmois pas totalement admiratif. Je le trouve trop secret, pas toujours sincère.
Il ne semble pas connaître l'empathie au regard de ses enfants.
Il a une bonne mémoire mais il souhaiterait trop que je moi, je n'en aie pas.
C'est un sauvage, pensant lui-même ses plaies, se nourissant avec ce qu'il trouve, toujours en chasse, à sauter sur une occasion, une femelle, une aubaine.
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MessageSujet: Re: Un père russe   Ven 14 Sep - 11:51

Mon père a été très pudique longtemps. Il s'occupait très bien de ses trois enfants tandis que ma mère ne foutait pas sa rame : il nous emmenait tous les dimanche au Pré Catelan, il m'a appris le vélo, il nous faisait le petit déjeuner le matin, nous beurrait nos tartines, avant l'arrivée de la bonne, tandis que ma mère pionçait jusqu'à midi. Il nous faisait réciter nos leçons le soir. Il nous louait le mois de juillet une barraque à la campagne, ma mère n'y venait qu'y passer la nuit, la campagne l'ennuyait. Il nous a appris à skier, ma mère préférait rester à Paris. Il nous accompagnait chez le dentiste tous les six mois et au dispensaire pour les vaccinations obligatoires.
Il m'a trainée chez le psychologue tous les jeudis quand j'ai commencé à développer de graves TOCS.

Mais c'était un homme très pudique, qui parlait peu, maladroit, incapable de nous dire "Je t'aime", de nous serrer dans ses bras.
Jamais il ne nous gueulait dessus, jamais il ne frappait. Mais je lui reproche aujourd'hui cette espèce de neutralité bienveillante.

Car ma mère n'y allait pas de main morte, avec ses trois enfants (et surtout moi, la "pute"). Or il n'est jamais intervenu contre elle pour prendre notre défense. Il ne réagissait pas non plus quand elle le traitait de tous les noms :
"Incapable ! Scribouillard ! Fous-moi la paix, t'es laid !"

C'est la troisième raison pour laquelle j'ai vite quitté le domicile familial. L'hystérie de ma mère vis-à-vis de mon père, ses insultes permanentes et lui qui disait rien ... Qui se laissait maltraiter ainsi alors qu'il faisait TOUT !

Ramener du fric, travailler des nuits entières à l'Assemblée Nationale, s'occuper de nous, veiller sur nous, les courses, les devoirs, les toubibs... Il se tapait tout le brave homme, tandis que ma STAR de mère ne faisait que l'insulter !


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MessageSujet: Re: Un père russe   Ven 14 Sep - 11:57

Je l'ai déjà écrit, c'est à l'âge de 24 ans, entre ma troisième et ma quatrième tentative de suicide (été 1985) que j'ai enfin dénoué mon père. Violé sa pudeur.

On a beaucoup parlé, j'ai pigé plein de trucs.
J'ai enfin pu le comprendre et l'aimer cent pour cent.
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MessageSujet: Re: Un père russe   Sam 15 Sep - 11:22

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MessageSujet: Re: Un père russe   Sam 15 Sep - 11:54

BRAVO !

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MessageSujet: Re: Un père russe   Sam 15 Sep - 12:09

Il est terrible d'en arriver à des extrémités pareilles, mais là, tu l'as bien eu.

Faut pas qu'ils se croient tout puissants, nos connards de parents, quand ils font aussi mal.

Tu parles de sang, des coups de ton père au visage, fallait le calmer une bonne fois pour toutes.

Bravo ! Tu y es parvenu.

Mais ça laisse des séquelles indélébiles, ce genre d'enfance.
On en chie toute sa vie après.

Moi, j'ai tout simplement rompu avec ma mère, lorsqu'enceinte de deux mois de Mariquette (avril 1996),
cette merdeuse m'a dit au tel :
— Tu risques de la perdre ? Ton col de l'utérus n'est pas assez solide ? Tant mieux !
Elle va tomber, ta "batarde", tu seras bien débarrassée...
Les filles sont des calvaires, si tu savais la croix que tu m'as fait porter !


Grâce au cerclage sous AG (anesthésie générale), J'ai gardé ma fille, une beauté rare d'une intelligence rare.

Et j'ai définitivement jarté ma mère.

On s'est pas vues, ni tel, pendant dix ans.
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